EUR/USD : la paire résiste au-dessus de 1,1600 avant la décision de la BCE
L'EUR/USD se maintient près de 1,1640 avant la réunion de la BCE et l'inflation américaine. Analyse technique et enjeux macro à suivre.
Par Victor KOSTIK
Temps de lecture : 4 minutes

En bref
La paire EUR/USD évolue à 1,1639 dollar, proche de son plus haut niveau depuis une semaine et demie
Un relèvement de 25 points de base des taux de la BCE figure parmi les scénarios privilégiés par les opérateurs
La conférence de presse de Christine Lagarde sera scrutée pour deviner la trajectoire monétaire à venir
La Réserve fédérale américaine se prononce mi-septembre, dans un climat de tensions entre Washington et Téhéran
Sur le plan technique, la résistance clé se situe à 1,1709 et le support immédiat à 1,1625
L'or et l'argent physiques restent recherchés par les épargnants en quête de diversification hors circuit bancaire
La paire EUR/USD résiste au-dessus de 1,1600 avant la BCE
La paire EUR/USD évolue à 1,1639 dollar, en progression de 0,06% sur vingt-quatre heures selon les cotations relevées ce jeudi. Ce palier reste voisin du sommet touché la veille, un niveau qui n'avait plus été atteint depuis une semaine et demie. La prudence domine malgré tout : quelques acheteurs profitent des replis ponctuels sans qu'aucune tendance franche ne se dessine sur la paire.
Cette hésitation trouve son origine dans deux rendez-vous économiques qui structurent la semaine des cambistes. D'un côté, la Banque centrale européenne doit rendre sa décision de politique monétaire. De l'autre, l'indice des prix à la production américain sera publié dans la foulée, avant l'indice des prix à la consommation vendredi. Le taux de dépôt de la BCE s'établit actuellement à 2,25% et son taux directeur à 2,4%, selon les données officielles de l'institution datées du 17 juin 2026. Un relèvement supplémentaire de 25 points de base figure parmi les scénarios privilégiés par une majorité d'opérateurs de marché.
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Christine Lagarde et la Fed, double pression sur la devise européenne
La conférence de presse qui suivra l'annonce de la BCE concentrera toute l'attention. Les traders scruteront chaque mot de Christine Lagarde pour deviner la trajectoire des taux dans les mois à venir. Un ton jugé ferme, insistant sur la persistance des tensions inflationnistes, soutiendrait mécaniquement l'euro. À l'inverse, un discours plus prudent, évoquant un ralentissement de la croissance, pèserait sur la monnaie unique et rapprocherait la paire de ses supports.
De l'autre côté de l'Atlantique, la Réserve fédérale américaine doit également se prononcer à la mi-septembre. Les paris sur un nouveau relèvement de ses taux se sont renforcés après un rapport sur l'emploi plus robuste qu'attendu, qui a partiellement dissipé les doutes sur la solidité du marché du travail américain. Les tensions persistantes entre Washington et Téhéran ajoutent une couche d'incertitude géopolitique, un facteur qui profite traditionnellement au dollar en tant que valeur refuge et qui limite, de fait, la progression de l'EUR/USD.
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Lecture technique : résistance à 1,1709, support à 1,1625
Sur le plan graphique, la paire se maintient au-dessus de la moyenne mobile exponentielle à 200 périodes en unité de temps 4 heures, positionnée à 1,1582, et a repris le niveau de retracement de Fibonacci à 23,6%, situé à 1,1625. Les indicateurs de tendance restent constructifs sans afficher d'excès : le Relative Strength Index évolue autour de 58, juste sous le seuil de surachat, tandis que le MACD conserve un profil légèrement positif au-dessus de sa ligne zéro.
Les seuils qui feront basculer la tendance
La résistance majeure se situe près du récent point haut, à 1,1709. Un franchissement net de ce palier ouvrirait la voie à une phase de reprise plus durable vers des niveaux supérieurs à moyen terme. À la baisse, le support immédiat reste ancré à 1,1625, renforcé par la moyenne mobile à 200 périodes et par le retracement à 38,2%, regroupés entre 1,1570 et 1,1580. Un repli plus marqué exposerait ensuite les niveaux de 1,1531, puis 1,1489.
Face à l'incertitude, le réflexe des actifs tangibles
Cette valse des annonces monétaires, conjuguée aux tensions géopolitiques persistantes, alimente un réflexe désormais bien ancré chez les épargnants : celui de diversifier une partie de leur patrimoine hors du système bancaire traditionnel. L'or coté autour de 3787,3 euros l'once et l'argent à 57,96 euros l'once, selon les cours du jour, continuent d'attirer les particuliers en quête de protection face aux soubresauts des devises. Les lingots d'or et d'argent ainsi que les pièces d'or offrent une alternative tangible, détenue en direct plutôt que via un compte-titres, pour celles et ceux qui cherchent à sécuriser une part de leur épargne indépendamment du dollar ou de l'euro, dans une logique de débancarisation.
Ce mouvement s'inscrit aussi dans un contexte macroéconomique national marqué par une dette publique équivalente à 118,5% du PIB et un déficit public de -5,1% du PIB au premier trimestre 2026, selon les données de référence disponibles. Une inflation contenue à 0,7% sur un an en décembre 2025 n'efface pas les inquiétudes structurelles liées à une croissance atone, limitée à 0,5% sur un an au deuxième trimestre 2026, et à un taux de chômage de 8,3% de la population active en juillet 2026. Ces indicateurs nourrissent, chez une partie croissante des épargnants, l'envie de détenir une réserve de valeur indépendante des politiques monétaires et budgétaires.
Sources : BDOR - Banque centrale européenne (BCE) - Réserve fédérale américaine (Fed) - Bureau of Labor Statistics (BLS)
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