CAC 40 : la Bourse de Paris vise un nouveau record porté par la désescalade au Moyen-Orient
Le CAC40 est attendu en hausse mardi après avoir frôlé son record historique. Wall Street s’envole, pétrole et or restent sous surveillance.
Par Trajce KOSTIK
Temps de lecture : 4 minutes

En bref
Le CAC40 est attendu en hausse d’environ 0,4% mardi, après avoir frôlé son record historique à 8 642 points lundi
La désescalade évoquée entre Washington et Téhéran soutient les indices, malgré le démenti iranien
Wall Street a bondi lundi, le Nasdaq gagnant plus de 2%
Le Brent reste sous 90 dollars le baril, l’or fin évolue autour de 4 063 dollars
Bonduelle abaisse ses perspectives de rentabilité, Sanofi et Solutions30 font l’actualité à Paris
Le rapport JOLTS américain et l’emploi de vendredi restent les prochains rendez-vous clés
La Bourse de Paris lorgne un nouveau record historique
Les contrats à terme sur les actions européennes affichent une couleur verte ce mardi matin, dans la continuité d’une séance de lundi particulièrement flatteuse pour les indices du Vieux Continent. Le CAC40 est annoncé en progression d’environ 0,4% à l’ouverture, après avoir frôlé de très près son record absolu la veille, à 8 642 points, selon les données publiées par Euronext Paris. La perspective d’une désescalade au Moyen-Orient, conjuguée à des résultats trimestriels solides publiés de part et d’autre de l’Atlantique, continue de nourrir l’appétit des investisseurs pour les actifs risqués.
Donald Trump a affirmé devant la presse lundi soir que les États-Unis discutent actuellement avec l’Iran, une déclaration immédiatement démentie par Téhéran. Le président américain a qualifié ces échanges de dernière chance avant, selon ses propres termes rapportés par plusieurs agences de presse, la décapitation du régime iranien. Une rhétorique musclée qui n’a pourtant pas empêché les cours pétroliers de rester contenus, le Brent évoluant nettement sous la barre symbolique des 90 dollars le baril. Bruno Schneller, associé gérant chez Erlen Capital Management, résume la situation ainsi : les bénéfices se sont globalement bien maintenus, et les entreprises dotées d’un fort pouvoir de fixation des prix continuent de surperformer. Une lecture qui tranche avec la nervosité géopolitique ambiante, et qui mérite d’être nuancée : les marchés semblent parfois regarder ailleurs que là où le risque se concentre réellement.
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Wall Street signe une séance triomphale
La cote américaine a clôturé lundi sur une note nettement positive, les opérateurs saluant les signaux de désescalade entre Washington et Téhéran. Le Dow Jones a gagné 1,32% pour terminer à 53 178 points, le S&P 500 a progressé de 1,48% à 7 601 points, tandis que le Nasdaq Composite s’est envolé de 2,13% à 25 914 points, selon les chiffres de clôture relayés par Reuters. Ce rebond a coïncidé avec un recul marqué des cours du pétrole et des rendements obligataires, deux baromètres traditionnels de l’aversion au risque.
Le calendrier macroéconomique européen reste quasiment vide ce mardi, ce qui pousse les opérateurs à surveiller de près les publications américaines. Le rapport JOLTS sur les ouvertures de postes du mois de juin, attendu à 16 heures, servira de mise en bouche avant les chiffres mensuels de l’emploi vendredi. Billy Leung, stratégiste en investissement chez Global X Management, résume l’état d’esprit ambiant : les investisseurs attendent surtout des données leur permettant d’anticiper l’orientation des taux, plutôt que de fonder leurs décisions sur des discours. Le rapport sur l’emploi de vendredi constituera, selon lui, le prochain véritable test pour la trajectoire monétaire américaine.
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Les valeurs françaises et européennes sous les projecteurs
Côté publications, la place parisienne reste discrète ce mardi, à l’exception notable de Bonduelle, qui a dévoilé un chiffre d’affaires trimestriel de 548 millions d’euros, en repli de 0,5% en données comparables. Le groupe nordiste anticipe désormais une rentabilité opérationnelle courante légèrement inférieure à sa prévision révisée de 80 millions d’euros, pénalisée par des importations massives de maïs chinois et des pressions sur les prix des marques de distributeurs. Sanofi a de son côté annoncé l’extension d’indication de son vaccin méningococcique MenQuadfi, désormais approuvé par la Commission européenne pour les nourrissons dès six semaines.
Ailleurs, Solutions30 confirme son repositionnement vers les services à l’énergie, en réduisant son exposition au marché mature du déploiement fibre en France, tandis que HRS a signé un partenariat de trois ans avec Baker Hughes autour des infrastructures hydrogène. TF1, enfin, envisagerait selon deux sources citées par Reuters de céder sa filiale Studio TF1 pour une valorisation estimée à environ 400 millions d’euros, dans l’optique de recentrer son activité sur le streaming. En Europe, Bayer, Continental, Hugo Boss, Lufthansa ou HSBC publient également leurs comptes, tandis qu’aux États-Unis, Merck, Pfizer, McDonald’s et SpaceX seront scrutés après le relèvement de guidance de Palantir la veille.
Pétrole et or, baromètres discrets de la tension géopolitique
Le Brent de la mer du Nord, échéance octobre, s’affiche à 84,7 dollars, en hausse de 1%, restant loin des sommets qui avaient accompagné les premières heures de la crise iranienne. L’once d’or fin évolue de son côté autour de 4 063 dollars, en progression de 0,22%, selon les cotations relevées ce mardi matin. L’euro, lui, s’échange près de 1,15 dollar. Ces niveaux traduisent une forme d’attentisme prudent : les investisseurs semblent parier sur une accalmie durable, sans pour autant tourner totalement le dos aux valeurs refuges.
Les analystes de marché continuent de scruter l’évolution de ces deux actifs comme un thermomètre du risque géopolitique. Une remontée durable du pétrole au-delà de 90 dollars le baril raviverait immédiatement les craintes inflationnistes, tandis qu’un repli prolongé de l’or traduirait un retour de confiance généralisé dans les marchés actions. Pour l’instant, la configuration actuelle semble refléter un optimisme mesuré plutôt qu’un emballement spéculatif, ce qui explique la relative stabilité des deux courbes malgré le bruit diplomatique.
Diversifier son épargne face à l’incertitude géopolitique
Les soubresauts diplomatiques autour de l’Iran, tout comme les incertitudes persistantes sur la trajectoire des taux américains, rappellent qu’aucune classe d’actifs n’est à l’abri des retournements brusques. Dans ce climat, un nombre croissant d’épargnants s’intéresse aux investissements alternatifs, à commencer par les métaux précieux. Les lingots d’or, les lingots d’argent et les pièces d’or constituent des supports tangibles, détenus physiquement, qui échappent aux aléas des marchés boursiers et du système bancaire classique.
Contrairement aux produits financiers dématérialisés, la détention physique d’or ou d’argent permet de conserver un contrôle direct sur son épargne, hors du circuit bancaire traditionnel. Cette approche patrimoniale, longtemps perçue comme marginale, retrouve un écho particulier lorsque les tensions internationales, comme celles observées actuellement autour de l’Iran, viennent rappeler la fragilité relative des équilibres économiques mondiaux. Une logique de débancarisation partielle qui séduit ceux qui souhaitent sécuriser une part de leur patrimoine, sans renoncer à la liquidité qu’offrent ces actifs sur le marché physique.
Sources : BDOR - Reuters - Bloomberg - Euronext Paris
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