Le cours du pétrole WTI : le dollar fort freine le brut malgré les tensions à Ormuz
Le WTI recule à 100,88 $/baril alors que le dollar se renforce et que les tensions au détroit d'Ormuz soutiennent les prix. Analyse complète.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 4 minutes

En bref
Le WTI recule à 100,88 dollars le baril (-0,50% sur 24h), pénalisé par un dollar en hausse de 0,78%
L'EUR/USD progresse légèrement à 1,1495 dollar (+0,16%)
Les Gardiens de la révolution iraniens auraient intercepté un pétrolier togolais dans le détroit d'Ormuz
Donald Trump évoquerait une décision imminente sur une possible reprise de frappes contre l'Iran
Les indicateurs techniques, MACD, RSI et moyenne mobile à 100 jours, restent orientés à la hausse pour le brut
Le brut américain recule sous l'effet d'un dollar revigoré
Le baril de pétrole brut léger américain (WTI) s'échange autour de 100,88 dollars ce vendredi, en repli de 0,50% sur les dernières 24 heures, selon les données de marché consultées en temps réel. Ce repli, contenu, survient alors que l'indice du dollar (Dollar Index) progresse à 100,24 points, en hausse de 0,78% sur la même période. La paire EUR/USD évolue quant à elle à 1,1495 dollar, en légère progression de 0,16%.
Le lien de cause à effet paraît limpide. Le pétrole se négocie mondialement en dollars ; quand le billet vert grimpe, le brut devient mécaniquement plus onéreux pour les acheteurs réglant leurs achats dans d'autres devises. La demande s'en trouve freinée, et les prix suivent la même pente. Cette dynamique explique, en grande partie, pourquoi le cours du pétrole WTI recule légèrement ce vendredi alors même que le contexte géopolitique aurait plutôt tendance à soutenir les cours. Le marché arbitre entre deux forces contraires, et c'est le dollar qui l'emporte, pour l'instant.
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L'ombre du détroit d'Ormuz plane toujours sur le marché
Selon une déclaration rapportée par les Gardiens de la révolution islamique iraniens (IRGC), un pétrolier battant pavillon togolais aurait été intercepté après une tentative de passage jugée illégale dans le détroit d'Ormuz. L'information, non confirmée de manière indépendante à ce stade, alimente les craintes d'une escalade dans une zone par laquelle transite une part majeure du brut mondial destiné à l'export.
Du côté américain, le président Donald Trump aurait indiqué se rapprocher d'une décision majeure concernant une éventuelle reprise de frappes de grande ampleur contre l'Iran, propos rapportés sans confirmation officielle détaillée à ce jour. Cette déclaration entretient une prime de risque géopolitique qui continue de soutenir les cours du brut, et pourrait limiter l'ampleur du repli observé ce vendredi si la situation venait à se détériorer davantage.
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Lecture technique : le baril bute sous ses sommets de cycle
D'un point de vue graphique, le pétrole conserve un biais haussier à court terme tant qu'il évolue au-dessus de sa moyenne mobile simple à 100 jours et du niveau de retracement de Fibonacci à 61,8% de la baisse corrective de mai à juillet. L'indicateur MACD reste positif, tandis que le RSI, proche de 61, se maintient confortablement au-dessus de la zone neutre, des indicateurs qui plaident, ensemble, pour une dynamique haussière encore constructive.
Après avoir franchi la résistance des 98,55 dollars, correspondant au retracement de Fibonacci à 78,6%, le baril vise désormais la zone des sommets de cycle récents, autour de 107,11 dollars, un franchissement qui serait interprété comme un nouveau déclencheur haussier. À la baisse, le premier support se situe vers 91,82 dollars, avant le niveau des 87,10 dollars puis la moyenne mobile à 100 jours proche de 85,24 dollars. Un repli plus marqué exposerait le brut au retracement des 38,2%, à 82,38 dollars.
Face à la volatilité du brut, la tentation des valeurs tangibles
Cette valse entre dollar fort et prime géopolitique rappelle, une fois de plus, la fragilité des actifs adossés aux devises et aux marchés énergétiques. Nombre d'épargnants s'orientent vers des supports moins dépendants des soubresauts monétaires, à l'image des métaux précieux physiques, des lingots d'or et d'argent ou encore des pièces d'or, détenus en direct plutôt que via des produits financiers papier. Cette approche, souvent qualifiée de débancarisation, vise avant tout à sécuriser une partie de son épargne hors du système bancaire traditionnel, loin des variations erratiques des devises et des matières premières cotées.
Sources : BDOR - American Petroleum Institute (API) - Energy Information Administration (EIA) - Gardiens de la révolution islamique iranienne (IRGC)
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