L'euro touche un plus bas annuel face au dollar avant les chiffres américains
L'euro recule à son plus bas niveau annuel face au dollar, avant un rebond technique en attendant des indicateurs américains décisifs.
Par Enzo BECHER
Temps de lecture : 5 minutes

En bref
L'euro a enchaîné quatre séances de baisse face au dollar depuis le 28 septembre
La paire EUR/USD a touché jeudi un plus bas annuel à 1,1215 dollar
Un léger rebond technique ramène l'euro vers 1,126 dollar ce vendredi matin
Le Dollar Index a atteint un sommet depuis plus d'un an avant de se détendre
Des déclarations de responsables de la Fed entretiennent la volatilité de la paire
Les prix à la consommation de la zone euro attendus ce vendredi pourraient influencer la tendance
Une semaine à sens unique pour l'euro, puis un sursaut technique
La monnaie unique termine une semaine difficile. Depuis lundi 28 septembre, l'EUR/USD a enchaîné quatre séances de baisse consécutives, jusqu'à toucher jeudi 1er octobre un plus bas annuel à 1,1215 dollar. Ce vendredi matin, la paire se reprend légèrement en échanges asiatiques, remontant vers 1,1253 dollar, avant de revenir à 1,126 dollar selon notre dernier relevé en temps réel, soit un repli de 0,56 % sur vingt quatre heures malgré ce rebond technique.
En face, le Dollar Index a culminé jeudi à 102,20 points, un sommet qui n'avait plus été atteint depuis plus d'un an, avant de redescendre à 101,93 points ce vendredi, en hausse de 0,72 % sur une journée glissante. Cette configuration raconte une semaine où le billet vert a dominé sans partage jusqu'à ce que des prises de profits apparaissent, à quelques heures d'une publication américaine jugée décisive. L'écart entre le plus bas de jeudi et le niveau de ce matin reste modeste : la tendance de fond n'est pas remise en cause par un simple sursaut.
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Le mécanisme, étape par étape
L'or se négocie en dollars sur les marchés mondiaux. Quand l'euro recule face au billet vert, comme cette semaine avec une variation hebdomadaire de -1,2 % selon nos mesures, un acheteur en zone euro doit débourser davantage d'euros pour acquérir la même quantité de dollars, et donc la même quantité d'or, même si le prix en dollars ne bouge pas d'un centime. C'est un effet de change pur, qui s'ajoute ou se soustrait à l'évolution propre du métal sur les marchés américains.
Or cette semaine, les deux effets se sont cumulés plutôt qu'annulés. Nos relevés montrent que l'or coté en euros est passé de 119,50 euros le gramme déjà au plus haut de la semaine depuis une ouverture lundi à 116,36 euros, soit une progression de 2,7 % sur ces cinq séances. Ce chiffre dépasse largement ce qu'une dépréciation de l'euro de -1,2 % pourrait expliquer à elle seule : cela signifie que le prix du métal en dollars a lui aussi grimpé sur la période, et que la faiblesse de l'euro n'a fait qu'amplifier un mouvement déjà haussier à la source. Pour un épargnant français qui surveille le gramme en euros, la distinction compte : une partie de la hausse vient du métal, une autre vient uniquement du taux de change, et les deux ne se répercutent jamais à l'identique d'un jour à l'autre.
La corrélation dollar or montre ses limites cette semaine
La règle habituelle veut qu'un dollar fort pèse sur l'or, puisque le métal devient plus coûteux pour les acheteurs hors zone dollar et que la demande s'en trouve freinée. Cette semaine contredit partiellement ce schéma : le Dollar Index a grimpé à son plus haut niveau depuis plus d'un an jeudi, au moment même où l'or restait proche de ses sommets récents. La lecture mécanique simple ne suffit donc pas à expliquer le comportement du métal sur cette période.
Plusieurs explications coexistent sans qu'aucune ne s'impose seule. Des achats de refuge peuvent profiter simultanément au dollar et à l'or si l'incertitude domine les marchés. Les déclarations de responsables de la Fed, comme celles de la présidente de la Fed de Dallas Lorie Logan évoquant jeudi la nécessité d'au moins un demi point supplémentaire de resserrement monétaire pour ramener l'inflation sur sa trajectoire cible, entretiennent aussi une volatilité propre à chaque actif. Si cette lecture du jour devait s'avérer fausse, ce serait précisément parce qu'un de ces facteurs, refuge, anticipations de taux ou positionnement technique, aurait pris le dessus sur le simple rapport de change.
Les publications de ce vendredi peuvent rebattre les cartes
Deux rendez-vous structurent la journée. À 9h00 GMT, les prix à la consommation harmonisés préliminaires de la zone euro pour septembre sont attendus en accélération à 3,6 % sur un an, contre 3,2 % en août. Un chiffre conforme ou supérieur à cette estimation renforcerait les anticipations de nouvelles hausses de taux de la BCE, dont le taux directeur s'établit à 2,65 % et la facilité de dépôt à 2,5 % depuis le 16 septembre 2026, ce qui pourrait redonner un peu d'air à l'euro.
À 12h30 GMT, les créations d'emplois américaines de septembre sont attendues en net ralentissement, à 90 000 postes contre 162 000 en août, avec un taux de chômage stable à 4,1 %. Un chiffre faible nourrirait les anticipations de baisse de taux de la Fed et pourrait peser sur le dollar, inversant partiellement la tendance de la semaine. Un chiffre solide produirait l'effet inverse. Dans les deux cas, le rendement de l'OAT française à 10 ans, actuellement à 4 %, rappelle que les tensions sur les taux ne se limitent pas aux seuls marchés américains et continuent d'alimenter la volatilité générale sur les devises.
Sources : BDOR
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