L'argent recule sous 1,65 euro le gramme ce mercredi mais reste en hausse de 0,3 % sur la semaine
L'argent cède du terrain face au dollar mais conserve une avance de 0,3 % sur la semaine. Les facteurs qui pèsent sur le métal gris.
Par Enzo BECHER
Temps de lecture : 5 minutes

En bref
L'argent s'échange à 1,642 euro le gramme, en repli de 1,0 % sur 24 heures
Sur trois séances, le métal gris affiche encore une hausse de 0,3 %
Le dollar, quasi stable, pèse sur la demande d'argent libellée en devises étrangères
Le recul du pétrole WTI pourrait à terme desserrer la pression sur le métal gris
La double nature de l'argent, refuge et matière première industrielle, amplifie ses variations
Les prochaines séances dépendront de l'évolution conjointe du dollar et de l'énergie
Un repli qui ne casse pas l'élan de la semaine
L'argent s'échange ce mercredi matin à 1,642 euro le gramme, soit 51,09 euros l'once selon nos relevés de 7h59, en retrait de 1,0 % depuis la clôture de mardi et de 1,2 % depuis l'ouverture de la séance. Le plus haut du jour se situait à 1,662 euro, le plus bas à 1,641 euro : une amplitude de 1,3 % qui confirme que le métal reste nerveux, mais sans rupture franche de tendance.
Replacé sur trois séances, depuis l'ouverture de lundi à 1,637 euro, le trajet affiche encore +0,3 %. Cette variation hebdomadaire, calculée sur la semaine complète précédente, fait suite à un bond du même ordre après un repli de 5,8 % la semaine d'avant. Autrement dit, l'argent vient de stopper une chute brutale et consolide, sans encore repartir franchement à la hausse. C'est un repli dans un couloir, pas un décrochage.
A lire aussi : Comment le dollar et le pétrole influencent la trajectoire de l'argent cette semaine
Le dollar et l'énergie tirent dans des sens opposés
Le Dollar Index évolue à 101,8 points ce mercredi, quasi stable (-0,04 % sur 24 heures), après avoir touché en début de semaine des plus bas de plusieurs semaines. La parité EUR/USD, à 1,1235 dollar, recule légèrement de 0,06 %. Ce socle du billet vert pèse mécaniquement sur l'argent, coté en dollars sur les marchés internationaux avant conversion en euros : un dollar qui tient ses positions rend le métal plus cher pour les acheteurs hors zone dollar, ce qui limite l'appétit acheteur.
Le raisonnement qui soutient ce dollar repose sur des anticipations de hausse de taux de la Réserve fédérale américaine, elles-mêmes liées à des craintes d'inflation importée par l'énergie. Mais ce matin, le pétrole WTI recule de 2,05 % à 99,33 dollars le baril. Un repli de cette ampleur affaiblit justement l'argument d'une inflation énergétique persistante : si le pétrole continue de baisser dans les prochains jours, le soutien apporté au dollar par ce canal perdra de sa force, et l'argent pourrait retrouver un peu d'air. C'est le point de bascule à surveiller cette semaine.
Le ratio or/argent trahit un essoufflement sur la durée
Le ratio or/argent s'établit aujourd'hui à 71,8 onces d'argent pour une once d'or, contre 65,8 il y a un mois, soit une progression de 9,2 %. Un ratio qui monte signifie que l'argent perd du terrain face à l'or : c'est précisément ce que montrent nos relevés sur un mois, avec un repli de 11,3 % pour l'argent contre seulement 3,1 % pour l'or. La résistance de la semaine en cours ne doit donc pas masquer une tendance mensuelle nettement plus dure pour le métal gris.
Sur trois mois, le constat s'inverse presque : l'argent progresse de 0,8 % à 0,9 % selon nos relevés, contre 3,1 % à 4,4 % pour l'or. Cette alternance entre phases de surperformance et de décrochage brutal illustre la double nature de l'argent, à la fois valeur refuge et matière première industrielle utilisée dans le photovoltaïque et l'électronique. Cette dépendance à la demande industrielle amplifie chaque mouvement, dans un sens comme dans l'autre, bien davantage que pour l'or.
L'or recule modérément, sans entraîner l'argent dans sa chute
L'or cote ce matin 117,92 euros le gramme, soit 3667,83 euros l'once, en baisse de 0,13 % sur 24 heures selon les repères temps réel. Nos relevés montrent une séance ouverte à 118,226 euros et un plus bas à 117,804 euros, un mouvement contenu qui contraste avec la nervosité de l'argent. La cotation officielle du lingot d'un kilogramme s'établit à 116 000 euros au 20 octobre 2026, en repli de 1,0 % sur un mois mais en hausse de 3,8 % sur quatre mois : l'or garde une trajectoire plus linéaire, loin des à-coups observés sur l'argent.
Les risques qui peuvent retourner la semaine
Deux lignes de force s'affrontent pour les prochaines séances. D'un côté, un dollar soutenu par les anticipations de taux de la Fed pèserait sur l'argent si le pétrole se stabilisait et validait le scénario d'inflation importée. De l'autre, la poursuite de la baisse du WTI affaiblirait cet argument et pourrait redonner de l'oxygène au métal gris. À cela s'ajoute le niveau des taux réels en zone euro, avec un taux directeur de la BCE à 2,65 % et une facilité de dépôt à 2,5 %, qui continue de rendre l'épargne obligataire concurrente d'un actif sans rendement comme l'argent. L'OAT à 10 ans, à 4,44 %, maintient ce coût d'opportunité à un niveau qui mérite d'être gardé à l'œil.
Notre lecture reste prudente : la stabilisation de la semaine ne vaut pas retournement de tendance, et le ratio or/argent élevé rappelle que l'argent navigue sous contrainte depuis un mois. Cette analyse serait prise en défaut si le pétrole rebondissait fortement tout en maintenant les anticipations de hausse de taux américaine, un scénario qui renforcerait le dollar et pèserait de nouveau sur le métal gris malgré sa résistance actuelle.
Sources : BDOR
Prenez en main votre patrimoine : que faire maintenant ?
Partager l'article :

