Le gaz TTF gagne 70 % en mars 2026, les stocks européens chutent à 28 % et Goldman Sachs prévoit l'inflation zone euro à 3,2 % au T2.
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Sommaire
En bref
Le prix du gaz naturel TTF est passé de 38 à 54 €/MWh en mars 2026, soit +70 % sur le mois, la pire performance mensuelle depuis septembre 2021.
Les stocks souterrains européens plafonnent à 28,4 % au 24 mars, cinq points en dessous du niveau de l'an passé.
Les Pays-Bas affichent un niveau critique de 6 % ; l'Allemagne et la France oscillent autour de 22 % ; le Portugal tient à 85 %.
Goldman Sachs relève sa prévision TTF à 72 €/MWh pour le T2 2026, avec un scénario dégradé au-delà de 100 €/MWh tout l'été.
L'inflation zone euro est attendue à 3,2 % au T2 2026 ; la BCE devrait remonter ses taux à 2,5 %.
Le choc reste plus maîtrisable qu'en 2022, soutenu par le nucléaire français et l'essor des renouvelables, mais la durée de la perturbation autour d'Hormuz demeure la variable centrale.
Le prix du gaz naturel TTF a traversé le mois de mars 2026 sous très haute tension. En l'espace de quelques semaines, le contrat de référence néerlandais est passé de 38 €/MWh à 54 €/MWh, enregistrant une progression de 70 % qui fait de mars 2026 le pire mois pour les prix du gaz européen depuis septembre 2021.
Le déclencheur est localisé : les attaques iraniennes survenues début mars contre la Ras Laffan Industrial City, complexe qatari qui représente 84 milliards de mètres cubes de GNL par an. Le Qatar, deuxième exportateur mondial de GNL et fournisseur clé de l'Italie, la Belgique et l'Espagne, a confirmé son incapacité à honorer ses obligations contractuelles. Les réparations pourraient s'étaler sur cinq ans.
L'Europe abordait déjà cette période dans une position de fragilité. Au 24 mars, les stocks souterrains de gaz européens affichaient un taux de remplissage de 28,4 %, soit 325 térawattheures (TWh), cinq points en dessous du niveau constaté à la même période en 2025 et bien en deçà de la moyenne saisonnière sur cinq ans, selon les données de Kyos European Gas Analytics.
Les situations nationales divergent fortement. L'Allemagne ne dépasse pas 22,3 % de remplissage, en recul de près de 7 points sur un an. La France se situe à un niveau comparable, à 22,1 %. Les Pays-Bas représentent le cas le plus préoccupant du continent : leurs réserves sont tombées à 6,0 %, soit 9 TWh, moins d'un tiers du niveau de l'an passé.
À l'opposé, le Portugal (85,3 %) et l'Espagne (55,5 %) présentent une résistance nettement supérieure, portée par leurs capacités d'importation de GNL, une dépendance plus faible au gaz dans le mix électrique et une montée en puissance accélérée des renouvelables.
Dans une note publiée le 22 mars, Goldman Sachs a relevé sa prévision de prix du TTF pour le deuxième trimestre 2026 de 63 à 72 €/MWh, en prévenant que l'Europe devra attirer des cargaisons de GNL face à la concurrence asiatique pour reconstituer ses stocks avant l'hiver.
Les projections sous contrainte sont plus préoccupantes. Si les flux via le détroit d'Hormuz restaient perturbés dix semaines au lieu de six, la moyenne TTF estivale pourrait dépasser 89 €/MWh. En cas de dommages durables sur les infrastructures qataries, le cap des 100 €/MWh sur tout l'été deviendrait une réalité.
Un sondage Montel News auprès d'analystes énergie pointe vers des niveaux encore plus élevés. Wood Mackenzie et Montel Analytics situent le TTF autour de 90 €/MWh pour un scénario de fermeture de trois mois d'Hormuz. Ole Hvalbye, analyste matières premières à la banque suédoise SEB, évoque une fourchette de 115 à 155 €/MWh dans cette configuration. Une fermeture de six mois ferait monter la moyenne vers 160 €/MWh, avec des pics potentiels entre 145 et 240 €/MWh, rendant le remplissage hivernal « presque impossible » selon ses termes. Pour mémoire, le TTF avait atteint 345 €/MWh en août 2022.
Pour les foyers européens, la transmission du choc gazier reste partielle mais tangible. En Italie, le régulateur ARERA avait fixé la composante « matière première » à 35,21 €/MWh pour février, un niveau qui ne reflétait pas encore la flambée de mars. Giuseppe Moles, directeur général d'Acquirente Unico, estime l'effet sur les factures d'électricité des ménages à quelques points de pourcentage ; la répercussion est plus directe sur les factures de gaz.
Sur le plan macroéconomique, Goldman Sachs anticipe un bond de l'inflation de la zone euro à 2,7 % en mars 2026 contre 1,89 % en février, la contribution de l'énergie bondissant de -3,1 % à +5,9 % en un seul mois. La prévision annuelle pour 2026 est révisée à 2,9 %, avec un pic à 3,2 % au deuxième trimestre. L'inflation sous-jacente devrait elle aussi remonter progressivement, vers 2,5 % au troisième trimestre.
La fenêtre durant laquelle la Banque centrale européenne pouvait encore viser son objectif de 2 % de manière crédible s'est refermée. Goldman Sachs et ABN AMRO anticipent désormais deux hausses de 25 points de base, en avril et juin, portant le taux de dépôt à 2,5 %. Le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, avait déjà plaidé publiquement pour un relèvement en avril. Les marchés de prédiction évaluent à 77 % la probabilité d'une hausse cette année.
Dans un scénario défavorable, Goldman Sachs envisage des hausses cumulées de 75 à 100 points de base ; dans un scénario très dégradé, jusqu'à 150 à 200 points de base. La croissance du PIB de la zone euro est révisée à 0,7 % pour 2026, soit presque deux fois moins que la trajectoire envisagée avant le conflit.
Bill Diviney, responsable de la recherche macroéconomique chez ABN AMRO, juge le choc « moins systémique » qu'en 2022. Le déploiement accéléré des renouvelables et le retour du parc nucléaire français à pleine capacité ont partiellement découplé les prix de l'électricité de ceux du gaz : malgré une hausse de 80 % du TTF depuis janvier, les prix de gros de l'électricité dans les cinq plus grandes économies de la zone euro restent environ 14 % inférieurs en cumul annuel.
Les gouvernements disposent par ailleurs de marges budgétaires plus étroites qu'en 2022 pour absorber le choc par des aides non ciblées, et les risques inflationnistes liés à de telles mesures sont mieux identifiés. La crise actuelle est plus inégale géographiquement, plus maîtrisable pour l'instant. La durée des perturbations autour d'Hormuz demeure la variable qui fera basculer ou non ce scénario vers celui de 2022.
Sources : BDOR
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