Le cours de l'or : nouvelle flambée à 4 650 dollars sous l'effet du dollar affaibli et de la Fed
L’or franchit 4 650 dollars, plus haut depuis mi-mai, porté par la faiblesse du dollar et les incertitudes autour de la Fed et de l’Iran.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 4 minutes

Sommaire
- L'or franchit un nouveau sommet depuis mi-mai
- L'inflation de juillet et le rendez-vous de septembre avec la Fed
- Le bras de fer du Trésor américain sur les rachats obligataires
- L'Iran et la prime de risque géopolitique
- Analyse technique : euphorie et signaux de surchauffe
- Sécuriser son épargne face à l'incertitude monétaire
En bref
L’once d’or dépasse 4 650 dollars, son plus haut niveau depuis la mi-mai
Le dollar américain évolue près de son plus bas niveau en plus de trois mois
Le Trésor américain double ses rachats obligataires à partir de septembre
Les marchés surveillent l’indice PCE de mercredi et le discours de Kevin Warsh à Jackson Hole
L’Iran menace de bloquer le détroit d’Ormuz face aux nouvelles sanctions américaines
Le RSI signale des conditions de surachat malgré une dynamique haussière intacte
L'or franchit un nouveau sommet depuis mi-mai
Le cours de l'or (XAU/USD) a franchi la barre des 4 650 dollars l’once lors de la séance asiatique de lundi, un niveau plus revu depuis la mi-mai. Cette progression prolonge la dynamique haussière amorcée la semaine précédente, lorsque le prix a dépassé la moyenne mobile simple à 200 jours, un seuil technique surveillé de près par les gérants de portefeuille. Le dollar américain, de son côté, évolue à proximité de son plus bas niveau en plus de trois mois, une faiblesse qui profite mécaniquement à l’or, actif sans rendement mais refuge privilégié en période d’incertitude monétaire.
Cette configuration s’explique par un double mouvement : le recul des anticipations de resserrement monétaire immédiat de la part de la Réserve fédérale américaine et la détente des rendements obligataires du Trésor. Les deux phénomènes s’alimentent l’un l’autre. Moins de pression sur les taux longs signifie moins d’attractivité pour le billet vert, et davantage d’appétit pour l’or physique comme pour les positions spéculatives sur les contrats à terme.
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L'inflation de juillet et le rendez-vous de septembre avec la Fed
Les chiffres de l’inflation américaine publiés pour juillet se sont révélés plus modérés qu’attendu, refroidissant les paris sur un durcissement rapide de la politique monétaire. Les marchés tablent désormais majoritairement sur un statu quo lors de la réunion du Comité fédéral de l’open market prévue les 15 et 16 septembre. Ce recalibrage des attentes pèse directement sur le dollar, qui perd son principal soutien : la perspective de taux plus élevés plus longtemps.
Reste que la partie est loin d’être jouée. Les investisseurs continuent d’anticiper à plus de 70% une hausse des taux directeurs d’ici la fin de l’année, un scénario alimenté par la volatilité persistante des prix pétroliers et ses répercussions sur l’inflation importée. Deux rendez-vous vont trancher ce débat : la publication de l’indice des prix des dépenses de consommation personnelle mercredi, et l’intervention du président de la Fed Kevin Warsh lors du symposium de Jackson Hole. Ces deux événements devraient redonner du souffle au dollar, au détriment potentiel de l’or.
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Le bras de fer du Trésor américain sur les rachats obligataires
Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a annoncé mercredi dernier que son administration allait au moins doubler les opérations de rachat de dette publique à long terme à partir de septembre, une mesure destinée à contenir la remontée des rendements obligataires. Concrètement, le plafond par opération passerait de 2 à au moins 4 milliards de dollars sur les tranches à 10-20 ans et 20-30 ans, un dispositif effectif du 9 septembre au 4 novembre selon les annonces du Département du Trésor.
Bessent a même laissé entendre que l’ampleur du programme pourrait dépasser ce montant plancher. Cette stratégie maintient les rendements obligataires sous leur pic pluriannuel et prive le dollar d’un moteur de rebond significatif. Pour les détenteurs d’or, ce maintien artificiel des taux bas constitue un facteur de soutien direct : moins le coût d’opportunité de détenir un actif non rémunéré est élevé, plus l’or devient attractif face aux obligations classiques.
L'Iran et la prime de risque géopolitique
Scott Bessent devait également annoncer lundi ce qu’il qualifie lui-même de sanctions les plus sévères jamais imposées à l’Iran. La réponse de Téhéran n’a pas tardé : Mohsen Rezaei, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, a menacé de suspendre toutes les exportations pétrolières transitant par le détroit d’Ormuz et l’ensemble du Golfe persique en cas de poursuite de ce qu’il appelle la guerre économique. Il a ajouté que la participation de tout pays tiers aux sanctions américaines serait considérée comme un acte de guerre contre l’Iran.
Cette escalade verbale entretient une prime de risque qui limite paradoxalement la baisse du dollar, refuge classique en cas de tensions internationales, tout en plafonnant potentiellement la progression de l’or à court terme. Les traders devront composer avec cette dynamique contradictoire, où l’or profite de la faiblesse structurelle du dollar mais pourrait buter sur des prises de bénéfices dès que la nervosité géopolitique refluera.
Analyse technique : euphorie et signaux de surchauffe
La clôture de vendredi au-dessus de la zone de confluence 4 615-4 620 dollars, qui réunit la moyenne mobile à 200 jours et le retracement de Fibonacci à 61,8% de la baisse d’avril-juin, a servi de déclencheur technique pour les acheteurs. L’indicateur MACD reste positif avec des valeurs croissantes, confirmant la persistance de la dynamique haussière. Mais le RSI affiche 71,77, un niveau qui trahit des conditions de surachat susceptibles de freiner toute progression immédiate.
Une cassure au-dessus de la résistance des 4 684,43 dollars, correspondant au retracement à 78,6%, ouvrirait la voie vers le sommet du cycle à 4 891,38 dollars. À l’inverse, un repli trouverait un premier support à 4 521,97 dollars, renforcé par la moyenne mobile à 200 jours à 4 516,88 dollars, avec des planchers plus structurels à 4 407,86 dollars pour le retracement à 50% et 4 293,75 dollars pour celui à 38,2%.
Sécuriser son épargne face à l'incertitude monétaire
Ce contexte de dollar affaibli, de tensions géopolitiques et de politiques budgétaires interventionnistes ravive l’intérêt pour les stratégies de diversification patrimoniale. Les lingots d'or, les pièces d'or et les lingots d'argent constituent des solutions concrètes pour les épargnants soucieux de réduire leur dépendance au système bancaire traditionnel. Cette logique de débancarisation partielle séduit un nombre croissant de particuliers, qui perçoivent la détention physique comme un rempart contre la volatilité des devises et les décisions de politique monétaire.
L’investissement dans l’or physique reste une valeur refuge éprouvée sur le temps long, à condition de bien choisir son mode de détention et son intermédiaire. Pour un épargnant qui souhaite sécuriser une partie de son patrimoine hors du circuit bancaire classique, la combinaison de lingots et de pièces reconnues sur les marchés internationaux offre à la fois liquidité et tangibilité, deux qualités rarement réunies dans les produits financiers traditionnels.
Sources : BDOR - Département du Trésor américain - Réserve fédérale américaine (Fed) - Bureau of Labor Statistics
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