L'argent dévisse de 5,3% en une semaine avant de rebondir ce vendredi matin
L'argent a chuté de 5,3% en une semaine avec une amplitude de 8,4%, avant de rebondir ce vendredi. Ce que cela change pour un épargnant.
Par Victor KOSTIK
Temps de lecture : 5 minutes

En bref
L'argent recule de 5,3% entre le 12 et le 16 octobre 2026, après un plus bas à 1,604 euro le gramme jeudi
L'amplitude hebdomadaire atteint 8,4% entre le plus haut et le plus bas, signe d'une forte volatilité
Vendredi matin, l'argent rebondit de 3,33% sur 24 heures pour atteindre 51,46 euros l'once
Un dollar plus faible et un pétrole en hausse soutiennent le redressement du métal
Sur un mois, l'argent perd encore 6,4%, un recul plus marqué que sur les autres horizons observés
Sur trois mois, l'argent conserve une progression de 5,2%, ce qui relativise la correction récente
Une semaine en dents de scie pour l'argent
La semaine du 12 au 16 octobre 2026 restera comme l'une des plus mouvementées de l'automne pour l'argent. Ouvert lundi à 1,738 euro le gramme selon nos relevés, le métal a creusé un plus bas à 1,604 euro jeudi avant de remonter à 1,655 euro ce vendredi matin. Le résultat net s'établit à -5,3% d'une semaine sur l'autre, un chiffre qui tranche nettement avec le +1,6% enregistré la semaine précédente. En l'espace de sept jours, l'argent est donc passé d'une dynamique haussière à une correction sévère, puis a entamé un rebond qui n'a pas encore effacé les dégâts.
L'amplitude de la semaine donne la mesure du choc : 8,4% entre le plus haut et le plus bas, contre une variation bien plus contenue sur l'or au même moment. Ce grand écart illustre ce qui distingue structurellement l'argent de son cousin jaune. Coté comme métal monétaire mais consommé massivement par l'industrie, notamment le photovoltaïque et l'électronique, l'argent amplifie les mouvements de marché dans les deux sens. Quand l'or avance ou recule de 1%, l'argent bouge souvent de deux à trois fois plus, et cette semaine en est une démonstration presque caricaturale.
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Le sursaut de vendredi matin rebat les cartes
La cotation de l'once d'argent en temps réel affiche ce vendredi matin une hausse de 3,33% sur 24 heures, à 51,46 euros l'once. Nos propres relevés, mesurés à 06h49, confirment la tendance : +0,5% depuis la clôture de la veille, +1,1% sur les trois dernières heures, après une ouverture de séance à 1,646 euro le gramme. L'argent a touché un plus haut intraséance à 1,658 euro avant de se stabiliser autour de 1,655 euro. Ce rebond ne suffit pas à annuler la chute hebdomadaire, mais il change la lecture du moment : la pression vendeuse qui a dominé la semaine semble marquer une pause, voire s'inverser.Deux forces de marché accompagnent ce redressement. Le dollar index recule de 0,67% sur la journée, à 101,89 points, et l'EUR/USD progresse de 0,15% à 1,1242 dollar. Comme les métaux précieux se cotent en dollars, un billet vert plus faible mécaniquement rend l'once moins chère pour un acheteur libellé dans une autre devise, ce qui soutient la demande et donc le cours. Le pétrole WTI, de son côté, bondit de 2,25% à 95,85 dollars le baril, une indication d'appétit retrouvé pour les matières premières dans leur ensemble, dont l'argent industriel fait partie.
Le ratio or/argent trahit un décrochage plus profond
Au delà du sursaut du jour, le ratio or/argent raconte une histoire moins réjouissante pour les détenteurs d'argent. Il fallait 67,7 onces d'argent pour acheter une once d'or il y a un mois ; il en faut désormais 72,2, soit une progression de 6,8%. Un ratio qui monte signifie que l'argent perd du terrain face à l'or, et c'est exactement ce que confirment nos chiffres sur un mois : l'or reste quasiment stable à -0,0%, quand l'argent recule de 6,4% sur la même période. La correction de cette semaine n'est donc pas un accident isolé, elle prolonge un mouvement entamé plus tôt en octobre.
L'horizon trimestriel nuance toutefois ce constat. Sur trois mois, l'argent affiche encore une progression de 5,2%, contre 5,9% pour l'or selon nos relevés, et même +1,6% sur notre plus long recul disponible de trois mois pour l'or face à +5,8% côté or sur cette même fenêtre. Autrement dit, la tendance de fond reste constructive pour les deux métaux, et la semaine qui vient de s'écouler s'apparente davantage à une purge brutale qu'à un retournement de cycle. Reste que la violence de la chute, huit points d'amplitude en cinq séances, mérite d'être prise au sérieux par quiconque suit ce marché de près.
Ce que cela change pour un détenteur d'argent
Pour un épargnant qui détient de l'argent physique, cette semaine rappelle une règle simple : la volatilité de ce métal se paie dans les deux sens. Un placement qui grimpait de 1,6% la semaine précédente a pu reculer de 5,3% la suivante, avant d'amorcer un rebond dès vendredi matin. À titre de comparaison, le taux directeur de la BCE s'établit à 2,65% et la facilité de dépôt à 2,5% selon les données du 16 septembre 2026, tandis que l'OAT à 10 ans rapporte 4,44%. L'argent, lui, ne verse aucun coupon : sa performance dépend entièrement du mouvement de son cours, ce qui explique qu'il séduise davantage en période de recherche de valeur refuge ou de tension sur les matières premières qu'en période de taux attractifs sans risque.
Notre lecture reste que le repli de la semaine s'explique surtout par une correction technique après un emballement, plutôt que par un changement de fond sur la demande industrielle ou monétaire. Mais cette analyse pourrait être prise en défaut si le rebond de vendredi s'essouffle rapidement, ou si le dollar reprend sa marche en avant la semaine prochaine, ce qui pèserait de nouveau sur l'once en euros. La publication de nouveaux indicateurs d'inflation ou un mouvement plus marqué sur le pétrole, qui vient de gagner 2,25% en une séance, seront à surveiller pour savoir si ce sursaut tient ou s'il n'est qu'un répit avant une nouvelle secousse.
Sources : BDOR
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