L'or se stabilise au-dessus de 119 euros le gramme, sa progression hebdomadaire ralentit nettement
L'or termine la semaine à 119,61 euros le gramme, en hausse de 1,2%, mais le rythme de progression ralentit nettement par rapport aux semaines précédentes.
Par Maxime TEUTSCH
Temps de lecture : 5 minutes

Sommaire
En bref
L'or clôture la semaine à 119,61 euros le gramme, contre 118,61 euros en ouverture
La hausse hebdomadaire ressort à 1,2%, en net ralentissement par rapport aux 1,6% de la semaine précédente
Sur un mois, l'or recule de 1,6%, mais affiche encore 5,9% de hausse sur trois mois
L'amplitude de la semaine reste contenue à 1,3%, signe d'un marché qui respire sans s'affoler
Le repli du dollar et des rendements obligataires américains a soutenu l'or sur la période
Le gramme campe au-dessus de 119 euros sans franchir de nouveau palier significatif
Une semaine qui confirme la tenue de l'or au-dessus de 119 euros
La semaine du 5 au 9 octobre 2026 s'ouvrait à 118,61 euros le gramme pour l'or. Elle se referme à 119,61 euros, selon nos relevés du matin, après un plus haut à 119,61 euros et un plus bas à 118,03 euros. L'amplitude reste contenue à 1,3%. La variation d'une semaine sur l'autre ressort à +1,2%, en net ralentissement par rapport aux +1,6% enregistrés la semaine précédente.
Ce tassement mérite d'être regardé à l'aune du mois écoulé : sur 1 mois, l'or recule de 1,6% d'après nos relevés, quand il affiche encore +5,9% sur 3 mois. La tendance de fond reste haussière, mais la dynamique de court terme s'essouffle. Pour un épargnant qui détient déjà de l'or physique, cette semaine confirme davantage une consolidation qu'une rupture : le gramme campe au-dessus de 119 euros sans franchir de palier nouveau.
A lire aussi : Comment le ratio or/argent s'est nettement tendu cette semaine
L'argent recule et le ratio or/argent se tend nettement
L'argent a connu une semaine plus heurtée. Ouvert à 1,750 euro le gramme lundi, il termine à 1,723 euro, soit un trajet de 1,5% sur les cinq dernières séances. La variation hebdomadaire au sens strict ressort à seulement 0,1% de repli, après une amplitude de 3,3% entre le plus bas à 1,697 euro et le plus haut à 1,752 euro. L'argent a donc vécu des secousses bien plus marquées que l'or, confirmation de sa nature de métal à double usage, monétaire et industriel.
Le ratio or/argent, qui mesure combien d'onces d'argent il faut pour acheter une once d'or, s'établit aujourd'hui à 69,4, contre 65,4 il y a un mois, une hausse de 6,1%. Sur 1 mois, l'écart est encore plus marqué : l'argent cède 7,3% quand l'or ne recule que de 1,6%. Cette divergence suggère que les flux de refuge sont allés davantage vers l'or ces dernières semaines, pendant que l'argent, plus sensible au cycle industriel, a pâti d'inquiétudes sur la demande manufacturière.
Le dollar et les taux américains, moteur discret de la semaine
L'once d'or se traite en dollars avant d'être convertie en euros. Le Dollar Index recule de 0,14% sur les dernières 24 heures à 102,02 points, pendant que l'EUR/USD remonte à 1,1236 dollar, en hausse de 0,23%. Un dollar plus faible rend mécaniquement l'once plus chère en devise américaine, mais pour un acheteur en euros, cette même faiblesse du billet vert amortit une partie de la hausse affichée en dollars, ce qui explique pourquoi la progression de l'or, vue depuis Paris, paraît plus modérée que les cours internationaux ne le suggèrent.
Côté taux, rien n'a bougé du côté européen : le taux directeur de la BCE reste à 2,65% et sa facilité de dépôt à 2,5%, un repère daté du 16 septembre 2026. L'OAT 10 ans française campe à 4%. Ces niveaux continuent de faire concurrence à un métal qui ne verse aucun coupon : obtenir 4% sans risque sur une obligation d'État tandis que l'or ne progresse que de 1,2% sur la semaine relativise l'enthousiasme, même si la comparaison ignore la fonction de protection patrimoniale propre au métal.
Géopolitique et énergie derrière l'apaisement des rendements
Deux éléments extérieurs au marché des métaux ont pesé sur la semaine. La Chine a annoncé la reprise de ses exportations de carburants raffinés en octobre, après une suspension durant la Golden Week, avec environ 3,7 millions de tonnes de diesel, essence et kérosène autorisées à l'export. Ce geste détend un marché pétrolier tendu, réduit les craintes d'inflation importée et facilite un repli des rendements obligataires américains, lequel affaiblit l'attrait du dollar et redonne de l'air à l'or.
Sur le front diplomatique, les autorités américaines ont indiqué vouloir éviter de nouvelles frappes contre l'Iran avant les élections de mi-mandat du 3 novembre, tout en maintenant une pression sur l'enrichissement d'uranium que Téhéran refuse d'abandonner. Les combats entre les Houthis et la coalition menée par l'Arabie saoudite entretiennent aussi une prime de risque géopolitique qui ne se dissipe pas. Les analystes d'UOB Group anticipent deux hausses supplémentaires des taux américains, en décembre 2026 puis au premier trimestre 2027, avant une pause pour le reste de l'année. Cette perspective, si elle se confirme, soutiendrait le dollar et pèserait à nouveau sur l'or.
Ce que BDOR retient avant la semaine prochaine
Notre lecture de cette semaine est celle d'un or qui consolide ses gains plutôt qu'il n'accélère, et d'un argent qui paie le prix de sa double identité en période d'incertitude industrielle. Le ratio or/argent à 69,4 n'a rien d'extrême dans l'absolu, mais sa progression rapide sur un mois mérite d'être surveillée : si l'argent venait à se stabiliser pendant que l'or continue de progresser, le ratio pourrait se tendre davantage et fragiliser la thèse d'un rattrapage de l'argent à court terme.
Le principal risque de la semaine à venir tient aux indicateurs de confiance des ménages américains, attendus pour confirmer ou infirmer la trajectoire des taux, et à l'évolution du dossier iranien avant les élections américaines du 3 novembre. Une résolution rapide des tensions au Moyen-Orient retirerait une partie de la prime de risque qui soutient actuellement l'or, tandis qu'une nouvelle hausse de taux américaine confirmée renforcerait le dollar et pèserait sur le métal. Notre position reste prudente : la tendance de fond demeure haussière sur l'horizon de 3 mois, mais rien n'indique que le rythme des dernières semaines se maintienne tel quel.
Sources : BDOR
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