Retraités : ces départements français où la situation financière est particulièrement difficile
Pension moyenne de retraite : de fortes disparités entre départements français selon la DREES, avec des écarts qui dépassent 600 euros par mois.
Par Trajce KOSTIK
Temps de lecture : 4 minutes

Sommaire
- Un montant moyen qui dissimule des réalités très différentes
- La Réunion et la Guadeloupe : les pensions les plus faibles de France
- Cantal, Creuse et Lot-et-Garonne : quand la ruralité pèse sur la pension
- La Guyane, entre économie fragile et espérance de vie réduite
- Sécuriser son épargne face à ces disparités territoriales
En bref
La pension moyenne brute atteignait 1 786 euros par mois en 2022 selon la DREES, soit environ 1 662 euros nets
La Réunion (1 189 euros) et la Guadeloupe (1 271 euros) affichent les pensions les plus faibles de France
Les départements ruraux comme le Cantal, la Creuse ou le Lot-et-Garonne restent eux aussi sous la moyenne nationale
La Guyane cumule économie fragile et espérance de vie réduite, avec une pension moyenne de 1 318 euros
Face à ces écarts territoriaux, diversifier son épargne avec des métaux précieux physiques devient une option étudiée par de nombreux ménages
Un montant moyen qui dissimule des réalités très différentes
La pension moyenne brute s’élevait à 1 786 euros par mois en 2022, soit près de 1 662 euros nets après prélèvements sociaux, selon les données publiées par la DREES en 2023. Ce chiffre national donne une photographie générale du système, mais il gomme des trajectoires professionnelles très hétérogènes. Derrière cette moyenne, certains départements affichent des pensions inférieures de plusieurs centaines d’euros, révélant des parcours fragmentés, des emplois précaires ou des secteurs économiques peu rémunérateurs.
Les écarts entre territoires s’expliquent par une accumulation de facteurs : taux de chômage local, poids de l’agriculture ou de l’artisanat, recours fréquent à des emplois saisonniers, ou encore vieillissement démographique. Ces éléments pèsent directement sur le nombre de trimestres cotisés et sur le niveau des salaires perçus tout au long d’une carrière, deux variables qui déterminent le montant final versé à la retraite.
Les territoires ultramarins et plusieurs départements ruraux concentrent aujourd’hui les situations les plus tendues. Dans plusieurs cas, la pension moyenne se situe nettement sous le seuil symbolique des 1 350 euros brut, un niveau qui laisse peu de marge une fois les charges fixes réglées chaque mois.
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La Réunion et la Guadeloupe : les pensions les plus faibles de France
Avec une pension moyenne de 1 189 euros brut par mois, La Réunion occupe la dernière place du classement des départements, selon la DREES. Le contexte économique local explique en grande partie ce résultat : le taux de chômage y demeure élevé et les carrières sont souvent marquées par des interruptions répétées. L’Insee souligne d’ailleurs que la pauvreté touche davantage les seniors ultramarins que leurs homologues de métropole, une situation qui se traduit mécaniquement par des droits à la retraite réduits.
La Guadeloupe affiche un résultat proche, avec une pension moyenne de 1 271 euros brut mensuels. Le recours à l’allocation de solidarité aux personnes âgées y reste nettement plus fréquent qu’ailleurs : près d’un retraité sur cinq en bénéficie sur l’île, contre moins de 4 % dans l’Hexagone selon les chiffres publics disponibles. Cette proportion illustre la fragilité financière d’une partie de la population âgée, contrainte à des arbitrages permanents entre logement, alimentation et dépenses de santé.
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Cantal, Creuse et Lot-et-Garonne : quand la ruralité pèse sur la pension
Le Cantal, département rural du Massif central, affiche une pension moyenne de 1 297 euros brut par mois. Son économie repose largement sur l’agriculture et l’artisanat, deux secteurs essentiels mais historiquement peu rémunérateurs. Le taux de chômage y reste pourtant modéré, preuve que l’emploi ne suffit pas toujours à garantir des droits à la retraite confortables lorsque les salaires versés durant la carrière restent modestes.
La Creuse suit une trajectoire comparable, avec 1 319 euros brut mensuels en moyenne. Ce territoire de Nouvelle-Aquitaine connaît un vieillissement démographique marqué, les actifs les plus jeunes partant vers des bassins d’emploi plus dynamiques. Le Tarn-et-Garonne, avec 1 325 euros, et le Lot-et-Garonne, avec 1 339 euros, complètent ce constat : des carrières agricoles ou saisonnières limitent le montant final versé à la retraite, malgré un coût de la vie souvent plus modéré que dans les grandes métropoles.
La Guyane, entre économie fragile et espérance de vie réduite
En Guyane, la pension moyenne avoisine 1 318 euros brut par mois. L’économie locale, encore en développement, souffre d’inégalités importantes et d’un accès limité à l’emploi stable. Beaucoup de retraités ont exercé des métiers peu qualifiés ou connu des interruptions d’activité prolongées, ce qui réduit d’autant le nombre de trimestres validés.
À cela s’ajoute une espérance de vie inférieure à la moyenne nationale, un facteur régulièrement mis en avant par les démographes. Moins d’années de cotisation, parfois moins d’années de retraite également : la Guyane cumule des difficultés structurelles qui pèsent sur le niveau de vie de ses seniors. Ces disparités territoriales rappellent que la pension reste avant tout le reflet d’une carrière professionnelle entière, avec ses aléas régionaux et sectoriels.
Sécuriser son épargne face à ces disparités territoriales
Face à des écarts de pension aussi marqués, la constitution d’une épargne complémentaire devient un réflexe de prudence pour de nombreux ménages, quel que soit leur département de résidence. Les métaux précieux occupent une place particulière dans cette stratégie : les lingots d’or, les lingots d’argent et les pièces d’or permettent de sortir partiellement du système bancaire classique et de sécuriser une partie de son patrimoine hors des circuits traditionnels, dans une logique de débancarisation assumée.
Cette approche ne remplace pas les dispositifs de retraite obligatoires, mais elle offre une réserve de valeur tangible, transmissible et détenue physiquement, loin des fluctuations propres aux marchés financiers classiques. Pour les retraités des départements les plus fragiles économiquement, cette diversification patrimoniale constitue une piste concrète à étudier avec un professionnel avant tout engagement.
Sources : BDOR - DREES - INSEE
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