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CAC 40 : la Bourse de Paris sous pression avant la BCE, le Brent franchit les 100 dollars le baril

Le CAC 40 reste sous pression avant la décision de la BCE, tandis que le Brent dépasse 100 dollars sur fond de tensions au Moyen-Orient.

Temps de lecture : 4 minutes

CAC 40 : la Bourse de Paris sous pression avant la BCE, le Brent franchit les 100 dollars le baril

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En bref

  • Le CAC 40 est attendu proche de l'équilibre après une chute de près de 2% la veille, dans un climat de nervosité accrue.

  • Le baril de Brent dépasse les 100 dollars, en hausse de près de 30% depuis début août, sur fond d'escalade militaire entre l'Iran et les États-Unis.

  • Le gaz naturel européen a bondi de plus de 4% sur le hub TTF, aggravant les tensions énergétiques.

  • La BCE doit annoncer sa décision de taux en début d'après-midi, avec une hausse d'un quart de point largement anticipée.

  • Le rendement de l'OAT française à 10 ans a franchi 4,3%, un plus haut inédit depuis 2008.

  • Wall Street prolonge sa correction, tandis que plusieurs entreprises françaises publient des résultats semestriels contrastés.

Une préouverture parisienne encore fébrile

Au lendemain d'un repli marqué de près de 2%, le CAC 40 est attendu ce jeudi proche de l'équilibre à l'ouverture de la Bourse de Paris. La nervosité s'est nettement intensifiée dans les salles de marché ces dernières heures, alimentée par l'escalade des hostilités au Moyen-Orient, la flambée des prix de l'énergie et des tensions grandissantes sur le marché obligataire. Les opérateurs parisiens naviguent entre plusieurs fronts simultanés, une configuration rare qui pousse la prudence à dominer les échanges avant l'ouverture.

Le climat reste lourd. Les indices actions européens digèrent encore le choc de la veille, tandis que les regards se tournent déjà vers la Banque centrale européenne, dont la décision de politique monétaire tombera en tout début d'après-midi. Entre géopolitique explosive et calendrier monétaire chargé, la Bourse de Paris avance sur une ligne de crête, où chaque indicateur macroéconomique pèse double.

A lire aussi : L'or franchit un nouveau sommet pendant que les marchés actions s'effondrent sous la panique géopolitique

Le Brent franchit les 100 dollars, l'Iran embrase le marché pétrolier

Le baril de Brent se maintenait ce matin au-dessus des 100 dollars, un niveau qui n'avait plus été observé depuis plusieurs semaines. Le prix a bondi de près de 30% par rapport aux points bas touchés début août, une hausse spectaculaire qui traduit l'ampleur de la panique sur les marchés de l'énergie. Le Corps des gardiens de la révolution islamique a déclaré mercredi avoir tiré des missiles balistiques sur une base militaire en Jordanie utilisée par l'armée américaine, et avoir attaqué dix navires après que les États-Unis ont détruit cinq pétroliers iraniens. L'escalade ne montre, pour l'heure, aucun signe d'accalmie.

Le Wall Street Journal, citant des responsables américains, a rapporté que le conflit avec l'Iran pourrait s'étirer jusqu'à la fin du mandat de Donald Trump, une estimation relayée par la presse américaine et non une annonce officielle. Du côté iranien, un responsable a affirmé que le pays n'avait aucune intention de céder face au blocus naval américain, précisant que les dirigeants considèrent ce conflit comme une menace existentielle. Les difficultés économiques pourraient s'aggraver, a-t-il concédé, sans que cela change la posture de Téhéran.

Le gaz naturel dans la tourmente

Les cours du gaz subissent eux aussi les secousses de cette confrontation. Le contrat de référence néerlandais à échéance la plus proche, coté sur le hub TTF, a grimpé mercredi de plus de 4%, à près de 80 euros par mégawattheure. Cette flambée renchérit directement la facture énergétique des ménages et des industriels européens, à quelques mois d'un hiver dont la couverture en approvisionnement reste scrutée de près par les opérateurs gaziers.

Selon notre expert : Pendant que le pétrole s'envole et que la BCE tremble, l'or et l'argent continuent leur razzia sur l'épargne mondiale

La BCE face à un dilemme entre inflation et flambée obligataire

La décision de politique monétaire de la BCE sera scrutée en tout début d'après-midi. Une nouvelle hausse d'un quart de point des taux directeurs ne fait guère de doute parmi les économistes de marché ; l'incertitude porte davantage sur la trajectoire à venir. La déclaration de Christine Lagarde sera suivie de très près, la présidente de l'institution devant vraisemblablement revenir sur la progression rapide des taux obligataires à travers le monde, l'Europe en tête.

En France, le rendement de l'OAT à 10 ans, référence de la dette nationale, a dépassé 4,3% mercredi soir, un plus haut plus observé depuis le printemps 2008. Aux États-Unis, il faudra patienter jusqu'à la semaine prochaine pour connaître le prochain geste de la Réserve fédérale. L'indice des prix à la production du mois d'août, publié cet après-midi, puis celui des prix à la consommation demain, pourraient redessiner les anticipations des opérateurs. Selon l'outil CME FedWatch, la probabilité d'une hausse d'un quart de point le 16 septembre s'établissait à 60,2%, contre 39,8% pour un statu quo, des probabilités qui évoluent au fil des publications économiques.

Wall Street prolonge sa correction, les valeurs françaises sous surveillance

Wall Street a poursuivi mercredi sa correction entamée la veille, toujours pénalisée par les incertitudes géopolitiques et monétaires. Le Dow Jones a cédé 0,77% à 52 381 points, le S&P 500 a reculé de 0,48% à 7 636 points, et le Nasdaq a abandonné 0,64% à 26 253 points. Cette baisse généralisée illustre la difficulté des investisseurs à se positionner tant que subsiste une double incertitude, géopolitique d'un côté, monétaire de l'autre.

Sur la cote parisienne, plusieurs publications retiennent l'attention. Jacquet Metals affiche des comptes semestriels en nette amélioration, avec un résultat net part du groupe multiplié par plus de trois à 22,5 millions d'euros. TotalEnergies annonce un investissement de 10 milliards de dollars en Angola sur cinq ans. Chargeurs Invest, qui devient Belgrano, dégage un bénéfice net de 24 millions d'euros au premier semestre, porté par la cession de Novacel. HighCo révise légèrement ses objectifs 2026, tandis qu'Eiffage fait également l'objet d'une attention particulière des investisseurs dans ce contexte de marché tendu.

Sources : BDOR - Wall Street Journal - CME Group - Banque centrale européenne

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