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Prix de l'or : la demande de bijoux s’effondre face à des tarifs devenus trop élevés

La demande mondiale de bijoux en or chute à 278 tonnes au T2 2026, plus bas niveau depuis la pandémie, malgré des dépenses en hausse de 14%.

Temps de lecture : 3 minutes

Prix de l'or : la demande de bijoux s’effondre face à des tarifs devenus trop élevés

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En bref

  • La consommation mondiale de bijoux en or tombe à 278,2 tonnes au deuxième trimestre 2026, son plus bas niveau trimestriel depuis la pandémie

  • Recul de 17% sur un an et de 5% sur un trimestre pour la consommation, la fabrication chutant elle aussi de 12% sur un an

  • Les dépenses en bijoux en or progressent malgré tout de 14% sur un an, atteignant 40 milliards de dollars

  • L'once d'or évolue autour de 3702 euros selon BDOR, un niveau qui pèse directement sur le budget des ménages

  • L'inflation en zone euro ressort à 0,7% selon les données officielles de décembre 2025, un contexte qui fragilise le pouvoir d'achat

Le marché de la bijouterie en or traverse sa pire phase depuis la pandémie

Les chiffres du deuxième trimestre 2026 racontent une histoire brutale. La consommation mondiale de bijoux en or s'établit à 278,2 tonnes, son plus bas niveau trimestriel depuis le début de la pandémie de 2020. Un recul de 5% par rapport au trimestre précédent, et surtout de 17% sur un an. L'once d'or évolue actuellement autour de 3702 euros selon BDOR, un niveau qui rend chaque bijou nettement plus onéreux qu'il y a deux ans.

Côté fabrication, la tendance suit la même pente : 310,3 tonnes produites, en baisse de 7% sur un trimestre et de 12% sur un an. Les ateliers ajustent leurs volumes à une demande qui se contracte, preuve que le secteur encaisse directement les mouvements de prix sur le marché physique de l'or.

A lire aussi : L'or à 3702 euros l'once fait exploser les dépenses en bijouterie malgré des ventes en chute libre

Une trajectoire baissière qui s'accélère trimestre après trimestre

Remonter le fil des trimestres permet de mesurer l'ampleur du décrochage. Au deuxième trimestre 2025, la consommation atteignait encore 335,3 tonnes. Elle grimpe à 375,6 tonnes au troisième trimestre, puis culmine à 434,8 tonnes au quatrième trimestre 2025, période traditionnellement portée par les fêtes et les mariages en Asie. Le pic marque en réalité le sommet d'un cycle qui s'effondre ensuite sans retenue.

Dès le premier trimestre 2026, la consommation retombe à 294,2 tonnes. Trois mois plus tard, elle glisse encore à 278,2 tonnes. La chute cumulée entre le pic de fin 2025 et le printemps 2026 dépasse 35%, un rythme de contraction rarement observé sur une période aussi courte pour ce segment.

Le paradoxe des dépenses en hausse malgré l'effondrement des volumes

Le point le plus frappant reste ailleurs. Alors que les volumes s'effritent trimestre après trimestre, les dépenses mondiales en bijoux en or progressent de 14% sur un an, atteignant 40 milliards de dollars. L'explication tient à l'arithmétique des prix : chaque gramme coûtant nettement plus cher, il suffit d'acheter moins de matière pour dépenser davantage.

Ce décalage illustre une réalité simple. Les ménages réduisent la quantité de métal achetée, mais maintiennent, voire augmentent, leur enveloppe budgétaire consacrée à l'or. L'attachement culturel et patrimonial à ce type d'achat reste solide, même quand le prix rend l'accès plus difficile pour les foyers modestes.

Des ménages sous contrainte budgétaire mais toujours attachés à l'or

Le contexte macroéconomique éclaire ce recul des volumes. L'inflation harmonisée en zone euro s'élève à 0,7% sur un an selon les données de décembre 2025 publiées par les instituts statistiques européens, tandis que le taux de chômage atteint 8,3% de la population active en juillet 2026 selon les chiffres officiels. La croissance du PIB, limitée à 0,5% au deuxième trimestre 2026, confirme un ralentissement qui rogne le pouvoir d'achat disponible pour les achats non essentiels.

Dans ce paysage économique tendu, la bijouterie en or devient un arbitrage difficile pour de nombreux foyers. Certains reportent leurs achats, d'autres réduisent le grammage, mais peu abandonnent totalement l'idée d'acquérir de l'or, considéré comme une valeur tangible transmissible plutôt qu'un simple accessoire.

L'or physique, une option de diversification hors bijouterie

Face à cette volatilité, une partie des épargnants se tourne vers des supports plus directement liés à la valeur du métal plutôt qu'à sa transformation en bijou. Les lingots d'or, les pièces d'or et les lingots d'argent permettent de détenir un actif tangible sans passer par les intermédiaires bancaires classiques, dans une logique de débancarisation et de sécurisation patrimoniale. Ce type de placement échappe aux frais de façonnage propres à la joaillerie et suit plus fidèlement les mouvements du cours au gramme.

Avec une once autour de 3702 euros et une once d'argent proche de 54,61 euros selon BDOR, les arbitrages entre bijouterie et métal d'investissement deviennent un sujet concret pour les épargnants soucieux de préserver leur capital face à une inflation persistante et une dette publique française désormais supérieure à 118% du PIB.

Sources : BDOR - INSEE - Banque centrale européenne (BCE)

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