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Le cours du pétrole WTI : la crise en mer d'Ormuz fait grimper le brut vers 94 dollars le baril

Le WTI grimpe à 94 dollars après des frappes américaines sur des pétroliers iraniens, ravivant la crainte d'un blocus du détroit d'Ormuz.

Temps de lecture : 4 minutes

Le cours du pétrole WTI : la crise en mer d'Ormuz fait grimper le brut vers 94 dollars le baril

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En bref

  • Le WTI atteint son plus haut niveau depuis fin juillet, autour de 94,37 dollars le baril, en hausse de 3,69% sur 24 heures

  • Les forces américaines ont neutralisé trois pétroliers iraniens en riposte à une attaque de missiles contre des navires de l'US Navy

  • Téhéran menace d'imposer un blocus du détroit d'Ormuz, voie de passage d'environ 20% du pétrole mondial

  • Le crack spread du diesel américain franchit les 100 dollars le baril, un record inédit sur ce marché

  • Les analystes techniques repèrent une résistance vers 98,44 dollars et un support autour de 85,24 dollars

Une flambée spectaculaire portée par la crise au détroit d'Ormuz

Le pétrole WTI enchaîne une deuxième séance consécutive de hausse et s'inscrit à son plus haut niveau depuis le 23 juillet. Le baril de référence américain évolue désormais autour de 94,37 dollars, en progression de 3,69% sur les dernières 24 heures selon les cotations de marché relevées ce jour. Les acheteurs cherchent à prolonger cette dynamique au-delà du seuil symbolique des 92 dollars, portés par l'escalade entre Washington et Téhéran qui redessine les équilibres du marché énergétique mondial.

Cette progression traduit un changement d'humeur assez brutal chez les opérateurs. Le baril, longtemps ancré sous les 90 dollars, retrouve une prime de risque qui n'avait plus été observée depuis l'été. La question posée par les traders n'est plus de savoir si le conflit va s'étendre, mais jusqu'où il peut aller sans provoquer une rupture d'approvisionnement durable dans le Golfe.

A lire aussi : L'or flambe à des niveaux jamais vus pendant que les banques centrales sèment la panique sur les marchés mondiaux

Les frappes américaines contre trois pétroliers iraniens attisent le risque géopolitique

Le week-end a marqué un tournant. Les forces américaines ont frappé et neutralisé trois pétroliers iraniens, une riposte directe à une attaque de missiles balistiques attribuée aux Gardiens de la révolution islamique (IRGC) contre deux navires de guerre de l'US Navy présents dans la région. Cet enchaînement maintient la prime de risque géopolitique bien vivante et continue de soutenir les prix du brut.

Les stratégistes matières premières de TD Securities, cités dans une note récente, estiment que cette nouvelle flambée de tensions confirme la fragilité de la détente observée sur les marchés de l'énergie ces derniers mois. Selon eux, la reprise des hostilités entre Washington et Téhéran rappelle à quel point tout accord non concret ou toute désescalade de court terme reste vulnérable à un retournement brutal du sentiment de marché.

Téhéran a de son côté menacé de représailles en cas de nouvelle frappe américaine contre ses infrastructures, avertissant que les installations énergétiques du Golfe restent exposées. Mohsen Rezaei, responsable de la sécurité iranienne, a par ailleurs déclaré que le pays se prépare à un blocus complet du détroit d'Ormuz en réponse aux sanctions économiques occidentales, une déclaration qui intensifie les craintes d'une perturbation prolongée des flux pétroliers mondiaux, sachant que près de 20% du pétrole mondial transite par ce couloir maritime.

Selon notre expert : Le système financier mondial tremble et les épargnants se ruent vers les valeurs refuges avant qu'il ne soit trop tard

Lecture technique : le WTI en quête de nouveaux sommets

Le biais reste haussier à court terme tant que le contrat WTI se maintient au-dessus de sa moyenne mobile simple à 100 jours, positionnée autour de 85,24 dollars. Le baril a également repris le niveau de retracement de Fibonacci à 61,8%, situé près de 91,59 dollars, un repère généralement interprété comme une confirmation de tendance par les analystes techniques.

Les indicateurs de momentum restent constructifs. L'indice de force relative (RSI) à 14 jours évolue dans la zone médiane des 60, sans encore signaler de situation de surachat extrême. Le MACD demeure positif, au-dessus de sa ligne de signal, avec un histogramme légèrement croissant qui laisse entrevoir une pression acheteuse persistante sur les prochaines séances.

À la hausse, le sommet de juillet, autour de 93,25 dollars, constitue un obstacle immédiat. Son franchissement ouvrirait la voie vers le retracement de Fibonacci à 78,6%, proche de 98,44 dollars, puis vers le précédent sommet à 107,16 dollars. À la baisse, le support se situe au niveau de retracement à 50%, vers 86,78 dollars, et à la moyenne mobile à 100 jours, à 85,24 dollars, formant une zone de demande plus large en cas de correction.

Le marché du diesel confirme la tension sur l'offre énergétique

Le marché pétrolier peut sembler plus apaisé qu'il y a quelques mois, mais le diesel raconte une tout autre histoire. Le crack spread du diesel américain, soit la prime des contrats à terme sur le diesel à très basse teneur en soufre par rapport au WTI, a récemment franchi la barre des 100 dollars le baril pour la première fois, atteignant un record intrajournalier de 102 dollars.

Ce phénomène traduit une tension structurelle sur les capacités de raffinage, distincte de la simple prime géopolitique observée sur le brut. Les raffineurs, confrontés à une demande soutenue et à des stocks tendus, répercutent ce déséquilibre sur les prix finaux, un point que les opérateurs surveillent de près pour anticiper d'éventuelles répercussions sur l'inflation énergétique en Europe et aux États-Unis.

Face à la volatilité pétrolière, la tentation des valeurs refuges

Dans ce climat de tensions géopolitiques et de nervosité sur les prix de l'énergie, un nombre croissant d'épargnants se tourne vers des actifs tangibles pour protéger leur capital. Les lingots d'or, les pièces d'or et l'argent physique constituent des solutions concrètes de débancarisation, permettant de sécuriser une partie de son épargne en dehors du système bancaire traditionnel. Alors que l'once d'or évolue autour de 3784,4 euros selon les cotations du jour, ces supports demeurent perçus comme des remparts historiques face aux chocs pétroliers et aux incertitudes monétaires.

Sources : BDOR - TD Securities - Energy Information Administration (EIA) - American Petroleum Institute (API)

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