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L'once d'or recule de 1,8 % sur la semaine, freinée par les taux réels et un dollar ferme

Le cours de l'or cède 1,8 % sur la semaine malgré un rebond mercredi, sous la pression des taux réels et de la fermeté du dollar.

Temps de lecture : 5 minutes

L'once d'or recule de 1,8 % sur la semaine, freinée par les taux réels et un dollar ferme

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En bref

  • L'or affiche une variation hebdomadaire de -1,8 %, contre -0,6 % la semaine précédente

  • Depuis lundi, le cours a toutefois regagné 2,1 %, passant de 116,36 à 118,81 euros le gramme

  • L'once s'échange à 3695,5 euros, en hausse de 1,37 % sur vingt-quatre heures

  • L'OAT à 10 ans à 4 % et les taux de la BCE renforcent le coût d'opportunité de détenir de l'or

  • Le dollar reste ferme, ce qui limite la remontée du métal coté en devise américaine

  • Sur un mois, le cours recule encore de 3,5 %

Une semaine écourtée qui se solde dans le rouge

La semaine du 28 au 30 septembre 2026 n'est pas terminée, mais le constat est déjà net : sur nos relevés, l'or affiche une variation hebdomadaire de -1,8 %, contre -0,6 % la semaine précédente. Le repli se creuse donc, malgré une remontée de +2,1 % depuis l'ouverture de lundi, qui a fait passer le cours de 116,36 à 118,81 euros le gramme. Cette progression sur trois séances ne doit pas être confondue avec la tendance hebdomadaire réelle : elle traduit un rebond technique après un début de semaine plus faible, pas un retournement confirmé.

Ce mercredi matin, à 9h12, notre cotation situe l'or à 118,812 euros le gramme, soit +0,3 % depuis la clôture de mardi et +0,2 % depuis l'ouverture du jour. L'once, elle, s'échange à 3695,5 euros en temps réel, en hausse de 1,37 % sur vingt-quatre heures. Ce sursaut de fin de semaine coïncide avec un repli du dollar depuis ses plus hauts de deux mois touchés mardi, un mouvement qui allège mécaniquement le prix en euros. Il reste néanmoins insuffisant pour effacer la baisse accumulée depuis lundi, et sur un mois, le cours recule encore de 3,5 %.

A lire aussi : Comprendre pourquoi l'argent décroche plus fortement que l'or cette semaine

Les taux réels et le dollar continuent de peser

L'or ne verse aucun coupon, ce qui l'expose directement à ce que rapporte l'argent placé sans risque. L'OAT à 10 ans se maintient à 4 %, un niveau qui rend l'obligation française nettement plus attractive qu'un lingot immobile dans un coffre. Du côté de la zone euro, le taux directeur de la BCE à 2,65 % et la facilité de dépôt à 2,5 % renforcent ce même arbitrage : tant que ces niveaux tiennent, détenir de l'or physique a un coût d'opportunité que la seule promesse de protection ne suffit pas toujours à compenser.

Le dollar joue également son rôle. Le Dollar Index évolue à 101,22 points, en hausse de 0,25 % sur vingt-quatre heures, pendant que l'euro cède 0,06 % face au billet vert, à 1,1355 dollar. Les métaux se cotant en dollars, cette fermeté relative du billet vert a contribué à contenir la remontée de l'or vue depuis lundi. Les marchés à terme anticipent toujours une probabilité supérieure à 90 % d'un nouveau relèvement des taux de la Fed d'ici la fin de l'année, une posture jugée hawkish qui limite les paris haussiers sur un actif sans rendement. Le président de la Fed de New York, John Williams, a pourtant jugé cette semaine que la banque centrale n'avait pas à précipiter sa prochaine décision, un commentaire plus conciliant qui a fait reculer les rendements obligataires américains et soutenu, en creux, le cours du métal.

L'argent décroche plus fort, le ratio or/argent se tend

Si l'or perd 1,8 % sur la semaine, l'argent recule de 4,5 %, contre 1,9 % la semaine précédente. L'écart s'explique par la double identité du métal : à la fois valeur refuge et matière première industrielle utilisée dans le photovoltaïque, l'électronique et l'automobile. Quand les inquiétudes portent davantage sur la croissance et les taux que sur une crise de confiance immédiate, l'argent tend à souffrir plus que l'or, précisément parce qu'une partie de sa demande dépend du cycle économique.

Le ratio or/argent en donne la mesure : il faut désormais 68,5 onces d'argent pour acheter une once d'or, contre 66,8 il y a un mois, soit une hausse de 2,5 %. Un ratio qui monte signale que l'argent sous-performe l'or, exactement ce que traduit l'écart entre -4,5 % et -1,8 % sur la semaine. Sur la séance du jour, l'argent recule de 0,4 % depuis la clôture de mardi et de 0,8 % depuis l'ouverture, avant un léger regain de 0,1 % sur les trois dernières heures, signe d'une volatilité plus marquée que celle de l'or, cohérente avec son amplitude journalière de 1,1 % contre 0,5 % pour l'or.

Ce qui peut faire basculer la fin de semaine

Le calendrier américain concentre l'attention des prochains jours. L'indice des prix des dépenses de consommation personnelles, mesure d'inflation privilégiée par la Fed, doit être publié ce mercredi, suivi jeudi de l'ISM manufacturier et vendredi du rapport sur l'emploi américain. Le consensus attend une création de 90 000 emplois en septembre, contre 162 000 en août, avec un taux de chômage stable à 4,1 %. Une déception sur ces chiffres renforcerait les anticipations de baisse de taux et pourrait redonner de l'air à l'or ; une surprise à la hausse referait le chemin inverse et prolongerait la pression des taux réels.

La dimension géopolitique mérite une lecture nuancée. Les tensions persistantes entre les États-Unis et l'Iran, après le rejet d'une proposition de cessez-le-feu, alimentent surtout la demande de dollar refuge plutôt qu'un afflux automatique vers l'or, ce qui limite pour l'instant le potentiel de hausse du métal en cas d'escalade. Notre lecture reste que le trou d'air hebdomadaire tient davantage à la mécanique des taux et du dollar qu'à un changement de fond : sur trois mois, l'or progresse encore de 5,2 % et l'argent de 6,6 %. Cette analyse serait mise en défaut si la Fed confirmait un ton plus restrictif que prévu après les publications de la semaine, ce qui prolongerait la pression sur les deux métaux au delà du simple ajustement de court terme.

Sources : BDOR

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