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Le pétrole grimpe à 99 dollars après les menaces iraniennes sur Bab al-Mandeb

Le WTI atteint 99,38 dollars le baril, au plus haut depuis un mois, après la menace iranienne d'étendre le blocage à Bab al-Mandeb et Suez.

Temps de lecture : 5 minutes

Le pétrole grimpe à 99 dollars après les menaces iraniennes sur Bab al-Mandeb

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En bref

  • Le WTI évolue autour de 99,38 dollars le baril, en hausse de 1,44 % sur vingt-quatre heures

  • Les gardiens de la révolution iraniens menacent d'étendre le blocage au détroit de Bab al-Mandeb et au canal de Suez

  • Des frappes houthies ont visé des installations saoudiennes dont l'aéroport de Riyad et le site de Saudi Aramco à Yanbu

  • Capital Economics juge que les risques sur le pétrole penchent vers la hausse

  • Washington indique que les exportations du Golfe ont retrouvé 80 % de leur rythme d'avant guerre

  • Le marché attend le rapport de l'American Petroleum Institute sur les stocks américains

Le baril franchit un palier sous la menace iranienne

Le WTI évolue ce mardi 20 octobre 2026 autour de 99,38 dollars le baril, en progression de 1,44 % sur vingt-quatre heures. Ce niveau, le plus élevé depuis plus d'un mois, traduit une nervosité précise : les gardiens de la révolution iraniens ont averti lundi que le blocage partiel du détroit d'Hormuz pourrait s'étendre au détroit de Bab al-Mandeb et au canal de Suez. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a averti Washington et Israël que des dossiers restaient en suspens.

S'y ajoutent des frappes houthies revendiquées lundi contre l'aéroport international King Khalid à Riyad, des installations de Saudi Aramco à Yanbu, le champ pétrolier de Shaybah et des unités navales saoudiennes. Hamad Hussain, économiste matières premières chez Capital Economics, estime que les risques penchent clairement vers la hausse, l'escalade des attaques contre le transport maritime pouvant réduire l'offre et prolonger la remontée des prix. Les marchés attendent par ailleurs le rapport de l'American Petroleum Institute sur les stocks américains, publié plus tard ce mardi.

A lire aussi : Comment cette flambée du baril pourrait se répercuter sur le cours de l'or

Les flux du Golfe résistent, Washington tempère la crise

Le tableau n'est pourtant pas unilatéral. Le secrétaire américain à l'Énergie, Chris Wright, a indiqué que les exportations du Golfe avaient retrouvé environ 80 % de leur rythme d'avant-guerre en septembre 2026, même si les expéditions de produits raffinés restent contraintes. Cette résilience nuance l'ampleur du choc annoncé par Téhéran.

Les analystes de Rabobank apportent une autre pièce au dossier : après la flambée consécutive aux informations sur des frappes contre des pétroliers dans le détroit d'Hormuz, l'humeur du marché s'est retournée en fin de semaine dernière lorsque l'administration américaine a décidé d'activer une dérogation aux sanctions du Graham Act, une mesure qui contredirait ses efforts récents pour faire baisser les prix du carburant avant les élections de mi-mandat. Le Brent a d'ailleurs reculé de 1,80 dollar le baril à la suite de cette annonce. Ce va-et-vient montre à quel point la prime géopolitique actuelle reste fragile et réversible.

La chaîne complète, du baril à l'once d'or

Un baril plus cher renchérit d'abord les coûts de production et d'énergie, du transport maritime à la pétrochimie. Cette hausse se diffuse en inflation importée, particulièrement sensible en zone euro où l'énergie pèse sur la facture des ménages et des entreprises. Si elle persiste, les anticipations d'inflation des investisseurs se redressent, ce qui pousse les banques centrales à retarder toute baisse de taux, voire à durcir leur discours.

Ce sont les taux réels, les taux nominaux diminués de l'inflation anticipée, qui déterminent l'attrait de l'or face aux obligations. Un or sans coupon devient relativement plus intéressant quand les taux réels baissent ou stagnent malgré la hausse des prix. Le décalage entre chaque maillon se compte en semaines, parfois en mois : une flambée du baril ce mardi ne se traduit pas en inflation publiée avant plusieurs semaines, et encore moins en décision de banque centrale avant la prochaine réunion. C'est ce décalage qui explique pourquoi l'or BDOR ne bouge pas encore en miroir du pétrole.

Ce que nos relevés disent de l'or ce mardi

Nos cours relevés ce mardi 20 octobre 2026 à 10h03 placent l'or à 118,07 euros le gramme, soit 3672,45 euros l'once. La séance affiche un repli de 0,5 % depuis la clôture de lundi et depuis l'ouverture, pour une amplitude limitée à 0,5 % sur les vingt et un relevés effectués depuis minuit. Sur une semaine, la variation ressort à -1,3 %, contre -0,4 % la semaine précédente, un glissement qui accélère légèrement sans signaler un décrochage. Pendant que le WTI gagne plus de 1 % en une séance, l'or en perd autant : un contraste de tempo entre un marché pétrolier qui réagit à l'instant à une menace géopolitique, et un métal qui attend la confirmation du canal inflationniste avant de bouger.

Ce qui pourrait démentir cette lecture

Le dollar index recule légèrement ce mardi, à 101,76 points, soit -0,24 % sur vingt-quatre heures, pendant que l'euro grimpe à 1,1241 dollar, en hausse de 0,29 %. Un dollar plus faible soutient mécaniquement les deux matières premières libellées en billet vert, ce qui brouille la lecture : la hausse du pétrole et le repli de l'or pourraient simplement refléter des dynamiques de change sans rapport avec la chaîne inflationniste décrite plus haut.

L'autre risque tient à la nature du choc. Si la tension autour de Bab al-Mandeb et de Suez débouche sur une crainte de ralentissement économique plutôt que sur une inflation durable, le baril pourrait refluer aussi vite qu'il est monté, comme l'a montré le recul du Brent après la dérogation au Graham Act. Une offre du Golfe qui tient à 80 % de son rythme normal, couplée à une administration américaine soucieuse de contenir les prix du carburant avant les élections de mi-mandat, pèse dans le sens d'un apaisement rapide. Dans ce scénario, les banques centrales n'auraient aucune raison de réagir, les taux réels resteraient stables, et l'attrait de l'or pour cette seule raison géopolitique s'éteindrait de lui-même.

Sources : BDOR

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