EUR/USD : le dollar reprend la main sur fond de pari agressif de la Fed après l'inflation américaine
L'EUR/USD chute à un plus bas de quatre semaines alors que les paris haussiers sur les taux de la Fed s'intensifient après le CPI américain.
Par Enzo BECHER
Temps de lecture : 4 minutes

Sommaire
- L'euro recule face à un dollar requinqué par les attentes de la Fed
- Une Banque centrale européenne restée volontairement silencieuse
- Lecture technique : la paire glisse sous sa moyenne mobile de court terme
- Onde de choc sur les autres devises et les marchés mondiaux
- Face aux soubresauts des devises, la tentation des valeurs tangibles
En bref
L'EUR/USD recule à 1.1565 dollar, un plus bas de quatre semaines, sous la pression d'anticipations plus fermes de la Fed
L'inflation américaine (CPI) reste à 3.4% sur un an en août 2025, avec une accélération mensuelle à 0.4%, selon le Bureau of Labor Statistics
La BCE a relevé ses taux le 16 septembre 2026 sans donner d'indications sur la trajectoire future, selon Christine Lagarde
Techniquement, la paire reste sous sa moyenne mobile à 20 périodes proche de 1.1602, avec un support clé à 1.1500
Le dollar se renforce aussi face au yen et au dollar australien, tandis que l'indice du billet vert progresse à 99.35 points
L'euro recule face à un dollar requinqué par les attentes de la Fed
L'EUR/USD a cédé 0.28% lundi matin, glissant vers 1.1565 dollar, un plus bas de quatre semaines selon les cotations de la session européenne. Ce repli fait suite à la publication de l'indice des prix à la consommation américain d'août, dévoilé par le Bureau of Labor Statistics le 12 septembre 2025 : l'inflation globale s'est maintenue à 3.4% sur un an, conforme aux attentes, quand le cœur de l'inflation a ralenti à 2.4% contre 2.5% en juillet.
Sur un mois, la hausse des prix accélère nettement : +0.4% contre +0.1% en juillet, et +0.3% pour l'indice sous-jacent, au-dessus du consensus fixé à 0.2%. Combinée à un indice des prix à la production plus chaud que prévu la semaine passée, cette accélération alimente les paris sur une Fed plus ferme lors de sa réunion de septembre, ce qui soutient mécaniquement le dollar face à la monnaie unique.
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Une Banque centrale européenne restée volontairement silencieuse
La BCE a relevé ses taux directeurs la semaine dernière, un geste attendu par les marchés, mais n'a livré aucune indication précise sur la suite. Le taux de dépôt ressort à 2.5% et le taux de refinancement à 2.65% depuis le 16 septembre 2026, d'après les données de marché en direct. Christine Lagarde a résumé la posture de l'institution en conférence de presse : « La discussion s'est concentrée sur la décision du jour, nous n'avons pas débattu de la trajectoire future des taux. »
Ce silence calculé prive l'euro d'un appui que lui aurait offert un discours plus tranché. Face à une Fed qui laisse entrevoir un ton plus ferme après des données d'inflation résilientes, la paire se retrouve prise en étau, le contraste de communication entre les deux institutions expliquant une bonne part de l'écart de performance récent.
Selon notre expert : Pendant que le dollar écrase l'euro, l'once d'or et l'argent physique explosent les compteurs ce lundi
Lecture technique : la paire glisse sous sa moyenne mobile de court terme
Sur le graphique journalier, l'EUR/USD évolue à 1.1565, conservant un biais légèrement baissier tant qu'il reste sous la moyenne mobile exponentielle à 20 périodes, positionnée à 1.1602. Ce repli technique limite les velléités de rebond, tandis que le RSI, à 45, traduit un essoufflement de la dynamique haussière plutôt qu'une survente franche.
Les niveaux à surveiller cette semaine
Une clôture journalière au-dessus de 1.1602 desserrerait la pression baissière et rouvrirait la voie vers des niveaux plus élevés. À défaut, un échec à défendre le support de 1.1560 exposerait la paire au seuil psychologique de 1.1500. L'indice du dollar, à 99.35 points en hausse de 0.59% sur 24 heures selon les cotations du jour, confirme cette reprise de vigueur du billet vert.
Onde de choc sur les autres devises et les marchés mondiaux
La vigueur du dollar déborde largement l'euro. L'AUD/USD a touché un plus bas d'une semaine et demie près de 0.7140 durant la séance asiatique, en repli de 0.25%. L'USD/JPY a grimpé vers 154.00, effaçant une partie des pertes de vendredi, tout en restant proche d'un plus bas de près de sept mois enregistré la semaine passée.
Ce regain tranche avec la tendance antérieure, quand l'indice du dollar flirtait avec un plus bas de quatre mois près de 98.50 points. Sur les marchés actions, le CAC 40 reculait de 1.52% à 8180 points ce lundi selon les cotations arrêtées en séance, traduisant la nervosité ambiante face au resserrement monétaire américain anticipé.
Face aux soubresauts des devises, la tentation des valeurs tangibles
Les devises évoluant au gré des annonces de banques centrales et des statistiques d'inflation, une partie des épargnants cherche à sécuriser une portion de leur patrimoine en dehors du système bancaire classique. Les métaux précieux, à commencer par les lingots d'or, l'argent physique et les pièces d'or, restent perçus comme des actifs refuges capables de traverser les cycles monétaires sans dépendre de la solvabilité d'un établissement financier, dans une logique de débancarisation partielle.
L'once d'or s'échangeait autour de 3742.8 euros ce lundi, en progression de 0.13% sur 24 heures, tandis que l'once d'argent évoluait près de 55.28 euros, en hausse de 0.39%, selon les cours de marché relevés en direct. Ces niveaux offrent une alternative concrète pour diversifier une épargne exposée aux soubresauts des paires de devises et aux décisions des banques centrales.
Sources : BDOR - Bureau of Labor Statistics (BLS) - Banque centrale européenne (BCE) - Réserve fédérale (Fed)
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