L'euro progresse face au dollar après des propos de Trump jugés apaisants sur l'Iran
L'EUR/USD s'échange ce vendredi 9 octobre autour de 1,1236 dollar, en hausse de 0,23 %, alors que le dollar recule après les déclarations de Trump sur l'Iran.
Par Maxime TEUTSCH
Temps de lecture : 5 minutes

En bref
La paire EUR/USD évolue autour de 1,1236 dollar, en hausse de 0,23 % sur vingt-quatre heures
L'indice du dollar redescend à 102,02 points, en repli de 0,14 %
Donald Trump a écarté une frappe militaire contre l'Iran avant les élections de mi-mandat
La politique monétaire ferme de la Fed continue de freiner la progression de l'euro
La situation budgétaire et politique française limite aussi la hausse de la monnaie unique
La paire reste en phase de consolidation baissière depuis son sommet d'août
Le dollar recule, l'or réagit aussitôt
La paire EUR/USD évolue ce vendredi 9 octobre autour de 1,1236 dollar, en hausse de 0,23 % sur vingt-quatre heures, tandis que l'indice du dollar (DXY) redescend à 102,02 points, en repli de 0,14 %. L'or se négocie en dollars sur les marchés internationaux : chaque repli du billet vert le rend mécaniquement moins cher pour un acheteur réglant en dollars, ce qui soutient la demande et pousse le prix vers le haut. C'est exactement ce schéma qui se joue aujourd'hui.
Nos relevés confirment ce mouvement. L'or s'affiche ce matin à 119,61 euros le gramme, soit 3720,19 euros l'once, en progression de 1,0 % depuis la clôture de la veille et depuis l'ouverture de la séance. Sur la semaine, l'once a grimpé de 1,2 % d'une semaine sur l'autre, un rythme en léger ralentissement par rapport à la semaine précédente (+1,6 %). Le plus haut de la semaine, 119,61, a justement été touché ce matin, preuve que le repli du dollar agit en temps réel sur le prix payé à Paris.
A lire aussi : Comment la faiblesse du dollar se répercute aussitôt sur le prix de l'or
Trump temporise sur l'Iran, la Fed retient le dollar
Donald Trump a indiqué jeudi que les États-Unis s'abstiendraient de frapper militairement l'Iran avant les élections de mi-mandat du 3 novembre. Cette annonce, combinée à un repli nocturne des rendements obligataires américains, a déclenché des prises de bénéfices sur le dollar et explique la deuxième séance de hausse consécutive de l'euro face au billet vert. La prime de risque géopolitique n'a pourtant pas disparu : le bras de fer entre Washington et Téhéran autour du programme nucléaire iranien reste entier et peut se rallumer sans préavis.
Le biais hawkish persistant de la Fed limite d'autant la progression de l'EUR/USD. La paire bute sur une résistance technique autour de 1,1280, puis 1,1300, au-delà de laquelle un mouvement de couverture pourrait s'accélérer vers 1,1355. Pour un épargnant qui suit l'or, cette résistance a un sens concret : tant que le dollar n'est pas durablement affaibli, la hausse de l'or en dollars garde elle aussi un plafond.
La France pèse sur l'euro autant que Washington sur le dollar
L'euro ne profite pas pleinement de la faiblesse du dollar, et la raison se trouve en partie à Paris. Les inquiétudes sur la trajectoire de la dette française et le blocage politique à l'approche de l'élection de l'an prochain retiennent les investisseurs de prendre des positions agressivement acheteuses sur la monnaie unique. L'OAT à 10 ans évolue à 4 %, pendant que la BCE maintient son taux directeur à 2,65 % et sa facilité de dépôt à 2,5 % depuis sa décision du 16 septembre 2026.
Techniquement, la paire reste engluée dans une phase de consolidation baissière depuis son sommet mensuel d'août, après être tombée vers 1,1160, son plus bas niveau depuis mai 2025. La remontée de cette semaine ne constitue pour l'instant qu'un rebond modeste à l'intérieur de cette fourchette : les deux devises portent chacune leur propre fragilité, le dollar sous le coup des tensions avec l'Iran, l'euro sous celui de la situation budgétaire française, ce qui limite l'amplitude du mouvement sur la parité, et donc sur l'or converti en euros.
Ce que la variation change au prix payé en euros
Une hausse de 0,23 % sur l'EUR/USD ne se répercute jamais à l'identique sur le prix de l'or en euros. Le gramme d'or a gagné 1,0 % depuis la clôture de la veille, un mouvement supérieur à ce que la seule appréciation de l'euro laisserait supposer : le prix de l'or en dollars a lui-même progressé, porté par le repli du billet vert et le regain d'appétit pour les valeurs refuges lié au dossier iranien. L'épargnant français encaisse donc l'addition des deux mouvements, la hausse du cours en dollars et l'appréciation partielle de l'euro qui vient en soustraire une partie, pas une simple conversion mécanique.
L'amplitude observée sur la semaine, 1,3 % entre le plus bas à 118,03 et le plus haut à 119,61, illustre cette mécanique à double vitesse. Un gramme acheté lundi à l'ouverture, à 118,61 euros, coûte ce matin 119,61 euros, soit une progression de 0,8 % sur cinq séances. Ce n'est pas un hasard si le mouvement coïncide avec les deux jours de repli du dollar consécutifs à l'annonce de Donald Trump.
Une lecture qui peut se retourner sans préavis
La corrélation inverse entre dollar et or qui structure cet article n'est ni constante ni automatique. Un choc géopolitique brutal autour de l'Iran pourrait pousser simultanément le dollar et l'or à la hausse, les deux actifs jouant alors le rôle de valeur refuge en même temps, ce qui romprait la logique inverse décrite plus haut. Des achats de banques centrales étrangères, insensibles aux variations de change au jour le jour, ou un mouvement marqué sur les taux réels américains peuvent également prendre cette lecture en défaut.
La prudence s'impose donc sur l'horizon court. Si les tensions entre Washington et Téhéran s'intensifient dans les prochains jours, le dollar pourrait regagner du terrain par réflexe refuge tout en laissant l'or progresser quand même, ce qui invaliderait la grille de lecture tenue aujourd'hui. Pour l'épargnant, l'enseignement reste le même quel que soit le scénario : le niveau de l'EUR/USD mérite d'être suivi, mais il n'explique jamais à lui seul la totalité du mouvement du prix de l'or en euros.
Sources : BDOR
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