Le prix de l'or stagne sous 3 730 euros l'once avant la décision de la Fed fin octobre
Le cours de l'or reste stable sous 3 730 euros l'once cette semaine, entre attentisme sur les taux américains et euro peu porteur face au dollar.
Par Maxime TEUTSCH
Temps de lecture : 5 minutes

En bref
L'once d'or se stabilise autour de 3 734 euros, en quasi-stagnation sur sept jours
Sur un mois, le prix de l'or recule de 2 %, mais il reste en hausse de 4,4 % sur trois mois
Le lingot d'un kilogramme coté en France confirme cette même tendance de fond
Les déclarations prudentes du président de la Fed réduisent les anticipations d'une hausse des taux en octobre
Les investisseurs restent toutefois convaincus d'un relèvement des taux américains en décembre
La faiblesse du dollar ne profite que partiellement au cours de l'or en euros
Une semaine qui referme sous les 3 730 euros, sans direction franche
Nos cours relevés ce lundi 19 octobre à 9h34 situent l'or à 120,05 euros le gramme, soit 3 734,07 euros l'once. Sur sept jours, la variation reste quasi nulle, à -0,1 %. La seule séance du jour affiche une amplitude de 0,6 % entre un plus bas à 119,323 euros et un plus haut à 120,053 euros. L'once d'or a passé la semaine à tourner autour d'un palier, sans franchir de résistance ni céder de support majeur.
Mis en perspective, ce plateau hebdomadaire ne raconte pas la même histoire que le mois ou le trimestre. Sur un mois, le repli s'élève à 2,0 %. Sur trois mois en revanche, l'or progresse de 4,4 %. La correction récente grignote donc des gains plus anciens sans les effacer. La cotation officielle française du lingot d'un kilogramme, à 117 200 euros le 16 octobre, illustre la même mécanique : stable sur la séance, en repli de 1,3 % sur un mois, mais toujours en hausse de 4,8 % sur quatre mois.
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La Fed, actrice principale du plafond
La pause observée cette semaine trouve son origine outre-Atlantique. Le président de la Fed Kevin Warsh a refusé de contredire les anticipations du marché lors de sa dernière prise de parole, précisant qu'il ne préjuge jamais d'une réunion à l'avance, cela même après la publication d'une inflation plus chaude que prévu. Les probabilités d'un relèvement des taux dès octobre sont retombées d'environ 30 % à 15 % dans la foulée de son intervention. Selon l'outil FedWatch de CME Group, les traders continuent d'estimer à plus de 90 % la probabilité d'une hausse en décembre.
Cette tension entre un octobre apaisé et un décembre toujours tendu explique le plafonnement de l'or. Un relèvement des taux renchérit le coût d'opportunité de détenir un métal qui ne verse aucun intérêt, alors que l'OAT française à 10 ans offre 4,44 % et que la BCE maintient son taux directeur à 2,65 % avec une facilité de dépôt à 2,5 %. La Fed entre désormais dans sa période de réserve avant la réunion des 27 et 28 octobre, privant le marché de nouvelles déclarations officielles et favorisant la consolidation plutôt que le mouvement directionnel.
Le dollar recule, l'euro n'en profite qu'à moitié
Le Dollar Index cède 0,66 % sur les dernières 24 heures, entraîné par le net repli des rendements obligataires américains depuis leurs plus hauts pluriannuels. En théorie, un dollar plus faible devrait soutenir l'or, puisque le métal se négocie en billets verts. Sauf que l'EUR/USD recule lui aussi de 0,23 % sur la même période, à 1,1222 dollar. L'euro ne profite donc pas pleinement de la baisse du dollar, ce qui explique pourquoi l'once d'or ne gagne que 0,22 % sur 24 heures en euros, un mouvement bien plus modeste que ce que suggérerait le seul recul du Dollar Index. Pour un détenteur en euros, cette mécanique de change compte autant que le prix affiché à New York.
L'argent décroche bien plus fort, le ratio bondit à 72,6
Si l'or affiche une semaine quasi stable, l'argent raconte une tout autre histoire. Nos relevés indiquent un repli de 4,8 % sur sept jours et de 10,8 % sur un mois, très loin du -0,1 % et -2,0 % enregistrés sur l'or. Le ratio or/argent grimpe à 72,6 contre 66,1 il y a un mois, soit une hausse de 9,9 %, signe d'une nette sous-performance de l'argent sur quatre semaines.
Cette correction plus brutale tient à la double nature de l'argent, métal monétaire mais aussi industriel, utilisé dans le photovoltaïque, l'électronique et l'automobile. Quand les anticipations de taux se durcissent et que le dollar reprend du terrain sur un cycle plus long, l'argent amplifie le mouvement dans les deux sens. La séance du jour montre d'ailleurs un rebond de 1,0 % depuis la clôture de la veille, preuve que la correction mensuelle n'exclut pas des sursauts ponctuels, sans inverser la tendance de fond.
Ce qui peut faire bouger les prochains jours
La semaine à venir s'ouvre sur un calendrier chargé. La réunion de la Fed des 27 et 28 octobre reste l'échéance centrale, avec une incertitude entretenue volontairement par la banque centrale pendant sa période de réserve. Du côté géopolitique, des pétroliers ont été endommagés dans le détroit d'Ormuz ce week-end, l'Ukraine a mené l'une de ses plus vastes offensives de drones contre des infrastructures pétrolières russes, et les affrontements entre l'Arabie saoudite et les rebelles houthis au Yémen se poursuivent. Un responsable du Conseil suprême de sécurité nationale iranien a évoqué un plan de représailles en cas de nouvelle attaque américano-israélienne. Ces tensions soutiennent le baril et, indirectement, la prime de risque géopolitique qui profite habituellement à l'or.
Notre lecture est celle d'une pause, pas d'un retournement : les trois mois de hausse à +4,4 % pour l'or restent intacts, et le ratio or/argent tendu à 72,6 ressemble davantage à un excès temporaire qu'à une nouvelle norme. Cette lecture serait prise en défaut si la Fed confirmait un ton nettement plus restrictif dès sa prochaine réunion tout en voyant les tensions au Moyen-Orient et en Ukraine refluer simultanément, privant l'or de ses deux principaux amortisseurs. À l'inverse, un apaisement confirmé sur les taux américains combiné à une escalade géopolitique maintenue offrirait un scénario plus favorable à une sortie de ce plateau par le haut.
Sources : BDOR
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