Des comptes crypto vidés par des escrocs se faisant passer pour des agents des impôts
Des escrocs se font passer pour l'IRS afin de piéger les détenteurs de cryptomonnaies via de faux courriers et sites frauduleux, révèle Bloomberg.
Par Enzo BECHER
Temps de lecture : 4 minutes

En bref
L'IRS alerte sur de fausses lettres imitant l'administration fiscale américaine pour piéger les détenteurs de cryptomonnaies
Le piège repose sur un code QR renvoyant vers des faux sites basés à Hong Kong et en Roumanie
Le FBI évalue à plus de 11 milliards de dollars les pertes liées aux fraudes crypto l'an dernier, en hausse de 22 %
La perte moyenne par victime atteindrait 62 604 dollars selon le rapport annuel du FBI
Coinbase Security parle d'une opération de fraude professionnelle et internationale
Une fraude qui usurpe l'autorité fiscale américaine
Aux États-Unis, une vague de fraudes ciblant les détenteurs de cryptomonnaies inquiète l'administration fiscale fédérale. Selon un communiqué de l'IRS (Internal Revenue Service) relayé par Bloomberg le 31 juillet 2026, des escrocs envoient des lettres imitant à la perfection la correspondance officielle du fisc américain. Le courrier, glissé directement dans la boîte aux lettres des victimes, échappe ainsi aux filtres antispam et aux alertes numériques habituelles. Cette approche postale, presque désuète face à la sophistication technologique des arnaques récentes, se révèle redoutablement efficace parce qu'elle joue sur la crédibilité d'un document papier estampillé d'un sceau gouvernemental.
Le piège se déclenche au moment où le destinataire scanne le code QR imprimé sur la lettre. L'unité d'enquête criminelle de l'IRS précise que ce geste redirige la victime vers un site web frauduleux, hébergé à Hong Kong, où elle est invitée à saisir ses données personnelles et, souvent, les clés d'accès à son portefeuille numérique. Un second site, basé en Roumanie et déjà identifié dans des campagnes de phishing bancaire, complète ce dispositif. Deux continents, une même mécanique : convaincre par l'apparence officielle, puis siphonner les avoirs numériques une fois la confiance obtenue.
Coinbase Security dénonce une opération internationale
Jarod Koopman, directeur des enquêtes criminelles à l'IRS, a résumé la situation dans un communiqué relayé par Bloomberg le 31 juillet 2026 : « Les criminels continuent d'exploiter la confiance du public envers le gouvernement en créant de faux sites web convaincants et une correspondance d'apparence officielle. » Coinbase Security, de son côté, qualifie ce dispositif d'« opération de fraude professionnelle et internationale », soulignant la coordination entre les infrastructures asiatiques et européennes utilisées par les fraudeurs.
Les chiffres publiés par le FBI dans son rapport annuel sur la cybercriminalité, cité par Bloomberg le 31 juillet 2026, donnent la mesure du phénomène. Les Américains auraient perdu plus de 11 milliards de dollars l'an dernier à cause de fraudes liées aux cryptomonnaies, soit une hausse de 22 % par rapport à l'année précédente. La perte moyenne par victime atteindrait 62 604 dollars, et plus de 18 000 signalements concerneraient des vols supérieurs à 100 000 dollars. Le FBI note par ailleurs que la majorité des sommes détournées provient désormais d'escroqueries combinant cryptomonnaies et intelligence artificielle, un cocktail qui complexifie le travail des enquêteurs.
Une escalade qui interroge sur la régulation
Cette progression de 22 % en un an place les fraudes crypto parmi les segments de la cybercriminalité qui progressent le plus vite aux États-Unis, selon le FBI. Elle illustre aussi la difficulté des régulateurs à suivre le rythme d'innovation des réseaux criminels, qui recyclent des techniques éprouvées, comme le phishing bancaire classique, pour les appliquer à des actifs numériques encore mal protégés par la loi.
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Face à la montée des cyberfraudes, la tentation du repli vers le tangible
Ce climat de défiance numérique pousse une partie des épargnants à reconsidérer la répartition de leur patrimoine. Les métaux précieux retrouvent un intérêt certain auprès de ceux qui souhaitent sécuriser une partie de leur épargne hors des circuits exclusivement numériques. L'acquisition de lingots d'or et d'argent, ou de pièces d'or, répond à une logique de débancarisation partielle : détenir un actif physique, impossible à hacker ou à siphonner par un simple scan de code QR, constitue une garantie différente de celle offerte par un portefeuille crypto ou un compte bancaire classique. Cette diversification ne dispense pas de la vigilance numérique, mais elle offre une forme de résilience patrimoniale que les escroqueries en ligne, aussi sophistiquées soient-elles, ne peuvent atteindre.
Comment reconnaître et éviter ces pièges
L'IRS rappelle qu'elle ne communique jamais par code QR pour demander des informations personnelles ou fiscales, et qu'aucun agent légitime n'exige de paiement immédiat en cryptomonnaie. Face à un courrier suspect, la vérification directe auprès des canaux officiels de l'administration reste le réflexe le plus fiable. Les spécialistes de la cybersécurité recommandent également de ne jamais scanner un code QR reçu par voie postale sans en vérifier la provenance auprès d'une source indépendante, et de signaler tout document douteux aux autorités compétentes.
Sources : BDOR - IRS - Bloomberg - Coinbase Security - FBI
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