Chasse et incendies : malgré 500 000 signataires, le gouvernement ferme la porte à une interdiction
Près de 500 000 personnes réclament l’arrêt de la chasse dans les forêts incendiées. L’État refuse un moratoire national et laisse agir les préfets.
Par Victor KOSTIK
Temps de lecture : 4 minutes

En bref
La pétition « Pas de fusils sur les cendres » dépassait 485 000 signatures le 5 septembre 2026.
Ses auteurs réclament trois années sans chasse dans les massifs incendiés et des périmètres de protection autour des zones brûlées.
Le gouvernement écarte pour l’heure un moratoire applicable à toute la France et privilégie des décisions départementales.
Au 1er septembre, 23 départements avaient déjà restreint la chasse.
Dans plusieurs secteurs incendiés du Var, une interdiction d’un an entrera en vigueur le 13 septembre, avec une exception pour les battues au sanglier.
Près d’un demi-million de signatures et, face à cette mobilisation, une ligne gouvernementale qui ne bouge pas. Après les incendies de l’été 2026, la chasse dans les zones incendiées devient l’un des dossiers environnementaux les plus conflictuels de la rentrée. Derrière l’affrontement entre associations et chasseurs se trouve une interrogation très concrète : faut-il appliquer la même règle partout, ou laisser les préfets apprécier l’état réel de chaque territoire ?
Près de 500 000 personnes demandent trois années de répit
Lancée le 14 juillet 2026 sur Change.org, la pétition « Pas de fusils sur les cendres » réclame une interdiction totale de la chasse dans les massifs incendiés, accompagnée d’un périmètre de protection et d’un moratoire d’au moins trois ans. Le texte avait franchi 485 000 signatures le 5 septembre, selon un décompte rapporté par Le Monde le 6 septembre 2026. La plateforme Change.org confirme que la mobilisation vise directement le président de la République et le Premier ministre.
L’argument avancé est écologique : les animaux ayant échappé aux flammes doivent composer avec la disparition d’abris, de ressources alimentaires et de points d’eau. L’ASPAS avait déjà saisi 44 préfets le 17 août 2026 pour demander des suspensions dans les territoires touchés par les incendies, la sécheresse et les épisodes de chaleur. L’association indiquait alors que la pétition dépassait 442 000 signatures.
Trois ans constituent pourtant une durée réclamée par les pétitionnaires, et non une durée scientifiquement ou réglementairement imposée à l’échelle nationale. Cette distinction compte. La reconstitution d’un écosystème varie selon l’intensité du feu, les espèces présentes, la disponibilité en nourriture et l’étendue des surfaces détruites. Une interdiction uniforme a l’avantage de la lisibilité ; elle risque aussi d’ignorer des situations très différentes.
Le gouvernement choisit les préfets plutôt qu’une interdiction nationale
L’exécutif assume une autre méthode. Mathieu Lefèvre, ministre délégué à la Transition écologique, a indiqué début septembre que le gouvernement privilégiait la « confiance au terrain », jugeant qu’une mesure identique pour tous les départements ne répondrait pas suffisamment aux réalités locales, selon les déclarations rapportées par Le Monde le 6 septembre 2026. Au 1er septembre, 23 départements avaient déjà restreint la chasse durant l’été.
Cette position repose sur un outil juridique déjà existant. L’article R.424-3 du Code de l’environnement, dans sa version en vigueur en septembre 2026 publiée par Légifrance, autorise un préfet à suspendre la chasse dans tout ou partie de son département lorsqu’un incendie risque de provoquer ou favoriser la destruction du gibier. La mesure peut concerner toutes les espèces ou seulement certaines d’entre elles. Les suspensions prévues par cet article sont prononcées pour dix jours maximum et peuvent être renouvelées.
Le choix du cas par cas n’équivaut donc pas à l’absence d’intervention publique. Mais politiquement, la différence est forte. Une interdiction nationale aurait une portée symbolique immédiate. Le système actuel transfère l’essentiel de l’arbitrage vers les départements, avec le risque de voir apparaître des règles très différentes entre deux territoires pourtant touchés par des feux comparables.
Le Var suspend la chasse pendant un an dans plusieurs secteurs brûlés
Le Var donne une idée concrète de cette gestion territoriale. Dans un arrêté publié début septembre, le préfet a interdit toute action de chasse pendant un an à compter du 13 septembre 2026 sur les surfaces boisées incendiées de neuf communes touchées notamment par les feux du Gros Bessillon et des Arcs-Taradeau. La préfecture explique que cette décision doit favoriser le repeuplement du petit gibier. Une exception subsiste : les battues au sanglier restent autorisées en raison des dégâts provoqués dans les exploitations agricoles voisines.
L’ampleur des destructions éclaire la décision. La préfecture du Var indiquait le 19 août 2026 que l’incendie du Gros Bessillon avait parcouru 6 300 hectares et brûlé 5 700 hectares, mobilisant plus de 11 000 sapeurs-pompiers et 3 800 largages aériens avant son extinction. La protection de la faune se heurte ici à d’autres impératifs locaux : dégâts agricoles, gestion des populations animales et équilibre économique des territoires ruraux.
Le débat est désormais franchement politique. Les associations souhaitent davantage de précaution, tandis que la Fédération nationale des chasseurs soutient une gestion locale plutôt qu’un moratoire général. La mobilisation autour de la pétition rend malgré tout difficile l’idée d’un retour à la normale immédiat. Près de 500 000 soutiens ne créent aucune obligation juridique pour l’exécutif, mais ils donnent au dossier un poids public que le gouvernement devra continuer à justifier.
Pour les épargnants, les incendies, les tensions géopolitiques et les incertitudes monétaires rappellent aussi l’intérêt d’une diversification patrimoniale hors des seuls supports bancaires. Certains choisissent une part de lingots d’or, de lingots d’argent ou de pièces d’or détenus directement, dans une logique de débancarisation partielle et de sécurisation de l’épargne. Cette stratégie ne supprime ni le risque de fluctuation ni les contraintes de conservation, mais elle permet de détenir une fraction de son patrimoine sous forme d’actifs physiques.
Sources : BDOR
Prenez en main votre patrimoine : que faire maintenant ?
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