Grève le 29 septembre : les fonctionnaires appelés à se mobiliser massivement dans toute la France
Grève du 29 septembre : la fonction publique réclame hausses de salaires et moyens face au budget 2027 et à la dette publique française.
Par Trajce KOSTIK
Temps de lecture : 3 minutes

En bref
Les huit syndicats représentatifs de la fonction publique appellent à la grève et aux manifestations le 29 septembre 2026.
Les agents réclament des mesures salariales, une revalorisation du point d’indice et davantage de moyens pour les services publics.
La mobilisation arrive alors que la dette publique atteignait 117,5 % du PIB au premier trimestre 2026.
Le ralentissement économique et la remontée du coût de la dette compliquent fortement l’équation budgétaire de l’État.
Huit syndicats unis face aux choix budgétaires de 2027
La rentrée sociale se tend pour le gouvernement. Les huit organisations représentatives CGT, CFDT, FO, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP ont appelé les agents des trois versants de la fonction publique à faire grève et à manifester le 29 septembre 2026. La CFDT a confirmé le 3 septembre le dépôt d’un préavis couvrant les fonctions publiques d’État, territoriale et hospitalière. Les revendications portent notamment sur des mesures salariales générales, une revalorisation du point d’indice, son indexation sur l’inflation et le rétablissement de la GIPA.
Le malaise ne peut pas être réduit à une simple bataille de rémunération. Hôpitaux, écoles et collectivités doivent composer avec des arbitrages financiers difficiles, tandis que la préparation du budget 2027 alimente les inquiétudes sur les moyens disponibles. Le point d’indice cristallise cette frustration : le portail officiel de la fonction publique indique toujours une valeur mensuelle de 4,92 euros, issue de la dernière revalorisation entrée en vigueur le 1er juillet 2023.
Trois années sans hausse générale du point commencent à peser lourd dans les perceptions, même si le ralentissement de l’inflation a changé la nature du débat. La colère salariale s’est déplacée. Elle ne porte plus seulement sur l’inflation instantanée, mais sur les pertes de pouvoir d’achat accumulées, l’écrasement des grilles et l’attractivité de certains métiers publics.
Une dette à 3 536 milliards d’euros réduit considérablement la marge de manœuvre
Le problème politique rencontre ici une contrainte comptable très concrète. Selon l’Insee, la dette publique française atteignait 3 536,1 milliards d’euros à la fin du premier trimestre 2026, soit 117,5 % du PIB. Elle a progressé de 75,6 milliards d’euros en seulement trois mois. Ce chiffre corrige les 118,5 % évoqués dans le texte initial : les données officielles disponibles au 9 septembre ne permettent pas de retenir ce ratio.
Pour 2025, le déficit public s’est établi à 152,5 milliards d’euros, soit 5,1 % du PIB, tandis que la dette représentait 115,7 % du PIB en fin d’année selon les comptes définitifs publiés par l’Insee le 29 mai 2026. La croissance n’a atteint que 0,8 % en 2025. Plus préoccupant pour la rentrée 2026, l’activité a stagné au deuxième trimestre après une contraction de 0,2 % au premier trimestre selon les résultats détaillés du 28 août. Le pouvoir d’achat par unité de consommation a lui aussi reculé de 0,6 % au deuxième trimestre.
Le coût du financement ajoute une difficulté supplémentaire. L’Agence France Trésor affichait un TEC 10 à 4,24 % le 8 septembre 2026, contre un taux moyen pondéré de 3,47 % pour les émissions d’OAT réalisées depuis le début de l’année. Quand chaque hausse durable des rendements finit par renchérir progressivement le refinancement de la dette, promettre simultanément davantage de dépenses et une réduction rapide du déficit devient une équation franchement inconfortable.
Chômage, BCE et épargne placent la crise sociale dans une économie déjà fragile
La mobilisation du 29 septembre ne provoquera pas, à elle seule, un bouleversement économique. Son importance vient plutôt du moment où elle intervient. L’Insee a mesuré le taux de chômage à 8,3 % au deuxième trimestre 2026, contre 8,1 % au trimestre précédent et 7,6 % un an plus tôt. Cela représente environ 2,7 millions de chômeurs au sens du BIT. Le chiffre de 8,3 % ne doit donc pas être présenté comme une statistique de juillet : il s’agit d’une moyenne trimestrielle publiée le 7 août.
La Banque centrale européenne apporte peu de répit immédiat. Après une hausse de 25 points de base décidée le 11 juin, la BCE a maintenu ses taux inchangés le 23 juillet. Depuis le 17 juin, le taux des opérations principales de refinancement reste fixé à 2,40 %, la facilité de dépôt à 2,25 % et la facilité de prêt marginal à 2,65 %. L’institution justifie cette prudence par les risques inflationnistes liés notamment aux prix de l’énergie et aux tensions géopolitiques.
Cette combinaison finances publiques dégradées, croissance faible, chômage en hausse et taux longs élevés peut inciter certains ménages à revoir la répartition de leur patrimoine. Les investissements alternatifs, dont les lingots d’or, lingots d’argent ou pièces d’or physiques, peuvent répondre à une logique de diversification et de débancarisation partielle. Ils ne garantissent ni rendement ni protection absolue, mais permettent de détenir une fraction de l’épargne hors des actifs bancaires traditionnels. Cette approche relève davantage de la sécurisation patrimoniale de long terme que d’un pari sur les soubresauts politiques d’une seule journée sociale.
Sources : BDOR - Insee - Banque centrale européenne - Agence France Trésor
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