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Dette record : la France prévoit 310 milliards d’euros d’emprunts en 2026 pour boucler son budget

La France s’apprête à lever 310 milliards € en 2026 pour couvrir son déficit et refinancer sa dette, selon l’AFT.

Temps de lecture : 2 minutes

Dette record : la France prévoit 310 milliards d’euros d’emprunts en 2026 pour boucler son budget

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En bref

• L’État français envisage un recours massif à la dette en 2026, à hauteur de 310 milliards d’euros.• Cette enveloppe servira à refinancer des échéances et combler un déficit structurel persistant.• Le ratio d’endettement atteindrait 117,9 % du PIB fin 2026, contre 115,9 % fin 2025.• Le coût du service de la dette pèse de plus en plus lourd sur les finances publiques.• Le programme est piloté par l’Agence France Trésor (AFT), qui gère les émissions obligataires de l’État.

Une trajectoire d’endettement de plus en plus verticale

La France s’apprête à franchir un seuil inédit dans sa gestion budgétaire. Selon les dernières projections dévoilées par l’Agence France Trésor (AFT), le programme de financement de l’État pour 2026 s’élèvera à 310 milliards d’euros, un montant jamais atteint jusqu’ici. En comparaison, le volume d’emprunts prévu en 2025 était déjà conséquent : 300 milliards d’euros.

A lire aussi : L’État français s’endette à un rythme inédit… Et pendant ce temps, l’or reste une valeur sans contrepartie.

Ce recours massif à l’endettement vise à couvrir à la fois le déficit budgétaire et le remboursement des dettes arrivant à échéance. L'AFT précise que cette hausse de 10 milliards est directement liée à l’augmentation des remboursements prévus en 2026, qui devraient passer de 168 milliards d’euros en 2025 à 175,8 milliards.

Une charge budgétaire croissante face à des recettes sous pression

Rapporté à la richesse nationale, cet effort de financement représentera 10,1 % du PIB en 2026, un niveau équivalent à celui de 2025. Ce ratio reste inférieur au pic observé lors de la crise sanitaire de 2020 (11,2 % du PIB), mais marque une stabilisation à un palier historiquement élevé.

L’enchaînement des déficits annuels continue de gonfler le stock de dette publique, qui devrait atteindre 117,9 % du PIB fin 2026, contre 115,9 % fin 2025. Ce niveau reste bien au-delà des seuils de Maastricht et reflète une situation budgétaire structurellement déséquilibrée.

Une dépendance accrue aux marchés financiers

L’État reste donc extrêmement dépendant du bon vouloir des investisseurs institutionnels pour refinancer ses échéances. Toute remontée durable des taux pourrait renchérir le coût de la dette, alors même que la charge d’intérêts constitue déjà l’un des premiers postes budgétaires.

Dans ce contexte, la stratégie de l’AFT repose sur une diversification des maturités, des outils de gestion de trésorerie, et un calendrier d’émissions calibré pour éviter les tensions de liquidité. Mais la question centrale demeure : jusqu’où la France pourra-t-elle repousser les limites de son modèle d’endettement ?

Une dynamique structurelle, pas conjoncturelle

Si le recours à l’endettement a été justifié à plusieurs reprises par des crises ponctuelles pandémie, inflation, soutien à l’économie la tendance semble désormais structurelle. L’État français vit à crédit depuis des décennies, sans inversion durable de tendance depuis les années 1980.

La situation de 2026 ne constitue donc pas une anomalie budgétaire, mais bien l’ancrage d’un nouveau régime financier. Cette orientation pourrait à moyen terme poser des questions de souveraineté monétaire, de notation souveraine ou encore de répartition des ressources entre dettes passées et dépenses futures.

Sources : BDOR

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