CAC 40 : la Bourse de Paris mise sur un rebond après la détente des taux obligataires américains
Le CAC 40 tente un rebond après sept séances de baisse, porté par la détente des taux US, entre tensions sur l'Iran et envolée du bitcoin.
Par Enzo BECHER
Temps de lecture : 4 minutes

En bref
Le CAC 40 stagne après sept séances de repli mais espère un rebond grâce à la détente des rendements obligataires américains
Le Trésor américain a annoncé mercredi vouloir doubler ses rachats de dette longue pour calmer les taux, selon Bloomberg
Le rendement à 30 ans américain recule à 5,186 %, celui à 10 ans à 4,641 %, tandis que l'OAT française a dépassé 4,13 %, un plus haut depuis 2008
Donald Trump annonce une guerre économique sans précédent contre l'Iran, faisant grimper le Brent proche de 92 dollars
Le bitcoin bondit de près de 8 % à 69 390 dollars après un appel de Trump au Congrès en faveur d'une loi sur les cryptomonnaies
Un marché parisien en quête de rebond après sept séances de repli
Le CAC 40 n'avance plus. Sept séances consécutives de repli, un record qui commence à peser sur le moral des salles de marché parisiennes. Les contrats futures évoluent ce jeudi matin dans un mouchoir de poche, reflet d'un indice privé de catalyseur domestique depuis plusieurs jours. L'espoir d'un sursaut ne vient pourtant pas de Paris, mais d'un mouvement amorcé outre-Atlantique sur le marché obligataire.
La détente des rendements américains change la donne. Le Trésor américain a annoncé mercredi son intention de doubler ses rachats de dette à long terme, une décision destinée à freiner l'envolée des taux dans un contexte de dépenses publiques croissantes et de craintes inflationnistes liées au conflit au Moyen-Orient. Le rendement de l'obligation à 30 ans cède 0,5 point de base à 5,186 %, après un repli de neuf points de base la veille, selon les données publiées par Bloomberg le 20 août 2025. Celui de l'échéance à 10 ans recule dans des proportions comparables, à 4,641 %.
Interrogé par Bloomberg, Gerald Gan, directeur des investissements chez Reed Capital, tempère l'enthousiasme : « Ce rachat m'indique que le Trésor américain est très préoccupé par les coûts d'emprunt à long terme. Tout comme pour les interventions sur le yen japonais, l'effet sera temporaire et ces rachats ne pourront pas se prolonger indéfiniment. » En France, l'OAT à dix ans a touché mercredi son plus haut niveau depuis 2008, au-delà de 4,13 %, un rappel que la détente reste, pour l'instant, largement importée.
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Tensions au Moyen-Orient : le pétrole, l'or et le bitcoin s'agitent
Le baril de Brent grimpe légèrement, proche des 92 dollars, alors que Donald Trump a promis une opération de guerre économique sans précédent contre l'Iran. Le président américain reproche à Téhéran d'avoir laissé filer l'occasion de conclure un accord et prévient, dans une publication sur les réseaux sociaux : « Il s'agira d'une guerre économique et d'un isolement d'une ampleur sans précédent. Tout pays permettant à ses institutions financières, entreprises, aéroports ou entités gouvernementales d'offrir une quelconque bouée de sauvetage à l'Iran s'exposera lui-même à des conséquences économiques considérables. » Le trafic dans le détroit d'Ormuz illustre déjà cette pression : neuf navires seulement ont emprunté cette voie stratégique mercredi, selon les données publiées par Kpler.
L'or, valeur refuge par excellence, recule de 0,6 % autour de 4 490 dollars l'once après avoir atteint son plus haut niveau depuis début juin. Le bitcoin, lui, s'envole de près de 8 % à 69 390 dollars, porté par l'appel de Donald Trump au Congrès à adopter un projet de loi clé sur les cryptomonnaies, alors que la Maison Blanche recevait plusieurs dirigeants du secteur. L'euro se stabilise face au dollar à 1,168 dollar, après sa forte hausse de la veille. Ce grand écart entre actifs numériques en ébullition et matières premières nerveuses résume assez bien l'état d'esprit des marchés cette semaine : personne ne sait vraiment sur quel pied danser.
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Wall street retrouve des couleurs, les valeurs à suivre à Paris
Wall Street a terminé la séance de mercredi sur un léger rebond, porté par la même détente obligataire. Le rendement du Trésor à 30 ans est revenu à 5,18 %, après avoir inscrit des sommets vieux de dix-neuf ans, tandis que le 10 ans s'est tassé à 4,64 %. Le Nasdaq grappille 0,16 % à 26 331 points, le S&P 500 grimpe de 0,21 % à 7 700 points et le Dow Jones avance de 0,22 % à 53 463 points. Ce jeudi, les investisseurs surveilleront les inscriptions hebdomadaires au chômage de la semaine close le 15 août, l'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie et l'indice des indicateurs avancés du Conference Board pour juillet, ainsi que les résultats de Walmart, baromètre incontournable de la consommation américaine.
Côté valeurs françaises, l'actualité reste étroite mais quelques dossiers méritent l'attention. GTT a décroché une commande de HD Korea Shipbuilding & Offshore Engineering pour concevoir les cuves de deux méthaniers destinés à l'armateur Tsakos Energy Navigation, avec une livraison prévue d'ici le premier trimestre 2029. Claranova, via sa division Avanquest, a signé un accord de distribution avec Vertosoft, lui ouvrant l'accès au portefeuille de contrats gouvernementaux américains. Transgène, enfin, restera scrutée après la vive hausse de mercredi dans le sillage des annonces de Moderna sur les biotechs.
Face à l'incertitude, le réflexe des valeurs refuges
Taux qui grimpent, pétrole sous tension géopolitique, cryptomonnaies en montagnes russes : le cocktail actuel n'a rien de rassurant pour qui cherche à protéger son épargne sur la durée. Cette accumulation de signaux contradictoires pousse mécaniquement une partie des épargnants vers des actifs tangibles, moins dépendants des annonces de banques centrales ou des tweets présidentiels.
L'acquisition de lingots d'or, de pièces d'or ou d'argent physique reste perçue par de nombreux épargnants comme une manière concrète de sortir une part de leur patrimoine du système bancaire classique, dans une logique de débancarisation et de diversification. Ce choix ne dispense évidemment pas d'une analyse rigoureuse du contexte macroéconomique, mais il illustre une tendance de fond : face à des marchés obligataires sous tension et des devises numériques imprévisibles, la tentation du concret n'a jamais paru aussi forte.
Sources : BDOR - Bloomberg - Kpler - US Treasury Department
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