Le cours de l'argent : la correction sous 67 dollars annonce-t-elle un test à 63,30 dollars ?
Le cours de l’argent recule sous 64,50 dollars après un rejet à 66,60 dollars, entre tensions Iran-USA et Fed plus ferme.
Par Victor KOSTIK
Temps de lecture : 4 minutes

Sommaire
En bref
L’once d’argent recule sous 64,50 dollars après avoir buté contre une résistance à 66,60 dollars
Les négociations Iran-USA sur le détroit d’Ormuz restent bloquées, ce qui pousse le pétrole à la hausse
Beth Hammack, présidente de la Fed de Cleveland, évoque des hausses de taux supplémentaires face à l’inflation
Le support technique clé se situe à 63,30 dollars, avec un objectif baissier vers 61,00 dollars en cas de cassure
Une résistance majeure attend l’argent vers 71,38 dollars, au niveau de la moyenne mobile à 200 jours
Les investisseurs guettent la publication du CPI américain de mercredi pour confirmer la trajectoire de la Fed
Repli sous 64,50 dollars après le rejet des 66,60 dollars
L’once d’argent (XAG/USD) a entamé mardi une phase de correction, retombant sous le seuil des 64,50 dollars après avoir buté, la veille, contre une résistance située autour de 66,60 dollars, un plus haut inédit depuis sept semaines. Ce repli intervient alors que le climat sur les marchés se durcit, les négociations de paix entre les États-Unis et l’Iran s’enlisant sans perspective d’accord immédiat.
Le regain de prudence profite mécaniquement au dollar américain, qui retrouve son statut de valeur refuge face à l’incertitude géopolitique. L’argent, coté en dollars, subit directement cette dynamique : chaque once perd de sa valeur relative lorsque le billet vert se raffermit. Les cambistes surveillent également les déclarations des responsables de la Réserve fédérale, dont le ton plus ferme complique la tâche des acheteurs de métal blanc.
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Le blocage du détroit d’Ormuz et la Fed alimentent la nervosité
L’impasse entre Washington et Téhéran sur la réouverture du détroit d’Ormuz écarte, pour l’instant, l’hypothèse d’un compromis rapide. Ce goulot d’étranglement stratégique, par lequel transiterait environ un cinquième du pétrole mondial selon l’Agence internationale de l’énergie, pousse les cours du brut vers le haut et ravive les craintes inflationnistes chez les opérateurs de marché.
Beth Hammack, présidente de la Réserve fédérale de Cleveland, a affirmé lundi que la politique monétaire actuelle « ne pénalise pas l’économie » et que la banque centrale devra probablement relever ses taux plus d’une fois pour ramener l’inflation vers sa cible de 2%. Ces propos ont ravivé les anticipations d’un resserrement en septembre, même si les investisseurs préfèrent attendre la publication de l’indice des prix à la consommation américain, prévue mercredi par le Bureau of Labor Statistics, avant de trancher définitivement.
Ce faisceau d’informations crée un environnement contradictoire pour l’argent. D’un côté, l’inflation attendue plaide pour une détention d’actifs tangibles. De l’autre, des taux plus élevés renchérissent le coût d’opportunité de détenir un métal qui ne verse aucun rendement. C’est précisément cet arbitrage que le marché tente de résoudre depuis le début de la semaine.
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Support à 63,30 dollars, le niveau à ne pas franchir
XAG/USD a atteint l’objectif théorique de sa figure haussière en épaule-tête-épaule autour de 67,00 dollars, avant d’entamer sa correction vers le milieu de la fourchette des 64 dollars. Sur le graphique journalier, les indicateurs de momentum se sont détendus sans pour autant basculer en zone baissière : le Relative Strength Index évolue près de 60, et le MACD reste positionné au-dessus de zéro.
Vers un test des 61 dollars ?
L’ancienne résistance, devenue support, se situe désormais autour de 63,30 dollars. Une cassure confirmée sous ce palier orienterait les regards vers les plus bas des 6 et 7 août, proches de 61,00 dollars, avant la ligne de cou de la figure technique désormais brisée, autour de 51,55 dollars. À la hausse, la résistance immédiate se dresse à 67,17 dollars, plus haut de deux mois, avant un obstacle plus sérieux formé par la moyenne mobile simple à 200 jours, à 71,38 dollars, et les sommets de mi-juin proches de 71,50 dollars.
L’argent, entre statut refuge et matière première industrielle
Contrairement à l’or, l’argent conjugue deux identités. Il conserve un rôle de valeur refuge en période d’instabilité géopolitique, mais son usage industriel, notamment dans l’électronique ou les panneaux solaires, pèse tout autant sur ses cours. Sa conductivité électrique, supérieure à celle du cuivre et de l’or, en fait un composant recherché par les fabricants chinois et américains, dont l’appétit conditionne une partie non négligeable de la demande mondiale.
Le ratio or/argent, qui mesure le nombre d’onces d’argent nécessaires pour équivaloir à une once d’or, reste un outil de lecture apprécié des investisseurs. Un ratio élevé traduirait une sous-valorisation relative de l’argent, tandis qu’un ratio faible suggérerait l’inverse. Cette mécanique explique pourquoi l’argent suit, avec un temps de retard et une volatilité accrue, les mouvements de l’or.
Sécuriser son épargne avec les métaux précieux physiques
Face à cette volatilité entretenue par les tensions géopolitiques et les arbitrages de politique monétaire, une partie des épargnants se tourne vers les métaux précieux physiques pour diversifier leur patrimoine hors du système bancaire traditionnel. Les lingots d’or, les lingots d’argent et les pièces d’or constituent, pour beaucoup, un moyen concret de débancarisation partielle de leur épargne, à l’abri des soubresauts des marchés financiers et des décisions des banques centrales. Cette approche patrimoniale ne dispense pas d’une analyse rigoureuse des points d’entrée, tant les niveaux techniques évoqués plus haut montrent combien les cours peuvent fluctuer sur de courtes périodes.
Sources : BDOR - Réserve fédérale de Cleveland - Bureau of Labor Statistics (BLS) - Agence internationale de l’énergie (AIE)
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