L'argent recule de 3,7% sur une semaine, deux semaines de baisse d'affilée
L'argent cède 3,7% sur la semaine et 3,5% sur un mois, pénalisé par un dollar fort et des taux réels attractifs, malgré une hausse de 7,4% sur trois mois.
Par Maxime TEUTSCH
Temps de lecture : 5 minutes

En bref
L'argent recule de 3,7% sur la semaine, après un repli de 1,9% la semaine précédente
Le métal perd 3,5% sur un mois, mais progresse encore de 7,4% sur trois mois
Un dollar plus fort et des taux obligataires autour de 4% pèsent sur les prix
L'euro recule face au dollar, ce qui limite la baisse de l'argent coté en euros
Pour un détenteur physique, la tendance sur trois mois reste positive malgré le passage à vide récent
Une semaine qui referme sur un repli de 3,7% pour l'argent
Nos relevés affichent une progression de 1,9% depuis l'ouverture de lundi, l'once d'argent étant passée de 1,715 euro le gramme à 1,748 euro ce vendredi matin [2026-10-02]. Lu ainsi, la semaine ressemble à une respiration positive. Elle ne l'est pas. Comparée à la semaine précédente, l'argent recule de 3,7%, un repli qui succède à un autre repli de 1,9% la semaine d'avant. Deux semaines consécutives dans le rouge, voilà ce que racontent nos chiffres une fois qu'on les remet dans leur bon référentiel.
L'amplitude de la semaine reste contenue à 2,0%, entre un plus bas à 1,715 et un plus haut à 1,748. Rien d'un décrochage brutal, donc, mais un glissement régulier qui s'ajoute à un mois déjà négatif de 3,5%. Sur l'or, le constat est comparable mais moins sévère : -1,2% sur sept jours, -1,8% sur un mois. L'écart entre les deux trajectoires est le vrai sujet de cette semaine.
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Le ratio or argent se tend à 68,4 onces
Le ratio or argent, qui mesure combien d'onces d'argent il faut pour acheter une once d'or, grimpe à 68,4 ce vendredi contre 67,2 il y a un mois, soit une hausse de 1,8%. Un ratio qui monte signifie que l'argent décroche par rapport à l'or, exactement ce que montrent les variations hebdomadaires des deux métaux cette semaine.
Mais le recul sur l'instantané cache une réalité plus nuancée sur trois mois : l'argent progresse de 7,4%, contre 5,8% pour l'or. L'argent reste donc en avance sur l'horizon long, malgré un passage à vide sur les quatre dernières semaines. C'est la double nature de ce marché qui explique ce grand écart entre le court et le moyen terme : usage monétaire d'un côté, demande industrielle (photovoltaïque, électronique) de l'autre, qui amplifie chaque mouvement dans les deux sens.
Dollar fort, taux réels positifs, les deux forces qui pèsent sur l'argent
Le Dollar Index progresse de 0,72% sur les dernières 24 heures, pendant que l'euro recule à 1,126 dollar, en repli de 0,56%. L'argent se cote en dollars sur les marchés mondiaux : un dollar plus fort tend mécaniquement à freiner les prix en devise américaine, mais l'affaiblissement simultané de l'euro amplifie la conversion en euros, ce qui explique pourquoi la cotation en euros tient mieux que ne le suggérerait la seule force du billet vert.
Du côté des taux, rien n'a bougé depuis la mi-septembre : le taux directeur de la BCE reste à 2,65%, la facilité de dépôt à 2,5%, l'OAT à 10 ans autour de 4%. Un placement obligataire qui rapporte encore plus de 4% par an face à un métal qui ne verse aucun coupon, c'est ce coût d'opportunité permanent qui pèse sur l'argent davantage que sur l'or, car l'argent reste plus sensible aux anticipations de demande industrielle, donc aux cycles de taux. Le pétrole, lui, reste quasi stable à 92,69 dollars le baril (+0,10%), signe que la pression ne vient pas de l'énergie cette semaine.
Ce que ce recul change pour un détenteur d'argent physique
Pour un épargnant qui détient de l'argent physique, la lecture à retenir n'est pas celle de la séance mais celle des trois horizons empilés : une semaine négative de 3,7%, un mois négatif de 3,5%, mais trois mois positifs de 7,4%. Un portefeuille constitué avant l'été reste en territoire largement positif, même après ce passage à vide récent. C'est la différence entre réagir à une semaine et juger une position sur sa durée réelle de détention.
Le risque, pour nous, serait de surinterpréter un ratio or argent qui monte comme une indication d'achat mécanique sur l'argent. Ce raisonnement se vérifierait si le dollar se retournait et si la demande industrielle reprenait, deux conditions qui effaceraient le décrochage actuel plus vite que pour l'or. Il serait pris en défaut si, à l'inverse, le dollar continuait de monter et si les taux réels restaient durablement attractifs : l'écart entre les deux métaux se creuserait alors davantage, et la surperformance de l'argent sur trois mois pourrait s'effriter à son tour.
Les risques à surveiller la semaine prochaine
Trois variables méritent d'être suivies. D'abord la trajectoire du Dollar Index : une poursuite de la hausse entretiendrait la pression sur l'argent en dollars, avec un effet amplifié en euros si la paire EUR/USD continue de se replier. Ensuite le niveau des taux réels en zone euro, qui n'a pas changé depuis la mi-septembre mais dont la prochaine communication de la BCE pourrait modifier les anticipations. Enfin le ratio or argent lui-même : s'il continue de grimper au-delà de 68,4, cela confirmera un décrochage qui dépasse le simple bruit de marché hebdomadaire.
Rien dans nos relevés n'indique un renversement imminent, mais rien n'exclut non plus qu'il survienne. C'est tout l'enjeu d'une lecture hebdomadaire : elle montre une tendance, elle ne prédit pas la semaine suivante.
Sources : BDOR
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