'En France, ce n'était plus possible' : ces retraités partent à l'étranger pour retrouver du pouvoir d'achat
Coût de la vie, fiscalité, santé : de plus en plus de retraités envisagent l’étranger pour préserver leur niveau de vie.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 2 minutes

En bref
La hausse du logement, de l’alimentation et des dépenses de santé fragilise les retraités aux revenus modestes.
Chypre et l’Irlande arrivent en tête d’un classement 2026 conçu pour les retraités britanniques, devant Malte, le Portugal et le Panama.
Un départ à l’étranger peut réduire certaines dépenses, mais oblige à étudier la fiscalité, l’assurance maladie et les conditions de résidence.
L’Aspa n’est plus versée lorsque son bénéficiaire transfère durablement sa résidence hors de France.
La retraite devait ouvrir une période plus libre. Pour une partie des seniors, elle ressemble plutôt à un exercice permanent d’arbitrage. Le chauffage ou les loisirs. Les soins dentaires ou quelques jours auprès des enfants. Le maintien d’un logement devenu trop coûteux ou un départ vers une région moins chère.
Face à cette réalité, vivre sa retraite à l’étranger n’est plus seulement associé au soleil ou au goût du voyage. Le projet prend une dimension financière. Certains retraités cherchent un pays où leur pension permettrait de retrouver un niveau de vie devenu inaccessible dans leur territoire d’origine.
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Les petites pensions ne suffisent plus toujours à maintenir le niveau de vie promis
La fragilité ne concerne pas tous les retraités de la même manière. Les propriétaires sans crédit conservent souvent une situation plus favorable que les locataires, les personnes seules ou les seniors confrontés à des frais de santé élevés. Les moyennes nationales masquent aussi des écarts considérables entre les carrières complètes, les parcours interrompus et les pensions de réversion.
Selon la DREES, la pension mensuelle moyenne de droit direct des retraités vivant en France atteignait 1 666 euros bruts, soit environ 1 541 euros nets, à la fin de 2023. Pour l’ensemble des bénéficiaires des régimes français, y compris ceux installés hors de France, la moyenne descendait à 1 607 euros bruts. Ces montants restent très éloignés de la situation de nombreux retraités modestes, notamment des femmes ayant connu des carrières incomplètes.
Le vrai problème ne tient donc pas seulement au montant épargné avant le départ en retraite. Le seuil nécessaire pour vivre correctement progresse avec les loyers, les assurances, l’énergie, l’alimentation et la dépendance. Une pension autrefois jugée convenable peut devenir trop faible sans même diminuer en euros.
L’idée d’un déménagement se construit alors moins comme une aventure que comme une équation. Réduire de 20 % ou 30 % les dépenses de logement et de services peut redonner de l’air à un budget bloqué. Mais présenter l’expatriation comme « la seule solution » serait excessif. Elle reste une option lourde, parfois irréversible, qui suppose de s’éloigner de sa famille, de ses médecins et de ses repères administratifs.
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Chypre et l’Irlande séduisent, mais partir ne garantit pas une retraite moins chère
Le classement cité par Fortune provient d’une étude de Hoxton Wealth consacrée aux destinations accessibles aux ressortissants britanniques. Vingt pays ont été évalués selon le coût de la vie, les visas, la fiscalité, les soins, la sécurité, la stabilité politique et le climat. Chypre et l’Irlande obtiennent chacune 86 points sur 100, devant Malte, le Portugal et le Panama.
Cette hiérarchie doit être lue avec prudence. Elle ne désigne pas automatiquement les pays les moins chers pour un retraité français. L’Irlande conserve un coût du logement élevé, tandis que son avantage administratif tient notamment à la zone commune de voyage entre le Royaume-Uni et l’Irlande. Ce dispositif ne répond pas à la situation d’un citoyen français. Chypre offre une fiscalité attractive et un climat recherché, mais le niveau des loyers, l’accès aux soins et la localisation choisie peuvent modifier fortement le budget réel.
Pour un Français, le départ impose aussi de vérifier la convention fiscale applicable, la couverture médicale et les démarches annuelles auprès des caisses. Dans l’Espace économique européen, les droits à l’assurance maladie dépendent du statut du retraité et du pays de résidence. Le certificat de vie doit également être transmis lorsque la caisse le demande.
Un point mérite une vigilance particulière : l’Aspa est conditionnée à une résidence stable en France. Un bénéficiaire qui s’installe durablement à l’étranger doit signaler son départ et perd le versement de cette allocation. La pension contributive peut suivre le retraité, pas nécessairement les aides sociales qui la complètent.
Avant d’envisager un départ, certains épargnants cherchent aussi à réduire leur dépendance aux seuls comptes bancaires et produits monétaires. Une part mesurée du patrimoine peut être orientée vers des investissements alternatifs, notamment des lingots d’or ou d’argent et des pièces d’or d’investissement. Cette stratégie de débancarisation partielle vise surtout à diversifier les risques et à conserver une réserve tangible. Elle ne remplace ni une épargne disponible ni une préparation rigoureuse des dépenses de retraite.
Partir peut rendre l’équation plus supportable. Ce n’est pas une échappatoire magique. Le gain financier existe seulement lorsque le logement, la fiscalité, la santé, les transports et les retours familiaux ont été chiffrés ensemble.
Sources : BDOR
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