Retraite : avoir fait son service militaire avant 1992 peut vous rapporter un trimestre de plus
Le service militaire avant 1992 peut ajouter un trimestre de retraite. Règles, inégalités entre générations et pistes de réforme décryptées.
Par Trajce KOSTIK
Temps de lecture : 3 minutes

En bref
Le service militaire effectué avant 1992 pouvait valider jusqu'à quatre trimestres de retraite
Depuis la réduction à dix mois en 1992, seuls trois trimestres sont désormais reconnus
Les générations nées après 1970 se retrouvent pénalisées par ce plafonnement
Des parlementaires réclament une réforme pour garantir l'équité entre les générations
Un retour du service militaire volontaire est évoqué à partir de 2026
Un avantage historique hérité du service national
Le service militaire, supprimé officiellement en 1997, continue d'influencer très concrètement le calcul des pensions de retraite pour plusieurs générations de Français. Pour les hommes nés avant 1970, cette période obligatoire pouvait permettre de valider jusqu'à quatre trimestres de retraite, chaque trimestre correspondant à 90 jours de service, consécutifs ou non. Une année complète sous les drapeaux représentait donc un levier réel pour atteindre le taux plein, transformant un passage obligé de la jeunesse masculine en atout financier durable pour la fin de carrière.
Cette règle, issue du code régissant les pensions civiles et militaires, reconnaît le service national comme une période assimilée : aucune cotisation salariale n'est requise pour que les trimestres soient validés. Les baby-boomers, souvent appelés pendant douze mois pleins, bénéficient ainsi d'un supplément qui peut faire basculer le calcul final de leur pension, notamment lorsque leur carrière professionnelle a été incomplète, interrompue par du chômage ou marquée par des débuts tardifs sur le marché du travail.
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Le calcul des trimestres, entre règles précises et inégalités générationnelles
Chaque trimestre validé au titre du service militaire repose sur un décompte strict de 90 jours, une période qui peut être fractionnée sur plusieurs séquences de service plutôt que comptée en un seul bloc continu. Ces trimestres, qualifiés d'assimilés, viennent s'additionner aux trimestres cotisés grâce à une activité professionnelle rémunérée, ce qui améliore potentiellement l'âge de départ à la retraite ainsi que le montant final de la pension versée chaque mois.
La réduction du service national à dix mois, entrée en vigueur en 1992, modifie profondément la donne pour la génération X. Les hommes nés après 1970, appelés sous ce régime raccourci, ne peuvent désormais valider que trois trimestres, même lorsque la durée réelle de leur service avoisine les douze mois. Le mois restant, jugé incomplet au regard du seuil des 90 jours, n'est tout simplement pas comptabilisé, créant une différence de traitement qui nourrit aujourd'hui la contestation parlementaire.
Un plafond jugé injuste par plusieurs élus
Plusieurs parlementaires dénoncent cette limite fixée à trois trimestres, rappelant que les appelés de cette génération percevaient une solde symbolique, sans possibilité de cumuler un emploi rémunéré pendant leur service. Selon des propos rapportés par Le Figaro, certains élus réclament que ce mois perdu cesse de pénaliser le calcul de la retraite, au nom d'une équité de traitement entre les générations d'anciens appelés.
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Vers une réforme et un possible retour du service militaire
Le ministère des Armées renvoie toute évolution des règles applicables aux trimestres de retraite vers le ministère du Travail et des Solidarités, seul compétent pour modifier les textes régissant les périodes assimilées. Une réforme nécessiterait donc un arbitrage politique assumé par l'exécutif, les parlementaires ne pouvant, pour l'heure, que déposer des amendements soumis à validation gouvernementale.
Le président Emmanuel Macron a évoqué la perspective d'un retour du service militaire dès 2026, réservé aux jeunes volontaires plutôt qu'imposé à l'ensemble d'une classe d'âge. Cette hypothèse, si elle se concrétise, pourrait redéfinir entièrement les règles de validation des trimestres pour une nouvelle génération de citoyens engagés, sans qu'aucune durée ni modalité précise n'ait encore été officiellement fixée par le gouvernement à ce jour.
Les conditions exactes de ce service rénové, sa durée comme son caractère volontaire, détermineront en grande partie le nombre de trimestres attribuables aux participants, et donc leur poids réel dans le calcul futur des pensions.
Diversifier son épargne face aux incertitudes du système de retraite
Face à ces disparités générationnelles et à la fragilité persistante des régimes de pension, un nombre croissant d'épargnants cherchent des solutions hors du circuit bancaire classique pour sécuriser une partie de leur patrimoine. Les lingots d'or, les pièces d'or et l'argent physique demeurent des valeurs tangibles, appréciées pour leur capacité à préserver un pouvoir d'achat sur le long terme, dans une logique de débancarisation partielle de l'épargne familiale.
Avec une once d'or cotée à 3782,8 euros et une once d'argent à 57,03 euros selon les données BDOR du jour, ces actifs physiques continuent d'attirer des ménages soucieux de compléter une retraite parfois incertaine par un patrimoine palpable, indépendant des aléas réglementaires qui pèsent sur le calcul des trimestres et le montant futur des pensions.
Ce réflexe patrimonial, ancien mais réactivé par le contexte économique actuel, s'inscrit dans une stratégie de diversification prudente plutôt que dans une spéculation de court terme.
Sources : BDOR - Le Figaro - Ministère des Armées - Présidence de la République
Prenez en main votre patrimoine : que faire maintenant ?
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