« La plus chère de l’histoire » : cette pièce d’or vieille de 4 siècles dépasse les 3 millions d’euros
Une pièce d'or espagnole de 1609 vendue plus de 3 millions d'euros à Genève, un record numismatique qui illustre l'attrait pour l'or historique.
Par Trajce KOSTIK
Temps de lecture : 3 minutes

En bref
Le Centén Segoviano, pièce d'or espagnole frappée en 1609, a été vendu plus de 3 millions d'euros à Genève
Il s'agit désormais de la monnaie européenne la plus chère jamais adjugée aux enchères, selon Numismatica Genevensis
La pièce pèse 340 grammes d'or pur et provient de l'atelier historique de Ségovie
L'once d'or s'établissait à 3713,6 euros le 27 novembre 2025, selon BDOR
Vendeur et acheteur restent anonymes, la mise à prix de 2 millions de francs suisses a été largement dépassée
La vente illustre un engouement croissant pour les objets historiques en or, en parallèle de la demande pour les pièces et lingots physiques
Une pièce d'or espagnole entre dans l'histoire des enchères
Genève a vécu un moment rare le week-end dernier. Le Centén Segoviano, une pièce d'or frappée en 1609 sous le règne de Philippe II, a été adjugé pour plus de 3 millions d'euros lors d'une vente organisée par la maison Numismatica Genevensis. Ce montant fait de cet objet la monnaie européenne la plus chère jamais vendue aux enchères, selon les organisateurs de la vente cités par Le Parisien. Le bloc d'or pur, pesant 340 grammes, dépasse largement les attentes des spécialistes qui avaient fixé la mise à prix à 2 millions de francs suisses.
Ce record intervient alors que l'once d'or s'échangeait autour de 3713,6 euros le 27 novembre 2025, selon BDOR, dans un marché de l'or et de l'argent marqué par une volatilité persistante. La comparaison entre la valeur du métal contenu et le prix payé pour cette pièce donne le vertige : le multiple atteint plusieurs centaines de fois la valeur de l'or brut. Un écart qui traduit, bien au-delà de la spéculation, la rareté absolue de l'objet et son statut de témoin historique irremplaçable.
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Le Centén Segoviano, symbole de la puissance espagnole du XVIIe siècle
L'histoire de cette pièce démarre à une époque d'opulence nourrie par les richesses extraites des colonies du Nouveau Monde. Philippe II, soucieux de rivaliser avec la qualité des ateliers autrichiens, confia à son cousin Ferdinand du Tyrol la modernisation de la frappe monétaire espagnole. L'atelier de Ségovie, installé dans un ancien moulin à papier reconverti, devint l'un des plus perfectionnés d'Europe, capable de produire des pièces d'une précision inédite pour son temps.
Le Centén n'avait rien d'une monnaie destinée aux échanges courants. Son poids considérable et la qualité de sa frappe en faisaient un objet de présentation, réservé aux plus hautes sphères du pouvoir. Sur l'avers figure un écu couronné, tandis que le revers arbore la croix espagnole ornée d'un quadrilobe. Chaque détail visait à démontrer, aux yeux des cours européennes, la stabilité et la puissance financière de la couronne espagnole. Un outil diplomatique autant qu'une œuvre d'art monétaire.
Une transaction enveloppée de discrétion
Aucune information n'a filtré sur l'identité du vendeur ni sur celle de l'acheteur. Ce silence, presque organisé, renforce le caractère mythique de la pièce et alimente les spéculations dans le petit monde de la numismatique de prestige. La mise à prix initiale, fixée à 2 millions de francs suisses, a été pulvérisée en quelques minutes d'enchères, signe que la demande pour ce type d'objet dépasse largement l'offre disponible.
Les collectionneurs les plus fortunés n'hésitent plus à engager des sommes considérables pour s'offrir ces fragments d'histoire. Le phénomène traduit une tendance de fond observée sur plusieurs marchés d'exception : la rareté prime désormais sur la simple valeur matérielle. Une dynamique qui rappelle, toutes proportions gardées, celle observée sur le marché de l'or physique, où les investisseurs privilégient de plus en plus les pièces anciennes et les lingots certifiés face à l'incertitude économique.
La numismatique, un refuge patrimonial en plein essor
Cette vente record s'inscrit dans un engouement croissant pour les pièces historiques, perçues comme des reflets tangibles d'une époque et de ses enjeux géopolitiques. Les enchères de prestige attirent un public toujours plus large, sensible à la dimension patrimoniale de ces objets autant qu'à leur potentiel de valorisation. Pour beaucoup, la numismatique devient un terrain où se croisent histoire, art et stratégie financière, dans un climat économique où la dette publique française atteint 118,5 % du PIB, selon les derniers chiffres disponibles.
Face à cette envolée des prix sur les objets d'histoire comme sur les cours de l'or, un nombre croissant d'épargnants se tourne vers les lingots d'or, les pièces d'or et les lingots d'argent, dans une logique de débancarisation et de sécurisation de leur épargne. Ces supports tangibles, détenus hors circuit bancaire, séduisent celles et ceux qui souhaitent se prémunir contre les soubresauts monétaires et préserver un patrimoine transmissible sur plusieurs générations.
Sources : BDOR - Numismatica Genevensis - Le Parisien
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