Présidentielle 2027 : l’âge de votre retraite pourrait radicalement changer selon le vainqueur
Mélenchon, Le Pen, Attal, Retailleau, Philippe, Glucksmann et Tondelier divergent sur l'âge de la retraite. Comparatif des positions connues au 28 août 2026.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 5 minutes

En bref
- Sept prétendants à l’Élysée ont exposé le 27 août 2026 devant le Medef des projets opposés sur l’âge de la retraite.
- Retour à 60 ou 62 ans, durée de cotisation prioritaire ou seuil indexé sur l’espérance de vie relèvent de logiques distinctes.
- Un âge légal ne garantit ni une pension sans décote ni un revenu suffisant pour vivre.
- Positions connues au 28 août 2026, susceptibles d’évoluer avant le scrutin de 2027.
Sept candidats, des âges de départ difficiles à comparer
Quand pourra-t-on partir après la présidentielle de 2027 ? Les prises de parole de campagne dessinent des orientations sans permettre à un assuré de calculer sa propre date. Le 27 août, à Roland-Garros, sept personnalités ont confronté leurs projets devant les entrepreneurs réunis par le Medef. Leurs échanges montrent que la bataille se jouera autant sur les années de cotisation et la pénibilité que sur l’âge légal de départ à la retraite affiché.
Ce panorama couvre uniquement ces sept participants. Il ne recense ni toutes les candidatures ni la liste officielle des concurrents admis en 2027, et sépare les déclarations personnelles des programmes de parti, un texte collectif ne devenant pas automatiquement celui d’un candidat à une primaire.
Ceux qui veulent revenir à 60 ou 62 ans
Jean-Luc Mélenchon (LFI) réaffirme la retraite à 60 ans, mais sa déclaration du 27 août prévoit une première étape à 62 ans avant un passage ultérieur à 60, avec 40 années de cotisation. Cette séquence interdit de dater un départ à 60 ans dès l’installation d’un nouveau gouvernement.
Marine Le Pen (RN) retient 62 ans comme seuil général et réserve 60 ans aux personnes entrées dans la vie active avant 20 ans, avec 40 annuités pour ces carrières précoces puis une progression vers 42 selon le parcours. Résumer ce projet par une retraite à 60 ans pour tous serait inexact.
Le programme des Écologistes, que porte Marine Tondelier, abroge le seuil de 64 ans pour revenir immédiatement à 62 ans, puis vise 60 ans en priorité pour les carrières longues et pénibles, avec des trimestres supplémentaires au titre de l’usure professionnelle. Il s’agit du texte du parti (pages 116 et 117), non d’un engagement personnel de départ universel à 60 ans.
Raphaël Glucksmann (Place publique) réclame l’abrogation de la réforme Borne et une refonte bâtie sur la pénibilité, sans fixer d’âge unique. Le projet socialiste évoque séparément 62 ans et 43 annuités réductibles selon l’exposition, un cadre qui ne lui est pas attribuable d’office.
Ceux qui misent sur la durée de cotisation ou l’espérance de vie
Gabriel Attal (Renaissance) veut supprimer l’âge légal au profit de la durée de cotisation, avec des décotes et surcotes renforcées dont les coefficients restent à publier. Sans eux, la liberté de choisir sa date ne dit rien de la capacité financière à l’exercer.
Bruno Retailleau (LR), qui défendait 65 ans, a présenté le 27 août un âge légal indexé sur l’espérance de vie, avec des précisions promises dans les jours suivants. Formule, fréquence des ajustements, protections des métiers pénibles et délai de prévenance pour chaque génération restent à écrire.
Édouard Philippe (Horizons) maintient un seuil collectif et prolonge la vie professionnelle, tout en ayant nuancé fin mai l’hypothèse d’un départ uniforme à 67 ans. Ces trois responsables souhaitent aussi une part de capitalisation, sujet distinct de l’âge d’ouverture des droits, dont le caractère obligatoire et les garanties devront être examinés à part.
Pourquoi un âge annoncé ne décrit jamais toute une réforme
Une mesure peut ouvrir plus tôt le droit de liquider sa pension tout en maintenant une durée d’assurance longue. Une autre supprime le seuil d’âge mais ampute fortement la pension en cas de départ précoce. Une troisième réserve les départs anticipés à certains métiers. Deux promesses affichant le même chiffre peuvent donc produire des revenus très différents.
La définition de la pénibilité devient décisive. Reconnaître une profession entière, mesurer une exposition individuelle ou accorder des trimestres ne crée pas les mêmes droits, et les justificatifs exigés pèseront autant que la formule politique pour qui a changé plusieurs fois de métier.
Le financement s’imposera à tous les projets. Le Conseil d’orientation des retraites chiffre le déficit 2025 à 5,1 milliards d’euros hors charges financières dans sa synthèse de juin 2026, et projette 0,9 % du PIB en 2045 puis 2,4 % en 2070 dans son scénario de référence. Ces projections reposent sur des hypothèses et ne prouvent pas qu’une seule réforme serait viable. Comparer les chiffrages exigera un horizon commun, incluant l’emploi, les autres prestations et la répartition de l’effort entre générations.
Âge légal, taux plein et montant de pension, trois notions à séparer
La règle en vigueur, et non les promesses, sert de point de départ. L’Assurance retraite précise que les dispositions liées à la suspension de la réforme s’appliquent aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. L’âge évolue par génération, 62 ans et 9 mois pour 1964, 63 ans et 3 mois pour 1966, 64 ans à partir de 1969, hors dispositifs particuliers. La suspension ne ramène donc personne d’office à 62 ans.
L’âge légal ouvre le droit de demander sa pension. Le taux plein désigne l’absence de décote, acquis sans condition de trimestres à 67 ans dans le régime de base des salariés. Le montant dépend ensuite des droits accumulés, et une carrière incomplète le reste. Illustration arithmétique, un système exigeant 62 ans et 43 annuités laisserait à 62 ans une personne entrée à 20 ans avec seulement 42 années validées, seuil atteint mais durée manquante.
Une victoire électorale ne changerait rien sans textes, dates d’entrée en vigueur et dispositions transitoires. D’ici là, le relevé de carrière et les simulateurs de Service Public restent la référence individuelle, à laquelle les annonces pourront être confrontées une fois leurs modalités précisées.
Préparer sa retraite avec des métaux précieux quand les règles changent
L’incertitude sur les réformes n’annonce pas la disparition des pensions, mais elle justifie de chiffrer le revenu souhaité après l’activité et les moyens de le compléter, sans parier sur la victoire d’un candidat. L’AMF recommande de partir de ses objectifs, de son horizon et de son épargne de précaution. Compléter ses revenus de 300 euros par mois durant cinq ans représente 18 000 euros avant inflation, fiscalité et frais, un besoin mesurable indépendamment du débat sur l’âge.
Face à des règles collectives réécrites à chaque mandat, une partie des épargnants cherche à réduire leur dépendance aux seuls comptes bancaires et produits financiers classiques. Les lingots d’or et d’argent ou une pièce de 20 francs Coq Marianne constituent un actif tangible conservé hors du système bancaire, dans une logique de débancarisation et de sécurisation du patrimoine. Cette diversification a ses limites, rappelées par le World Gold Council lui-même, absence de revenu régulier et volatilité. Consulter le cours de l’or, comparer le prix payé aux conditions de revente, mesurer les frais et prévoir une conservation adaptée restent indispensables avant tout achat. Le scrutin de 2027 fixera peut-être de nouvelles règles collectives, mais la préparation individuelle dépendra toujours de la capacité d’épargne de chacun.
Sources : BDOR, AFP (via Boursorama), LCP – Assemblée nationale, Public Sénat, Les Écologistes (programme officiel), Conseil d’orientation des retraites (COR), Assurance retraite, Service Public, Autorité des marchés financiers (AMF), World Gold Council.
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