Cette start-up veut créer de l’or… grâce à la fusion nucléaire
Une start-up veut produire de l’or par fusion nucléaire. Une méthode qui pourrait rentabiliser les futures centrales.
Par Victor KOSTIK
Temps de lecture : 2 minutes

Sommaire
- Un vieux rêve scientifique rattrapé par la technologie nucléaire
- Transmutation : une réaction physique connue, mais jamais exploitée à cette échelle
- Une couche de mercure intégrée à la paroi des futurs tokamaks
- 5 tonnes d’or par gigawatt : un potentiel économique colossal
- La fusion nucléaire, catalyseur d’un nouveau marché aurifère ?
- Entre science et marché, une technologie encore à valider
En bref
• La start-up américaine Marathon Fusion affirme pouvoir produire de l’or à partir de mercure grâce à la fusion nucléaire.
• Le processus repose sur une réaction de transmutation nucléaire utilisant les neutrons générés par un réacteur de type tokamak.
• Chaque gigawatt produit pourrait générer jusqu’à 5 tonnes d’or par an, soit 550 M$ au cours actuel.
• Ce modèle pourrait rentabiliser les centrales à fusion et accélérer leur développement mondial.
Un vieux rêve scientifique rattrapé par la technologie nucléaire
Transformer des éléments chimiques en or, autrefois apanage des alchimistes, revient aujourd’hui sur le devant de la scène… avec des arguments scientifiques. La société américaine Marathon Fusion, spécialisée dans les technologies nucléaires, affirme avoir mis au point une méthode théorique de production d’or à partir de mercure, en exploitant les propriétés physiques d’un réacteur à fusion.
L’idée, aussi ambitieuse qu’inhabituelle, repose sur un mécanisme déjà bien connu dans le secteur de l’atome : la transmutation nucléaire.
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Transmutation : une réaction physique connue, mais jamais exploitée à cette échelle
La technique consiste à bombarder un isotope spécifique du mercure, le mercure-198, avec des neutrons rapides. Sous l’effet de ce flux énergétique, l’isotope se transforme en mercure-197, une forme instable qui finit, en se désintégrant, par donner naissance à un atome d’or.
Ce phénomène, bien que validé théoriquement, n’a jamais été intégré dans une architecture industrielle ou énergétique. Marathon Fusion souhaite l’appliquer directement à l’intérieur d’un réacteur à fusion, plus précisément dans une configuration de type tokamak, où l’énergie des neutrons serait utilisée à double finalité : maintenir la réaction et convertir du mercure en or.
Une couche de mercure intégrée à la paroi des futurs tokamaks
Traditionnellement, les tokamaks utilisent une couche de lithium autour du plasma pour capturer les neutrons et produire du tritium, carburant nécessaire au maintien de la réaction. La proposition de Marathon Fusion consiste à intégrer une petite quantité de mercure à cette couche, sans compromettre le rendement énergétique du système.
Les neutrons, en partie absorbés par ce mercure, provoqueraient alors la transmutation et permettraient de récupérer, après un certain temps, des quantités exploitables d’or. L’opération se déroulerait en parallèle de la production d’énergie, ce qui ouvre la voie à une rentabilité accrue des centrales à fusion.
5 tonnes d’or par gigawatt : un potentiel économique colossal
Selon les projections avancées par l’entreprise, chaque gigawatt électrique produit pourrait générer jusqu’à 5 000 kg d’or par an. À un cours moyen de 550 000 $ par kilo, cela représenterait 550 millions de dollars de revenus annuels supplémentaires, indépendamment de la production énergétique.
Ce scénario renforcerait considérablement l’attractivité financière de la fusion nucléaire, actuellement confrontée à des défis de financement, de coût d’infrastructure et de temps de déploiement. Offrir un produit tangible comme l’or permettrait à ces projets de trouver de nouveaux relais d’investissement.
La fusion nucléaire, catalyseur d’un nouveau marché aurifère ?
Les scientifiques de Marathon Fusion estiment que cette valorisation parallèle pourrait accélérer l’industrialisation de la fusion, en améliorant les retours sur investissement dès les premières unités opérationnelles. L’intérêt stratégique est double : produire une énergie propre sans déchet radioactif à long terme, et générer un flux de revenu secondaire via un actif physique hautement valorisé.
Les neutrons issus de la fusion sont plus énergétiques que ceux des réacteurs à fission, ce qui les rend particulièrement adaptés à la transmutation. Une propriété rarement mise en avant jusqu’ici, mais qui pourrait bien changer l’équation économique du nucléaire.
Selon notre expert : Alors que les banques centrales achètent des tonnes d’or, une technologie nucléaire pourrait bientôt en produire par milliers de kilos.
Entre science et marché, une technologie encore à valider
L’étude de Marathon Fusion n’a, pour l’instant, pas été validée par la communauté scientifique. Il s’agit d’un projet théorique, sans preuve expérimentale publiée ni démonstration en conditions réelles. L’enjeu est donc encore prospectif, mais il soulève des questions fondamentales sur les usages futurs du nucléaire, bien au-delà de la seule production d’énergie.
En pleine ruée vers l’or physique à l’échelle mondiale entre les achats massifs des banques centrales, les mouvements des BRICS, ou les tensions géopolitiques cette annonce alimente une réflexion nouvelle : et si la rareté de l’or n’était plus une fatalité ?
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