Demande d’or record au T3 : les investisseurs se ruent sur les lingots face à Trump et aux marchés
La demande mondiale d’or atteint un niveau inédit au 3e trimestre, dopée par les tensions géopolitiques et le retour de Trump.
Par Enzo BECHER
Temps de lecture : 2 minutes

Sommaire
- Un troisième trimestre sous haute tension
- L’or, couverture contre Trump et les marchés
- Les investisseurs fuient la survalorisation des actions
- Des records de cours… et une correction bienvenue
- Les banques centrales toujours acheteuses
- Repli marqué du secteur de la bijouterie
- Vers un retour à l’investissement de long terme
En bref
• La demande mondiale d’or a atteint 1 313 tonnes au T3 2025, un record depuis plus de 20 ans
• Les achats ont bondi de 44 % en valeur pour atteindre 146 milliards de dollars
• Les conflits, le retour de Trump et la baisse du dollar renforcent le statut refuge de l’or
• Les investisseurs particuliers ont amplifié le mouvement avec une hausse de 47 % des achats
• La bijouterie recule fortement, pénalisée par les prix élevés en Inde et en Chine
• Le Conseil mondial de l’or anticipe une poursuite de la demande, après une correction jugée saine
Un troisième trimestre sous haute tension
La demande d’or enregistrée entre juillet et septembre 2025 a atteint un sommet sans précédent depuis le début des relevés du Conseil mondial de l’or (CMO) en l’an 2000. Portée par les secousses géopolitiques, les pressions monétaires et les incertitudes boursières, elle a culminé à 1 313 tonnes, soit une progression de 3 % sur un an.
Mais c’est en valeur que le mouvement s’est réellement distingué : avec 146 milliards de dollars d’achats sur le trimestre, soit une hausse de 44 %, le marché a connu une accélération spectaculaire, en lien direct avec la flambée des cours.
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L’or, couverture contre Trump et les marchés
Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche a ravivé les tensions commerciales avec la Chine, tout en introduisant un climat d’instabilité monétaire. L’ancien président s’est illustré en menaçant directement Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine, en raison de son refus de baisser les taux. Ces attaques ont nourri les doutes sur l’indépendance de la Fed, affaiblissant le dollar et renforçant mécaniquement l’attrait de l’or.
À cela s’ajoutent les conflits armés persistants en Ukraine et au Proche-Orient, qui contribuent à l’environnement anxiogène propice aux actifs tangibles.
Les investisseurs fuient la survalorisation des actions
L’or s’est peu à peu imposé comme une réponse directe à la nervosité croissante des marchés actions. Selon Louise Street, analyste senior au CMO, de plus en plus de gestionnaires de patrimoine voient dans l’or une assurance contre une correction brutale des indices boursiers.
Cet engouement s’est traduit par une hausse de 47 % des volumes liés aux achats de lingots, pièces et ETF sur un an. Le phénomène FOMO (fear of missing out) a joué à plein, poussant de nombreux épargnants à entrer sur le marché malgré des prix déjà élevés.
Des records de cours… et une correction bienvenue
Au cours du trimestre, le prix moyen de l’once d’or s’est établi à 3 456,54 dollars, en hausse de 16 % par rapport à l’année précédente. En octobre, il a même franchi un record historique à 4 381,52 dollars.
Ce mouvement haussier a été brièvement interrompu par une correction de 5,5 % fin octobre, ramenant le cours à 4 114 dollars, ce que le CMO considère comme un rééquilibrage salutaire. Il aurait notamment permis de purger les positions spéculatives de court terme, ouvrant la voie à une dynamique plus durable.
Les banques centrales toujours acheteuses
Le rôle des banques centrales reste central dans le soutien à la demande. Elles ont augmenté leurs achats de 10 % au T3 par rapport à 2024, poursuivant une stratégie de diversification hors dollar engagée depuis plusieurs années.
Si leur appétit pour l’or ne fléchit pas, leur poids relatif a été dilué par la hausse spectaculaire des achats privés et institutionnels.
Repli marqué du secteur de la bijouterie
En parallèle, la consommation d’or pour la bijouterie s’est nettement contractée. Elle a représenté 419,2 tonnes entre juillet et septembre, contre 546,5 tonnes un an plus tôt. Il s’agit du niveau le plus faible pour un troisième trimestre depuis 2020.
Le recul est particulièrement prononcé en Inde (–31 %) et en Chine (–18 %), deux marchés clés. Les prix élevés ont freiné les achats, même si les dépenses globales restent en hausse en raison de la progression des cours.
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Vers un retour à l’investissement de long terme
Malgré une accalmie temporaire, les perspectives restent orientées à la hausse. Pour Louise Street, la récente correction des prix pourrait marquer la fin d’une phase de spéculation excessive, au profit d’un retour à des stratégies d’accumulation patrimoniale à long terme.
Alors que l’économie mondiale reste secouée par les incertitudes politiques, fiscales et monétaires, l’or retrouve plus que jamais sa place dans les portefeuilles diversifiés.
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