« Ça va piquer » : ce que le gouvernement prépare sur l’impôt sur le revenu
Le gel du barème de l’impôt sur le revenu envisagé en 2026 alourdirait discrètement la facture fiscale de millions de Français.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 2 minutes

En bref
Le gouvernement envisage un gel du barème de l’impôt sur le revenu pour 2026.
Cette mesure entraînerait une hausse mécanique de l’impôt pour des millions de foyers.
L'État espère engranger 1,9 milliard d'euros de recettes supplémentaires.
Les contribuables non revalorisés risquent de payer plus sans hausse de revenus.
L’Assemblée nationale doit encore valider ou rejeter cette disposition.
Une mesure budgétaire lourde de conséquences
Dans le cadre du Projet de loi de finances 2026, le gouvernement a proposé de geler les barèmes de l’impôt sur le revenu (IR) et de la contribution sociale généralisée (CSG). Si cette orientation est validée, elle représenterait une rupture avec une tradition fiscale bien ancrée : celle de l’indexation annuelle des seuils d’imposition sur l’inflation.
L’objectif affiché par l’exécutif est clair : réduire le déficit en augmentant les recettes fiscales. Selon les calculs du ministère de l’Économie, le gain budgétaire attendu s’élèverait à près de 1,9 milliard d’euros pour l’exercice 2026. Mais derrière ce chiffre se cache une hausse insidieuse de la pression fiscale sur des millions de contribuables.
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Une hausse d’impôt déguisée par l’inflation
Chaque année, les parlementaires ajustent le barème de l’IR pour éviter que l’inflation ne pousse mécaniquement davantage de foyers dans des tranches plus élevées. En 2025, cette revalorisation a été fixée à 1,8 %, ce qui avait permis d’exempter 619 000 personnes d’un impôt injustement indu.
Si ce mécanisme est suspendu en 2026 alors que l’inflation se maintient à 1,3 %, les conséquences seront concrètes et immédiates. Même sans hausse de salaire réelle, les contribuables pourraient voir leur impôt augmenter, simplement parce que leurs revenus nominaux suivent l’évolution des prix.
Simulation concrète : une facture plus lourde pour tous
Prenons un exemple : un célibataire gagnant 40 000 euros par an. En 2024, il a payé 3 965 euros d’impôt sur le revenu. Si ses revenus évoluent au rythme de l’inflation, ils atteindraient 40 440 euros en 2025. Si le barème reste gelé, sa nouvelle imposition grimperait à 4 084 euros, soit 119 euros de plus, sans réelle augmentation de pouvoir d’achat.
Plus troublant encore : si ses revenus stagnent, il sera également pénalisé. Sans gel, son impôt aurait dû baisser à 3 890 euros environ. Le manque à gagner atteint donc près de 200 euros dans ce cas.
De nouveaux foyers imposables ?
Au-delà des hausses pour les contribuables déjà imposés, des foyers jusque-là exonérés pourraient basculer dans l’imposition. En ne revalorisant pas les seuils, l’État étend discrètement l’assiette de l’impôt. Cette logique s’applique également à la CSG, dont les seuils pourraient eux aussi être figés, affectant particulièrement les retraités.
Un débat encore ouvert à l’Assemblée nationale
À ce stade, le gel du barème n’est pas encore voté. Le Parlement entamera bientôt l’examen détaillé du PLF 2026, et les pressions politiques s’intensifient déjà. Plusieurs députés, y compris dans la majorité présidentielle, alertent sur le caractère socialement risqué de la mesure. Certains plaident pour le maintien de l’indexation, notamment pour préserver les classes moyennes et les retraités modestes.
L’issue du vote, prévue courant novembre, déterminera si cette disposition sera conservée ou rejetée. Le gouvernement pourrait aussi faire machine arrière en cas de mobilisation forte des associations de contribuables ou de grogne dans sa propre majorité.
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Une stratégie fiscale qui alimente les tensions
Alors que les mesures fiscales se multiplient dans le budget 2026 (taxation exceptionnelle des hauts patrimoines, suppression de certaines niches, alourdissement de la flat tax), le gel du barème de l’IR cristallise un mécontentement croissant. Il confirme une stratégie budgétaire qui cherche moins à redistribuer qu’à contenir le déficit public, au risque d’aggraver les inégalités.
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