Déficit de la Sécu : les patients en ALD pourraient bientôt devoir payer davantage
Le gouvernement prévoit de doubler le plafond des franchises médicales pour les patients en ALD dès octobre. Décryptage des mesures et de leurs impacts.
Par Trajce KOSTIK
Temps de lecture : 4 minutes

En bref
Le plafond annuel des franchises médicales et participations forfaitaires pourrait passer de 100 à 200 euros dès octobre
Les patients en affection de longue durée (ALD) sont directement visés par ces mesures d'économies
Environ 13 millions de personnes bénéficient du statut ALD en France selon l'Assurance Maladie
Les associations de patients redoutent un alourdissement financier pour les malades chroniques déjà fragilisés
Ces mesures s'inscrivent dans un effort global de réduction du déficit de la Sécurité sociale
Un doublement annoncé du reste à charge pour les malades chroniques
Le gouvernement travaille actuellement sur une série de mesures d'économies destinées à réduire le déficit de la Sécurité sociale, et plusieurs d'entre elles concernent directement les patients en affection de longue durée (ALD). Selon les informations disponibles à l'automne 2025, le plafond annuel des franchises médicales et des participations forfaitaires pourrait passer de 100 à 200 euros dès le mois d'octobre. Ce dispositif, dont l'architecture générale n'a que peu évolué depuis près de quarante ans, s'apprête ainsi à connaître l'une de ses transformations les plus marquantes.
Le statut ALD concerne environ 13 millions de personnes en France, d'après les données publiées par l'Assurance Maladie en 2024. Ce doublement représenterait, dans les faits, un effort financier supplémentaire pour des patients déjà confrontés à des dépenses de santé récurrentes liées à leur pathologie chronique. Le chiffre paraît modeste sur le papier. Cent euros de plus par an. Mais pour des ménages qui cumulent déjà consultations, examens et traitements réguliers, l'addition finit par peser lourd dans le budget familial.
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Franchises médicales et participations forfaitaires, une mécanique peu visible
Les franchises médicales et les participations forfaitaires correspondent aux sommes déduites par l'Assurance Maladie lors du remboursement de certains médicaments, consultations médicales, examens biologiques, radiologiques ou encore des transports sanitaires. Mises en place au milieu des années 2000, ces déductions sont restées longtemps plafonnées à 50 euros, avant d'atteindre 100 euros ces dernières années. Leur mécanique reste discrète pour la plupart des assurés, absorbée directement dans les décomptes de remboursement, ce qui explique en partie pourquoi leur alourdissement passe souvent sous les radars du grand public.
Pour les patients en ALD, dont le suivi médical implique par nature une multiplication des actes de soins, l'effet cumulatif de ces franchises pèse proportionnellement bien plus que pour un assuré occasionnel. Un patient suivi pour une pathologie cardiaque ou un diabète, par exemple, enchaîne consultations spécialisées, analyses biologiques et parfois transports sanitaires programmés, chaque acte venant grignoter le plafond annuel un peu plus vite qu'un patient ponctuel.
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Des associations de patients déjà mobilisées face au projet
Ces annonces suscitent des inquiétudes croissantes chez les représentants des patients et de nombreux observateurs du secteur de la santé. Plusieurs organisations redoutent un impact financier disproportionné pour les personnes atteintes de maladies chroniques, dont le suivi médical régulier ne peut, par définition, être différé ou réduit sans conséquence sur leur état de santé. Le débat s'annonce tendu dans les prochaines semaines, à mesure que le calendrier parlementaire du PLFSS 2026 avancera.
Ce durcissement s'inscrit dans un contexte budgétaire particulièrement contraint pour la Sécurité sociale, dont le déficit reste estimé à un niveau élevé pour l'exercice 2025, selon les projections évoquées dans le cadre des discussions sur le PLFSS. Face à cette trajectoire financière tendue, l'exécutif semble avoir fait le choix d'agir sur plusieurs leviers simultanément, quitte à faire porter une partie de l'effort sur les patients les plus fragiles, un choix qui ne manquera pas d'alimenter les débats parlementaires à venir.
Face à l'incertitude budgétaire, la tentation des valeurs tangibles
Ces mesures d'économies illustrent une tendance de fond : les finances publiques françaises restent sous contrainte durable, et les arbitrages budgétaires touchent progressivement des pans entiers de la population, y compris les plus vulnérables. Dans ce climat d'incertitude persistante, un nombre croissant de ménages cherche à diversifier leur épargne au-delà des circuits bancaires classiques. Les métaux précieux, à travers les lingots d'or, les lingots d'argent ou encore les pièces d'or, constituent une option concrète pour sécuriser une partie de son patrimoine dans une logique de débancarisation, à l'écart des aléas budgétaires et des décisions administratives qui, comme le montre ce dossier sur les ALD, peuvent évoluer rapidement et affecter directement le pouvoir d'achat des foyers.
Sources : BDOR - Assurance Maladie - Ministère du Travail, de la Santé et des Solidarités - Projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) 2026
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