Dette : le Portugal décroche un A+ chez Fitch et affiche une trajectoire qui ferait rêver bien des pays
Fitch relève la note souveraine du Portugal à A+, son meilleur niveau depuis 2011, porté par une dette publique en net recul.
Par Victor KOSTIK
Temps de lecture : 3 minutes

En bref
Fitch relève la note souveraine du Portugal de A à A+, un niveau plus atteint depuis 2011
La dette publique portugaise devrait reculer de 89,7% du PIB en 2025 à environ 82,9% en 2028
Le pays reste en léger excédent budgétaire en 2025, avant un retour probable au déficit dès 2027
Une croissance solide et un ancrage européen renforcé soutiennent cette trajectoire
Les dépenses de défense, le vieillissement démographique et la flambée immobilière restent surveillés de près
Le Portugal retrouve son lustre financier
Fitch vient de relever la note souveraine du Portugal de A à A+, avec une perspective maintenue à stable. Le pays renoue ainsi avec un niveau de notation qu'il n'avait plus connu depuis 2011, année où la crise des dettes souveraines européennes l'avait profondément fragilisé. Pendant plus d'une décennie, Lisbonne figurait parmi les capitales que les marchés obligataires observaient avec une certaine défiance, entre plans d'austérité et craintes de contagion budgétaire.
Ce qui a convaincu l'agence tient surtout à la trajectoire des finances publiques et à la constance de la politique budgétaire menée ces dernières années. Fitch évoque également des institutions renforcées par l'ancrage du pays dans l'Union européenne et la zone euro, un cadre qui limite les marges de dérapage et rassure les créanciers internationaux. Cette lecture s'inscrit dans un contexte où la Banque centrale européenne maintient son taux directeur à 2,4% depuis le 17 juin 2026, un environnement monétaire qui pèse directement sur le coût de la dette de tous les États membres.
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Une trajectoire de dette qui rassure les marchés
La dette publique portugaise représentait encore 89,7% du produit intérieur brut en 2025. Fitch anticipe un recul à 87% dès 2026, puis une poursuite de la décrue jusqu'à environ 82,9% en 2028. Cette diminution progressive contraste avec la situation française, où la dette publique atteint 118,4% du PIB en données actualisées, un écart qui illustre à quel point les trajectoires budgétaires divergent au sein même de la zone euro.
Le pays reste en excédent budgétaire cette année, même si la marge se resserre nettement. Après un solde positif de 0,7% du PIB en 2025, l'excédent ne devrait plus atteindre que 0,1% en 2026, selon les projections de l'agence. Fitch anticipe ensuite un retour au déficit en 2027 et 2028, autour de 0,4% du PIB en moyenne sur la période, une évolution mesurée si on la compare au déficit public français, estimé à -5,1% du PIB pour 2025 selon l'Insee.
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Des fragilités qui persistent malgré tout
La photographie budgétaire portugaise n'est pas exempte de zones d'ombre. Les dépenses de défense vont mécaniquement progresser dans les années qui viennent, tandis que le vieillissement démographique alourdira la facture des retraites et de la santé publique. Ces deux dynamiques combinées représentent un poids croissant pour un budget qui navigue déjà avec une marge de manœuvre étroite.
Le marché immobilier constitue un autre point de vigilance. Depuis la fin de l'année 2019, les prix des logements ont presque doublé au Portugal, contre une hausse d'environ 31% dans l'ensemble de la zone euro sur la même période selon Eurostat. Un tel écart interroge sur la soutenabilité à long terme du marché résidentiel portugais, même si cela ne suffit pas, pour l'instant, à inquiéter sérieusement les agences de notation.
Quelles conséquences concrètes pour l'économie portugaise
Une meilleure note de crédit ne relève pas du symbole. Elle se traduit très concrètement par des conditions de financement plus favorables, non seulement pour l'État portugais, mais aussi pour les entreprises et les ménages qui empruntent sur les marchés obligataires. Le coût de la dette souveraine influence directement les taux proposés aux acteurs privés, une mécanique que l'on observe également en France où l'OAT à 10 ans évolue actuellement autour de 3,85%.
Le Portugal a ainsi changé de statut. D'élève surveillé pendant la crise des dettes souveraines, il devient un exemple que certains partenaires européens observent avec un brin d'envie. Cette trajectoire reste suspendue à la capacité du pays à maintenir une croissance dynamique, alors que la zone euro affiche une inflation contenue à 0,7% sur un an selon Eurostat (décembre 2025), un contexte désinflationniste qui pourrait autant aider que compliquer la marche budgétaire des prochaines années.
Face à ces incertitudes, l'or et l'argent gardent leur attrait
Dans ce paysage où les dettes souveraines se redessinent sans que les vieux réflexes de prudence disparaissent, l'or et l'argent physiques continuent de séduire les épargnants en quête de valeurs refuges. Selon BDOR, l'once d'or s'échange actuellement à 3794,3 euros et l'once d'argent à 57,08 euros, des niveaux qui traduisent une demande soutenue pour les actifs tangibles.
Les lingots d'or, les pièces d'or et les lingots d'argent permettent de diversifier une épargne trop souvent concentrée sur les produits bancaires classiques, dans une logique de débancarisation partielle. Détenir une part de son patrimoine hors des circuits financiers traditionnels reste une stratégie suivie par un nombre croissant de particuliers, notamment lorsque les taux directeurs et les trajectoires de dette publique alimentent les incertitudes des mois à venir.
Sources : BDOR - Fitch Ratings - Eurostat - Banque centrale européenne
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