Inflation alimentaire entre 3 et 5% attendue en Belgique en 2026 : comment la hausse des prix pétroliers se transmet à la chaîne de distribution et au panier des ménages.
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Sommaire
En bref
Les transporteurs routiers absorbent déjà une hausse de 30% du coût du carburant depuis janvier, soit jusqu'à 6 500 € de surcoût journalier pour certains opérateurs.
Les prix en grande distribution restent stables pour l'instant, mais l'effet retard s'explique par des contrats fournisseurs à 3, 6 ou 12 mois.
L'inflation alimentaire belge était de 0,7% en 2025 ; les experts anticipent une fourchette de 3 à 5% sur l'ensemble de 2026.
Les produits ultratransformés pourraient voir leurs prix grimper de 10 à 30% dans les prochains mois.
Même en cas de cessation des hostilités, les capacités de production pétrolière et gazière détruites mettront du temps à être restaurées.
Depuis l'escalade militaire entre les États-Unis, Israël et l'Iran, les prix des carburants ont bondi à des niveaux qui perturbent l'ensemble de la chaîne logistique belge. Si l'automobiliste ressent la pression à la pompe depuis plusieurs semaines, les effets sur le caddie du supermarché tardent encore à se matérialiser, mais les experts sont formels : la transmission de l'inflation énergétique vers les prix alimentaires est en marche.
La hausse des prix pétroliers frappe de plein fouet les professionnels de la route. Vincent Gaillard, patron de la société Sud Fresh, chiffre l'impact sans détour : une augmentation de 30% du coût du carburant depuis le 1er janvier, soit environ 6 500 euros de surcoût par jour. "Il est impossible de pouvoir absorber une telle somme", confie-t-il à la RTBF.
Pour faire face, les transporteurs activent les clauses carburant prévues dans leurs contrats. "De semaine en semaine, on adapte nos prix de vente en fonction du carburant. C'est le seul moyen de pouvoir garder une ligne de rentabilité minimum", précise Gaillard. Ces ajustements se répercutent mécaniquement sur les donneurs d'ordre, industriels et distributeurs confondus.
Lora Nivesse, porte-parole de Comeos, la fédération du commerce de détail, confirme qu'aucune hausse notable n'a encore été enregistrée dans les supermarchés. Mais elle prévient : si le conflit s'installe dans la durée, les coûts de transport, de matières premières et d'énergie finiront par se refléter sur les étiquettes.
L'explication tient à la structure contractuelle du secteur. Arthus de Bousies, CEO de Bionat, fabricant de moutarde et de condiments, illustre ce décalage : "On est déjà augmenté au niveau de nos frais de transport, mais on est avec des contrats à long terme. On n'a pas la possibilité à moins de trois mois d'augmenter nos prix."
Pierre-Alexandre Billiet, expert de la distribution chez Gondola, détaille la mécanique par segment de marché : les fruits et légumes suivent l'offre et la demande à la semaine, voire au quotidien ; les produits légèrement transformés s'ajustent sur base trimestrielle ; les grands contrats annuels, eux, absorbent les chocs beaucoup plus lentement.
Un autre facteur joue un rôle déterminant : le renouvellement des stocks. "Après quatre semaines, la totalité du magasin se retrouve avec des nouveaux produits, produits à des coûts énergétiques plus élevés", explique Billiet. Ces nouveaux produits entreront en rayon à des tarifs reflétant les conditions actuelles de production, selon les modalités prévues dans chaque contrat.
Billiet souligne par ailleurs que les entreprises ont intégré les enseignements de la crise de 2022-2023 : leurs contrats incluent désormais des clauses d'indexation accélérée, ce qui réduira les délais de transmission de la hausse des coûts.
La capacité d'absorption du secteur est structurellement limitée. "L'agroalimentaire belge affiche 2,7% de marge, le taux le plus bas depuis 15 ans", rappelle Billiet. Dans ces conditions, peu d'acteurs peuvent amortir durablement la pression énergétique. "Ces entreprises sont obligées de réagir. Comme elles le font rapidement, on risque de se retrouver avec une inflation qui, les premières semaines est intangible, mais qui va commencer à se faire ressentir dans quelques semaines."
Même un cessez-le-feu n'effacerait pas immédiatement la pression sur les marchés énergétiques. Éric Dor, professeur d'économie à l'IESEC School of Management, met en garde : "Cette augmentation risque de durer, même si le conflit s'arrête." Les bombardements ont endommagé des infrastructures d'extraction pétrolière, de production de gaz naturel liquéfié et des capacités de raffinage. La restauration de ces capacités prendra du temps, maintenant l'offre mondiale en deçà de la demande.
Au-delà des carburants, Éric Dor rappelle que le pétrole et le gaz sont des intrants industriels omniprésents : les engrais agricoles sont produits à partir de gaz, les emballages alimentaires dépendent des dérivés pétroliers. La hausse des coûts énergétiques irrigue donc l'ensemble de l'économie productive.
À ce stade, l'impact sur le panier moyen reste contenu. "On parle de 0,3 à 0,4% d'impact sur le panier du consommateur actuellement", estime Pierre-Alexandre Billiet. Mais la trajectoire inquiète. Après une inflation alimentaire de seulement 0,7% en 2025, les prévisions pour 2026 oscillent entre 3 et 5%, "toute autre chose restant égale".
Les produits les plus exposés sont les aliments transformés et ultratransformés, dont la fabrication est énergivore. Pour ces références, Billiet anticipe des hausses de prix comprises entre 10 et 30% dans les mois à venir.
La Banque Nationale de Belgique n'est pas encore en mesure de modéliser précisément l'impact macroéconomique du conflit, tant les variables restent incertaines : durée des hostilités, perturbations logistiques, comportement des ménages et des entreprises, évolution quotidienne des prix de l'énergie.
Selon notre expert : Les marchés financiers intègrent désormais un scénario d'inflation durable lié au conflit au Moyen-Orient, et l'once d'or en reflète chaque semaine la nervosité croissante.
Dans ce contexte de résurgence inflationniste, les épargnants sont nombreux à réévaluer la composition de leur patrimoine. L'or physique, sous forme de lingots ou de pièces d'or, reste historiquement l'un des actifs les plus résilients en période de dépréciation monétaire. L'argent métal, plus accessible, attire également l'attention des investisseurs cherchant à réduire leur exposition au système bancaire traditionnel. Face à une inflation alimentaire attendue entre 3 et 5% en 2026 et à des taux d'intérêt réels qui pourraient rester négatifs, détenir une part de son épargne en métaux sous forme physique constitue une stratégie de protection tangible, hors circuit bancaire.
Sources : BDOR - L'Echo - RTBF
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