Les comptes de Trump fermés par une grande banque après un examen lié au blanchiment d’argent
Capital One affirme avoir fermé 300 comptes Trump pour soupçons de blanchiment, écartant tout motif politique.
Par Enzo BECHER
Temps de lecture : 3 minutes

En bref
Capital One affirme pour la première fois que la fermeture de plus de 300 comptes liés à Donald Trump résulte d'un examen des risques de blanchiment d'argent
La banque dément toute motivation politique et évoque le respect de ses procédures internes de conformité
Les fermetures remontent à la période suivant l'assaut du Capitole du 6 janvier 2021
Deutsche Bank avait déjà rompu avec Trump sans jamais expliciter publiquement ses raisons
La popularité de Trump recule alors que la guerre en Iran et la hausse des prix du carburant pèsent sur son mandat
Une révélation inédite de Capital One
Pour la première fois depuis l'ouverture du dossier, Capital One sort du silence. Selon un document déposé vendredi devant la justice américaine et rapporté par Reuters le 3 août 2026, la banque affirme que la fermeture de plus de 300 comptes liés à Donald Trump et à ses sociétés découle d'un examen approfondi des risques présumés de blanchiment d'argent, et non d'une quelconque hostilité politique.
La décision remonte à la période qui a suivi l'assaut du Capitole, le 6 janvier 2021, un moment où plusieurs institutions financières ont réévalué leurs relations avec l'ancien président. Capital One précise que les transactions observées appartenaient à des catégories que la réglementation bancaire américaine soumet systématiquement à un contrôle renforcé, sans pour autant qualifier ces opérations de criminelles. L'organisation Trump avait accusé la banque d'avoir agi par animosité idéologique ; Capital One rétorque que ces accusations reposent sur des citations sorties de leur contexte complet.
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Le climat politique déjà tendu pour Trump
Cette affaire bancaire s'ajoute à une liste déjà longue de dossiers embarrassants pour Donald Trump. L'accord conclu l'an dernier avec le président finlandais Alexander Stubb, portant sur la commande de onze brise-lames pour les États-Unis, s'avère aujourd'hui à la fois illégal et sans réelle utilité opérationnelle pour la marine américaine.
Sur le plan électoral, la situation ne s'arrange pas. Sa popularité auprès des électeurs américains atteint des niveaux historiquement bas, une tendance accentuée par la guerre contre l'Iran et la flambée des prix du carburant, deux dossiers qui pèsent lourdement à l'approche des élections de mi-mandat prévues cet automne. Trump a tenté d'apaiser les tensions internationales : après ses entretiens de ce week-end avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, il a promis qu'il n'y aurait plus d'attaques contre l'Iran, du moins dans l'immédiat. Une trêve fragile qui n'efface pas les difficultés accumulées sur le front intérieur.
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Capital One défend sa conformité et fait figure de précédent
La banque insiste sur un point : elle n'accuse à aucun moment la Trump Organization de blanchiment d'argent ou d'une quelconque infraction pénale. Sa position distingue clairement l'examen des risques de toute accusation formelle. Capital One qualifie les accusations de motivation politique d'« inexactes » et de « fondées sur des citations choisies de manière sélective qui manquent de soutien dans leur contexte complet ».
Jamais auparavant une grande banque n'avait publiquement associé sa rupture avec la Trump Organization à un examen interne des risques de blanchiment d'argent. D'autres établissements, dont Deutsche Bank, avaient déjà mis fin à leurs relations commerciales avec Donald Trump et ses sociétés, sans jamais détailler publiquement les motifs concrets de ces décisions. Cette transparence inédite pourrait créer un précédent dans un secteur bancaire habituellement discret sur ses relations avec les personnalités politiques les plus scrutées. Elle expose aussi la banque à un risque réputationnel, quel que soit le camp politique qui interprète l'affaire.
L'or et l'argent, refuges face à l'incertitude bancaire
Ces turbulences autour des comptes bancaires d'une personnalité aussi influente rappellent que le système financier traditionnel reste exposé à des décisions institutionnelles parfois imprévisibles. Nombre d'épargnants cherchent désormais à diversifier leur patrimoine hors du circuit bancaire classique.
Les lingots d'or, les pièces d'or et l'argent physique demeurent des solutions privilégiées pour sécuriser une partie de son épargne tout en limitant sa dépendance envers les établissements bancaires. Cette logique de débancarisation partielle séduit un nombre croissant de particuliers soucieux de protéger leur capital contre les aléas réglementaires ou politiques susceptibles d'affecter leurs comptes traditionnels.
Contrairement à un compte bancaire, un lingot ou une pièce d'or conservée physiquement échappe aux décisions unilatérales d'un établissement financier. Cette caractéristique explique l'attrait persistant de ces actifs tangibles auprès des investisseurs qui privilégient la maîtrise directe de leur épargne plutôt que sa dépendance à des intermédiaires financiers.
Sources : BDOR - Reuters - Capital One
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