Le cours de l'argent recule de 1,86% lundi après une envolée de 5% en une semaine
L'argent cède 1,86% ce lundi mais conserve une hausse de 5% sur sept jours. Décryptage des raisons de ce mouvement pour les épargnants.
Par Victor KOSTIK
Temps de lecture : 5 minutes

En bref
L'once d'argent recule de 1,86 % sur 24 heures pour s'établir à 57,47 euros
Le pétrole WTI chute de 8,24 % sur fond d'espoir de dialogue entre Washington et Téhéran
Le responsable de la Fed de Minneapolis, Neel Kashkari, alerte sur une inflation encore élevée et généralisée
Nos relevés montrent un argent en hausse de 5,0 % sur sept jours mais en repli de 2,6 % sur un mois
Depuis le 13 juillet 2026, l'argent progresse de 13,5 % selon notre relevé quotidien
Un recul qui tranche avec l'élan des derniers jours
L'once d'argent cède 1,86 % en vingt-quatre heures, à 57,47 euros, selon les repères relevés en temps réel ce lundi. Rien de dramatique en soi, mais le contraste est frappant avec la dynamique de la semaine écoulée. Nos cours mesurés le 21 septembre 2026 à 09h16 situaient le gramme d'argent à 1,848 euro, en hausse de 5,0 % sur sept jours. Le repli du jour ressemble donc davantage à une respiration après une accélération rapide qu'à un renversement de tendance.
L'or suit un mouvement comparable, avec une once à 3790,50 euros, en baisse de 0,94 % sur la même période. Les deux métaux évoluent dans le même sens, ce qui suggère un ajustement de marché plus qu'une réaction spécifique à l'argent industriel. La corrélation reste forte, mais l'ampleur du repli argentifère, presque le double de celui de l'or, rappelle que ce métal reste structurellement plus volatil, tiré à la fois par la demande d'investissement et par les usages industriels.
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Le paradoxe du pétrole en chute libre
La baisse spectaculaire du pétrole WTI, qui recule de 8,24 % sur vingt-quatre heures pour s'établir à 93,99 dollars le baril, constitue l'événement marquant de la séance. Ce décrochage intervient après des propos du président américain Donald Trump évoquant une possible rencontre avec le président iranien Masoud Pezeshkian en marge de l'Assemblée générale des Nations unies. L'idée d'une désescalade diplomatique entre Washington et Téhéran allège immédiatement les craintes sur l'offre pétrolière, et donc sur l'inflation importée par l'énergie.
Or, un pétrole moins cher devrait en théorie soutenir les métaux non rémunérés comme l'argent : moins de pression inflationniste signifie moins de justification pour des taux d'intérêt élevés, et donc un coût d'opportunité réduit pour détenir un actif qui ne verse pas d'intérêt. Le fait que l'argent recule malgré ce contexte apparemment favorable montre que les investisseurs ne lisent pas encore cette baisse du brut comme durable. Une rencontre diplomatique évoquée n'est pas un accord signé, et les marchés semblent attendre confirmation avant de revoir leurs anticipations.
Kashkari et le rappel que l'inflation ne s'efface pas si vite
Le président de la Fed de Minneapolis, Neel Kashkari, a averti ce week-end que l'inflation demeure trop élevée et touche l'ensemble des secteurs de l'économie américaine. Il a précisé que cette pression ne provient pas uniquement de la hausse des prix pétroliers, mais aussi d'une croissance économique résiliente qui continue d'alimenter les tensions sur les prix. Ce message contredit partiellement l'optimisme suscité par le repli du brut : même si l'énergie se détend, la banque centrale américaine pourrait maintenir une politique restrictive plus longtemps que prévu.
Pour un détenteur d'argent physique ou de contrats liés à ce métal, cette déclaration compte davantage que le mouvement du pétrole. C'est bien la trajectoire des taux réels qui détermine l'attractivité relative de l'argent face aux placements rémunérés. Un discours de la Fed jugé encore prudent sur la désinflation entretient la demande refuge, même quand l'actualité pétrolière semble pousser dans l'autre sens. Le Dollar Index, quasi stable à 100,37 points (+0,06 % sur la séance), confirme d'ailleurs que le marché des devises n'a pas encore tranché.
Ce que dit la profondeur de nos relevés
La lecture d'un seul jour reste toujours fragile pour l'argent, métal réputé pour ses mouvements amples. Sur un mois, nos données indiquent un repli de 2,6 %, ce qui replace le rebond récent de 5,0 % sur sept jours dans une perspective plus modeste. Depuis le début de notre relevé quotidien, le 13 juillet 2026, l'argent affiche en revanche une progression de 13,5 %, nettement supérieure à celle de l'or sur la même période. Cette dynamique de fond confirme que l'argent a surperformé l'or depuis cet été, même si la séance du jour vient temporairement rogner cet avantage.
Cette lecture pourrait toutefois se révéler erronée si la rencontre évoquée entre Washington et Téhéran débouche réellement sur un apaisement durable des tensions au Moyen-Orient. Un pétrole qui continuerait de baisser sur plusieurs semaines réduirait mécaniquement les anticipations d'inflation, ce qui donnerait à la Fed davantage de marge pour assouplir sa politique. Dans ce scénario, l'argument refuge qui soutient actuellement l'argent perdrait de sa force, et le repli observé aujourd'hui pourrait alors s'installer plutôt que se corriger. La prudence de Kashkari reste, à ce stade, le signal le plus solide pour contredire ce scénario optimiste.
Sources : BDOR
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