Voitures électriques : l’État envisagerait une taxe au kilomètre qui pourrait changer la donne
Le Royaume-Uni taxe déjà les voitures électriques au kilomètre dès 2028. La France pourrait suivre pour compenser la perte des taxes carburant.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 3 minutes

Sommaire
En bref
Le Royaume-Uni instaurera dès avril 2028 une taxe kilométrique d’environ 2,2 centimes d’euro par kilomètre pour les véhicules électriques
La fiscalité sur les carburants rapporte près de 40 milliards d’euros par an à l’État français
Les voitures électriques représentent encore moins de 4% du parc automobile roulant en France selon Automobile Propre
Une taxe prélevée via le compteur Linky est évoquée par l’association Mobilité Club, pour une facture estimée entre 300 et 330 euros par an
Le précédent britannique qui inspire l’exécutif français
Le Royaume-Uni a tranché. Selon les annonces du gouvernement britannique relayées par la presse spécialisée en août 2026, une taxe kilométrique s’appliquera dès avril 2028 aux véhicules électriques, fixée à environ 2,2 centimes d’euro par kilomètre parcouru, contre 1,2 centime pour les hybrides rechargeables. L’objectif affiché consiste à compenser la baisse mécanique des recettes issues des taxes sur le carburant, qui financent jusqu’ici l’entretien du réseau routier britannique.
Cette décision outre-Manche résonne particulièrement en France, deuxième pays le plus taxé de la zone OCDE selon les comparatifs habituels de l’organisation. Aucun texte de loi ni débat parlementaire n’a encore été ouvert sur le sujet dans l’Hexagone, mais la problématique budgétaire reste rigoureusement identique des deux côtés de la Manche. Yves Carra, porte-parole de l’association Mobilité Club, s’est exprimé sur LCI en estimant qu’il ne fallait pas se faire d’illusions quant à l’avenir fiscal des conducteurs électrifiés.
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Un manque à gagner colossal pour les caisses de l’État
La fiscalité sur les carburants rapporte traditionnellement près de 40 milliards d’euros chaque année au budget national, une somme qui finance directement l’entretien des routes et diverses infrastructures publiques. Les ventes de voitures électriques progressent, certes, mais elles ne représentent encore que moins de 4% du parc automobile roulant en France, selon les données publiées par Automobile Propre. L’urgence budgétaire n’est donc pas immédiate pour Bercy.
Le calcul reste implacable sur le moyen terme. À mesure que le parc électrique grossira, chaque véhicule supplémentaire représentera un manque à gagner net pour l’État, sans compensation équivalente venue d’ailleurs. Les responsables politiques devront tôt ou tard arbitrer entre attractivité de la transition énergétique et équilibre des comptes publics, un dilemme que le Royaume-Uni a visiblement choisi de trancher en premier.
Le compteur Linky, piste sérieuse évoquée par les experts
Plusieurs mécanismes circulent déjà dans le débat public français, sans qu’aucun ne soit acté à ce stade. L’imposition kilométrique façon britannique constitue une option logique, mais Yves Carra a évoqué sur LCI une alternative technique consistant à prélever une taxe voiture électrique directement via le compteur Linky, sur la base de la consommation dédiée à la recharge. Le dispositif se heurte pour l’instant à des difficultés d’identification technique, notamment pour distinguer la recharge automobile de la consommation domestique classique.
Selon notre expert : Pendant que les marchés s’affolent sur les métaux précieux, une nouvelle taxe se dessine discrètement pour les conducteurs électriques
Quel montant pour les automobilistes électriques ?
Pour un conducteur français parcourant en moyenne 11 000 kilomètres par an, une taxe kilométrique calquée sur le modèle britannique se traduirait par une facture annuelle supplémentaire comprise entre 300 et 330 euros. Un montant qui viendrait s’ajouter aux coûts déjà supportés par les ménages, alors même que l’achat d’un véhicule électrique reste soutenu par des dispositifs comme le leasing social 2026 ou les aides directes à l’acquisition.
Préserver la transition énergétique sans casser la dynamique
L’exécutif devra manier l’outil fiscal avec une prudence certaine. Trop taxer les véhicules électriques reviendrait à saborder les efforts engagés depuis des années pour encourager les Français à abandonner le thermique, tout en fragilisant les constructeurs tricolores qui investissent massivement dans cette mutation industrielle. L’équation reste délicate à résoudre : financer les routes sans décourager la transition, un exercice d’équilibriste dont le Royaume-Uni vient tout juste de dévoiler la première copie.
Sécuriser son épargne face à la pression fiscale croissante
La multiplication des taxes annoncées ou envisagées, qu’il s’agisse de la fiscalité automobile ou d’autres prélèvements à venir, pousse un nombre grandissant de Français à s’interroger sur la protection de leur épargne. Les métaux précieux constituent depuis longtemps une valeur refuge reconnue face à l’instabilité fiscale et monétaire. Détenir des lingots d’or, des lingots d’argent ou des pièces d’or physiques permet de sortir une partie de son patrimoine du système bancaire traditionnel, dans une logique de débancarisation et de diversification, loin des annonces fiscales successives qui rythment l’actualité budgétaire française.
Sources : BDOR - Automobile Propre - LCI - Mobilité Club
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