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L'euro tombe à son plus bas depuis mai 2025, les paris sur la Fed dopent le dollar

L'euro recule sous 1,1350 dollar et frôle son plus bas niveau depuis mai 2025, les marchés anticipant une nouvelle hausse des taux de la Fed d'ici fin décembre.

Temps de lecture : 4 minutes

L'euro tombe à son plus bas depuis mai 2025, les paris sur la Fed dopent le dollar

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En bref

  • L'euro s'échange autour de 1,1355 dollar, en repli de 0,11% sur vingt-quatre heures

  • La monnaie unique évolue près de son plus bas niveau depuis mai 2025

  • Le seuil des 1,1350 dollar, considéré comme un support psychologique, a cédé

  • Le Dollar Index atteint 101,31 points, en hausse de 0,33%, proche de ses plus hauts sur deux mois

  • Les marchés attribuent plus de 90% de probabilité à une nouvelle hausse des taux de la Fed d'ici fin décembre

  • Les propos plus mesurés d'un responsable de la Fed n'ont freiné que brièvement la remontée du dollar

L'euro glisse vers son plus bas de l'année, le dollar impose son tempo

Ce mercredi 30 septembre 2026, la paire EUR/USD s'échange autour de 1,1355 dollar, en repli de 0,11% sur vingt-quatre heures, près de son plus bas niveau depuis mai 2025. Trois séances consécutives de pression baissière ont fait glisser la monnaie unique sous le seuil des 1,1350, support qui tenait lieu de plancher psychologique.

En face, le Dollar Index affiche 101,31 points, en hausse de 0,33% sur vingt-quatre heures, proche de ses plus hauts sur deux mois. Ce mouvement s'explique par des paris de marché donnant désormais plus de 90% de probabilité à un nouveau relèvement des taux de la Fed d'ici fin décembre, malgré des propos plus mesurés du président de la Fed de New York John Williams évoquant l'absence d'urgence à agir. L'effet de ces déclarations a été de courte durée : le billet vert a retrouvé son biais haussier dès mardi.

A lire aussi : Comprendre pourquoi la baisse de l'euro ne se traduit pas mécaniquement par une hausse du prix de l'or en euros

Le mécanisme qui relie le dollar à l'once en euros

L'or se cote internationalement en dollars. Quand le billet vert monte, le métal devient mécaniquement plus onéreux pour un acheteur hors zone dollar, ce qui tend d'ordinaire à freiner la demande. Un dollar à 101,31 points, en progression de 0,33%, aurait donc dû, en théorie, peser sur l'once.

Mais le prix payé en euros résulte de deux variables : le cours de l'or en dollars, et le taux EUR/USD au moment de la transaction. Une baisse de 1% de l'euro ne se traduit pas mécaniquement par une hausse équivalente en euros, car le cours en dollars bouge souvent en sens inverse quand le dollar se renforce sous l'effet de flux de refuge. C'est ce qui s'est produit cette semaine.

Pourquoi l'or grimpe quand même de 1,8% malgré un dollar fort

Nos relevés du gramme d'or sur la semaine du 28 au 30 septembre 2026 contredisent le scénario attendu. L'once a ouvert lundi à 116,36 euros le gramme, elle affiche ce matin 118,44 euros, avec un plus haut à 118,50 et un plus bas confondu avec l'ouverture. La variation hebdomadaire ressort à +1,8%, contre -0,6% la semaine précédente.

La corrélation dollar/or fonctionne comme une tendance de fond, pas comme une équation figée. Les tensions autour de l'Iran, ravivées par le rejet d'une proposition de trêve de sept jours par Donald Trump et par l'échec des médiations qataries, ont nourri une demande de valeur refuge profitant simultanément au dollar et à l'or. Si ce climat géopolitique se dissipait, la relation inverse habituelle pourrait reprendre le dessus rapidement.

Ce que la semaine change au prix payé en euros

Pour un épargnant français, le repli de l'euro n'a pas renchéri l'or comme on l'entend habituellement : il a coexisté avec une hausse du métal portée par d'autres forces. Le cours relevé ce mercredi à 08h42 s'établit à 118,44 euros le gramme, soit 3 683,80 euros l'once, en hausse de 1,8% depuis lundi.

L'amplitude intrajournalière reste contenue, avec 0,3% d'écart seulement entre plus haut et plus bas de la séance. Leçon : l'influence de l'euro sur le prix en euros reste vraie sur le temps long, mais peut être masquée ponctuellement par des flux plus puissants, notamment géopolitiques ou liés aux anticipations de taux.

La semaine prochaine, PCE et emploi américain en ligne de mire

L'attention des cambistes va se porter sur l'indice PCE américain, attendu avec la révision finale du PIB du deuxième trimestre. Ces publications alimenteront les anticipations de la Fed, donc la trajectoire du dollar. Le rapport mensuel sur l'emploi américain, attendu vendredi, complétera le tableau et pourrait faire ou défaire les paris actuels sur un relèvement des taux d'ici fin décembre.

Du côté de la BCE, le taux directeur reste à 2,65% et la facilité de dépôt à 2,5% au 16 septembre 2026, cadre fragilisé par les propos jugés accommodants de Christine Lagarde, qui ont refroidi les attentes d'un nouveau tour de vis en octobre. Techniquement, un maintien de l'EUR/USD sous 1,1350 ouvrirait la voie vers 1,1300, tandis qu'un retour au-dessus resterait davantage une occasion de vente qu'un vrai retournement. BDOR continuera de suivre cette tension entre dollar dominant et or résistant la semaine prochaine.

Sources : BDOR

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