L'argent recule cette semaine, pénalisé par le dollar fort et le pétrole en baisse
Cours de l'argent en repli hebdomadaire malgré un sursaut technique, dollar fort, pétrole en baisse et taux élevés pèsent sur le métal blanc.
Par Victor KOSTIK
Temps de lecture : 5 minutes

En bref
L'once d'argent passe de 1,715 à 1,729 euro le gramme entre lundi et mercredi, après un pic à 1,742 euro
La variation hebdomadaire ressort à +0,8 %, mais l'écart avec la semaine précédente atteint -4,8 %
Le dollar plus fort à 101,31 points renchérit l'once pour les acheteurs internationaux
Le pétrole WTI chute de 2,77 % à 89,85 dollars, signe d'un ralentissement qui pèse sur la demande industrielle d'argent
Les taux obligataires proches de 4 % renchérissent le coût de détention d'un métal sans rendement
Sur trois mois, l'argent progresse tout de même de 6,2 %, preuve d'une tendance longue encore porteuse
Une semaine en dents de scie pour l'argent
Trois séances relevées entre lundi et ce mercredi 30 septembre 2026 dessinent une semaine hésitante pour le cours de l'argent. L'once ouvrait lundi à 1,715 euro le gramme, grimpait jusqu'à 1,742 euro en cours de semaine, puis retombait à 1,729 euro ce matin selon nos relevés du 30 septembre à 8h42. La variation hebdomadaire ressort à +0,8 %, un chiffre presque anecdotique une fois replacé dans son contexte : l'écart avec la clôture de la semaine précédente atteint -4,8 %, et cette semaine précédente affichait déjà -1,9 %. Deux semaines de repli suivies d'un sursaut technique modeste, voilà le vrai visage de la période.
L'or, lui, tient mieux le choc. Sur la même semaine, il progresse de 1,8 %, avec un écart de seulement -2,1 % face à la clôture précédente. La comparaison est parlante : quand l'or amortit, l'argent encaisse plus fort. Sur un mois complet, l'écart se creuse encore, -3,8 % pour l'or contre -6,1 % pour l'argent selon nos relevés. Sur trois mois en revanche, l'argent reprend l'avantage avec +6,2 % contre +4,8 % pour l'or, preuve que la tendance longue reste porteuse malgré la secousse récente.
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Le ratio or/argent confirme le décrochage
Le ratio or/argent, qui mesure combien d'onces d'argent il faut pour égaler une once d'or, s'établit aujourd'hui à 68,5, contre 66,8 il y a un mois, soit une hausse de 2,5 %. Un ratio qui monte signifie que l'argent sous-performe l'or, et c'est exactement ce que traduisent les chiffres de la semaine. Ce n'est pas un effondrement, mais une divergence claire entre les deux métaux, qui mérite d'être suivie plutôt que dramatisée.
Cette divergence n'a rien d'anormal dans un contexte de doute sur la croissance mondiale. L'argent, contrairement à l'or, répond à une double demande : monétaire d'un côté, industrielle de l'autre, avec le photovoltaïque, l'électronique et l'automobile comme débouchés majeurs. Quand les perspectives industrielles se tendent, cette seconde jambe de la demande vacille, et le métal blanc paie le prix fort dans les deux sens, à la hausse comme à la baisse.
Le dollar fort et le pétrole en repli pèsent sur le métal industriel
Le Dollar Index évolue à 101,31 points ce mercredi, en hausse de 0,33 % sur 24 heures, pendant que l'EUR/USD recule de 0,11 % à 1,1355 dollar. Les métaux précieux se cotant en dollars, un billet vert plus robuste renchérit mécaniquement l'once pour un acheteur qui raisonne en dollars, ce qui freine la demande internationale et se répercute jusque dans le cours en euros, même si la parité amortit une partie du choc pour un détenteur européen.
Le pétrole WTI, de son côté, chute de 2,77 % en 24 heures pour s'établir à 89,85 dollars le baril. Un repli de cette ampleur en une seule séance traduit un ralentissement de l'activité, et cette évolution touche directement l'argent industriel : moins d'énergie consommée, souvent moins de production manufacturière, donc moins de demande pour le métal utilisé dans les panneaux solaires et les composants électroniques. L'or, moins exposé à ce cycle industriel, encaisse moins ce type de choc.
Les taux réels rendent l'argent plus coûteux à détenir
Le taux directeur de la BCE reste fixé à 2,65 % et la facilité de dépôt à 2,5 % selon les données du 16 septembre 2026, tandis que l'OAT à 10 ans se maintient autour de 4 %. Un métal qui ne verse aucun coupon se compare toujours à ce que rapporte l'argent placé sans risque, et avec des rendements obligataires proches de 4 %, le coût d'opportunité de détenir de l'argent physique reste réel. C'est un facteur structurel, pas un événement de la semaine, mais il explique en partie pourquoi les rebonds techniques peinent à s'installer durablement.
Ce qui pourrait faire basculer la semaine à venir
La lecture d'un métal fragilisé par le dollar, le pétrole et les taux mérite d'être nuancée. Sur trois mois, l'argent progresse davantage que l'or, et un simple assouplissement du dollar ou une stabilisation du baril suffirait à inverser la dynamique de court terme. Le ratio or/argent à 68,5 n'a rien d'extrême dans une perspective longue, et une phase de rattrapage reste tout à fait envisageable si la demande industrielle se ressaisit. Notre lecture du jour se limite donc à un constat de faiblesse relative sur la semaine écoulée, pas à un pronostic sur la suite.
Les prochains jours seront scrutés à l'aune des publications macroéconomiques américaines, dont l'ampleur pourrait redessiner la trajectoire du dollar et, par ricochet, celle de l'argent. Un repli marqué du billet vert redonnerait de l'air au métal blanc ; une stabilisation confirmerait au contraire la pression actuelle. Rien n'est acquis, et c'est précisément ce qui rend cette classe d'actifs difficile à résumer en une seule tendance.
Sources : BDOR
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