Les particuliers continuent de miser sur l’or : 307 tonnes achetées cet été
La demande de lingots et pièces d’or se stabilise à 307 tonnes au T2, un retour au calme après deux trimestres records selon BDOR.
Par Trajce KOSTIK
Temps de lecture : 3 minutes

En bref
La demande d'investissement en lingots et pièces d'or atteint 307 tonnes au deuxième trimestre, stable sur un an
Ce niveau marque un retour à un rythme d'achat plus habituel après deux trimestres exceptionnellement dynamiques
L'once d'or s'échange actuellement à 3702 euros et l'once d'argent à 54,61 euros selon BDOR
La dette publique française dépasse 118 % du PIB et le chômage atteint 8,3 % de la population active
Un nombre croissant de ménages se tourne vers l'or et l'argent physiques pour diversifier leur épargne hors du système bancaire
Un trimestre sans excès, enfin
Après deux trimestres portés par une fébrilité inhabituelle, les achats de lingots d'or et de pièces d'or ont retrouvé une cadence plus posée entre avril et juin. Le volume s'est fixé à 307 tonnes, un chiffre quasiment identique à celui enregistré un an plus tôt selon le Conseil mondial de l'or (WGC, rapport trimestriel Q2 2025). Ce plateau tranche avec l'agitation qui avait marqué la fin 2024 et le début 2025, période durant laquelle les tensions géopolitiques et l'inflation persistante avaient poussé une partie des épargnants vers l'or physique dans une logique défensive.
Le contraste est net. Les deux trimestres précédents avaient vu les volumes grimper nettement au-dessus des moyennes historiques, portés par une défiance grandissante envers les monnaies fiduciaires et les marchés obligataires. Le retour à 307 tonnes ne signifie pas un désamour pour l'or, mais plutôt une consolidation. Les acheteurs qui s'étaient précipités lors des pics de volatilité ont, semble-t-il, satisfait leurs besoins immédiats de couverture, laissant place à un rythme d'achat plus proche des standards observés sur les cinq dernières années.
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Ce que racontent vraiment les chiffres
L'once d'or s'échange actuellement à 3702 euros selon les cotations relevées par BDOR, en léger repli de 0,08 % sur vingt-quatre heures. Ce niveau reste proche des records historiques atteints ces derniers mois, ce qui explique en partie la pause observée côté investisseurs particuliers : à un tel prix, certains préfèrent attendre une consolidation avant de renforcer leurs positions. L'argent, lui, se maintient à 54,61 euros l'once, quasiment stable également.
Le contexte macroéconomique européen n'aide pas à trancher. L'inflation en zone euro s'est établie à 0,7 % sur un an selon les dernières estimations harmonisées (Insee, données décembre 2025), un niveau nettement inférieur aux pics de 2022-2023 qui avaient justifié une partie de la ruée vers les valeurs refuges. Le taux directeur de la BCE, fixé à 2,65 % depuis le 16 septembre 2026, ajoute une couche de complexité : des taux plus élevés renchérissent le coût d'opportunité de détenir un actif qui ne verse aucun rendement, ce qui pèse mécaniquement sur l'appétit à court terme.
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Le calme précède-t-il une nouvelle poussée
Rien n'indique un désintérêt durable. La dette publique française atteint 118,5 % du PIB en données instantanées, le déficit public reste ancré à -5,1 % du PIB au premier trimestre 2026, et le taux de chômage grimpe à 8,3 % de la population active en juillet 2026 selon l'Insee. Ces fondamentaux fragiles constituent un terreau propice à un retour de l'aversion au risque, capable de relancer les achats de métal physique dans les mois à venir.
Mon sentiment, en observant ces flux, c'est que la pause actuelle ressemble davantage à une respiration qu'à un retournement de tendance. Les banques centrales continuent d'accumuler de l'or dans leurs réserves, un mouvement structurel qui ne dépend pas des humeurs trimestrielles des particuliers. La stabilité à 307 tonnes traduit surtout une forme de maturité du marché, où l'euphorie a cédé la place à une gestion plus rationnelle des portefeuilles.
Sécuriser son épargne loin du système bancaire
Face à cette instabilité persistante, un nombre croissant de ménages français se tourne vers les lingots d'or, les pièces d'or et les lingots d'argent pour diversifier leur épargne hors des circuits bancaires traditionnels. Cette démarche de débancarisation répond à une volonté simple : détenir un actif tangible, transmissible et non soumis aux aléas des marchés obligataires ni aux décisions monétaires des banques centrales. Avec une dette publique française qui dépasse 118 % du PIB et un déficit qui ne se referme pas, la tentation de sortir une partie de son épargne du système bancaire classique n'a rien d'irrationnel.
Les pièces comme le Napoléon ou le Souverain, tout comme les lingots certifiés de 1 gramme à 1 kilo, offrent une liquidité éprouvée et une reconnaissance internationale qui facilitent leur revente en cas de besoin. Détenir de l'or et de l'argent physiques, stockés en dehors des bilans bancaires, reste une stratégie de protection patrimoniale privilégiée par les épargnants les plus prudents, notamment lorsque les taux réels et la trajectoire budgétaire des États laissent planer le doute sur la valeur future de la monnaie.
Sources : BDOR - Conseil mondial de l'or (WGC) - Insee - BCE
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