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145,9 milliards d’euros : le déficit de la France s’aggrave encore, et la facture devient vertigineuse

Le déficit de l’État atteint 145,9 milliards d’euros à fin juillet 2026, soit 8 000 euros dépensés chaque seconde, selon Bercy et Reuters.

Temps de lecture : 4 minutes

145,9 milliards d’euros : le déficit de la France s’aggrave encore, et la facture devient vertigineuse

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En bref

  • Le déficit budgétaire de l’État atteint 145,9 milliards d’euros à fin juillet 2026

  • Ce montant représente environ 8 000 euros de déficit chaque seconde depuis janvier

  • La dette publique frôle 118,5 % du PIB et l’OAT à 10 ans se négocie à 3,85 %

  • Ce chiffre exclut la Sécurité sociale et les collectivités locales, avec cinq mois restant à financer

  • L’or et l’argent progressent sur les marchés, portés par la nervosité des investisseurs

Un déficit qui s’envole en sept mois

145,9 milliards d’euros. C’est le montant du déficit budgétaire cumulé de l’État français à fin juillet 2026, selon les données publiées ce mercredi 2 septembre par le ministère de l’Action et des Comptes publics et relayées par Reuters. Un an plus tôt, à la même date, le compteur affichait 142,0 milliards d’euros. La progression paraît contenue sur le papier, 3,9 milliards d’euros supplémentaires, mais elle confirme une trajectoire qui ne s’inverse pas malgré les annonces répétées de maîtrise des comptes publics.

Ramené à l’échelle nationale, ce déficit s’inscrit dans un contexte déjà tendu. La France affichait un déficit public de -5,1 % du PIB au premier trimestre 2026, selon les données officielles disponibles. La dette publique, elle, frôle actuellement 118,5 % du PIB. Deux chiffres qui, mis bout à bout, dessinent une équation budgétaire de plus en plus difficile à résoudre sans arbitrages douloureux, que ce soit du côté des dépenses ou des recettes fiscales.

A lire aussi : L’or franchit 3782 euros l’once pendant que le déficit français s’envole à une vitesse vertigineuse

Le compte à rebours de l’argent public

Diviser 145,9 milliards d’euros par les sept premiers mois de l’année donne une moyenne de 20,8 milliards d’euros de déficit chaque mois. Ramené à la journée, cela représente environ 690 millions d’euros dépensés sans être encaissés, soit près de 8 000 euros à chaque seconde qui s’écoule. Le vertige est réel : le temps de lire cet article, l’État aura déjà ajouté plusieurs dizaines de milliers d’euros à son ardoise.

Ce rythme n’a rien d’anecdotique. Il illustre une mécanique où les recettes fiscales peinent à suivre le niveau des dépenses engagées, dans un climat où la croissance du PIB ne dépasse que 0,5 % sur un an au deuxième trimestre 2026, selon les derniers indicateurs disponibles. Le chômage, à 8,3 % de la population active en juillet 2026, pèse également sur les rentrées de cotisations et d’impôts, alimentant un cercle qui se referme lentement sur les marges de manoeuvre budgétaires.

Une facture partielle qui ne dit pas tout

Ce montant de 145,9 milliards ne concerne que le budget de l’État. La Sécurité sociale et les collectivités locales ne sont pas comptabilisées dans ce total, ce qui signifie que le déficit public consolidé du pays est en réalité supérieur à cette somme. Il reste par ailleurs cinq mois à financer avant la clôture de l’exercice, une période durant laquelle le rythme des dépenses pourrait encore s’accélérer, comme c’est souvent le cas en fin d’année budgétaire.

Chaque euro de ce déficit est emprunté sur les marchés obligataires. L’OAT à 10 ans, référence de la dette publique française, se négocie actuellement à 3,85 %, un niveau qui alourdit mécaniquement la charge des intérêts. Ces intérêts seront payés par les contribuables, aujourd’hui via les impôts ou demain via de nouveaux emprunts. Le taux directeur de la Banque centrale européenne, fixé à 2,4 % depuis le 17 juin 2026, ne facilite pas un allègement rapide du coût de cette dette.

L’or et l’argent, refuges face à l’incertitude budgétaire

Ce climat de tension budgétaire n’est pas sans effet sur les marchés financiers. Le CAC 40 a reculé de 1,61 % sur les dernières 24 heures, traduisant une nervosité palpable chez les investisseurs. Dans le même temps, l’once d’or s’échange à 3 782,8 euros, en hausse de 0,18 % sur 24 heures, tandis que l’once d’argent atteint 57,03 euros, en progression de 0,39 %, d’après les cours relevés par BDOR. Ces mouvements traduisent un regain d’intérêt pour les valeurs refuges, à l’heure où la confiance dans la capacité des États à maîtriser leurs comptes publics s’effrite.

Face à cette dérive des comptes publics et à l’incertitude persistante sur les marchés obligataires, un nombre croissant d’épargnants se tourne vers des actifs tangibles comme les lingots d’or, les pièces d’or ou l’argent physique. Cette démarche répond à une logique de débancarisation partielle de l’épargne, en sortant une part de son patrimoine du système bancaire classique pour la sécuriser sous une forme physique, moins exposée aux aléas budgétaires et monétaires.

Sources : BDOR - Ministère de l’Action et des Comptes publics - Reuters

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