Impôts : cette nouvelle taxe redoutée que Marine Tondelier veut faire payer aux propriétaires
L’ISF climatique défendu par les écologistes pourrait davantage taxer les gros patrimoines et pénaliser les logements classés E, F ou G.
Par Victor KOSTIK
Temps de lecture : 4 minutes

En bref
L’ISF climatique reste une proposition politique et aucune nouvelle taxe de ce type n’est actuellement appliquée aux propriétaires.
Le texte déposé à l’Assemblée nationale prévoit un seuil d’entrée à 1,3 million d’euros de patrimoine et un bonus-malus lié notamment au DPE des logements.
Les biens classés E, F ou G verraient le taux applicable multiplié par 1,5, tandis que les logements A ou B bénéficieraient d’un coefficient de 0,5.
La résidence principale bénéficierait d’un abattement forfaitaire de 500 000 euros à la place du mécanisme actuel de 30 % prévu pour l’IFI.
L’idée d’un ISF climatique revient régulièrement dans le débat fiscal français. Défendue par les écologistes et toujours évoquée lors des discussions budgétaires récentes, elle pourrait profondément modifier la taxation des patrimoines élevés si elle venait un jour à être adoptée. Pour les propriétaires, le sujet mérite donc d’être suivi. Pas parce qu’une nouvelle taxe serait imminente, mais parce que le mécanisme proposé touche directement la valeur des logements et leur performance énergétique.
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L’ISF climatique vise bien plus large que l’actuel IFI
Le texte de référence remonte au 18 octobre 2022, date à laquelle la députée écologiste Eva Sas et plusieurs parlementaires ont déposé à l’Assemblée nationale une proposition instaurant un impôt de solidarité sur la fortune climatique. Son ambition dépasse largement l’actuel impôt sur la fortune immobilière, puisqu’il réintégrerait notamment certains actifs financiers et professionnels dans l’assiette taxable. Le seuil d’assujettissement resterait fixé à 1,3 million d’euros de patrimoine net.
La différence la plus sensible pour l’immobilier se situe dans le barème. Le texte prévoit des taux de 0,5 % entre 800 000 et 1,3 million d’euros, puis 1 % jusqu’à 8 millions, 2 % entre 8 millions et 1 milliard et 3 % au-delà. À ces taux viendrait s’ajouter un coefficient lié au DPE. Les logements A et B bénéficieraient d’un coefficient de 0,5, les classes C et D resteraient neutres, tandis que les logements E, F et G verraient le taux applicable multiplié par 1,5.
Cette nuance compte énormément. Il ne s’agit donc pas d’une surtaxe annuelle égale à 1,5 % ou 3 % de la valeur du logement, contrairement à certaines interprétations circulant autour du projet. La facture pourrait rester élevée pour certains patrimoines, mais les simulations doivent impérativement partir du barème réel proposé.
Les résidences principales et les passoires thermiques seraient davantage exposées
Le traitement de la résidence principale constitue l’autre changement spectaculaire. L’IFI actuellement en vigueur permet de retrancher 30 % de la valeur vénale de la résidence principale, rappelle la Direction générale des Finances publiques dans sa fiche mise à jour le 8 avril 2026. L’assujettissement à l’IFI intervient lorsque le patrimoine immobilier net taxable dépasse 1,3 million d’euros.
La proposition d’ISF climatique remplacerait cet abattement proportionnel par un abattement fixe de 500 000 euros. Pour une résidence principale valant 900 000 euros, seuls 400 000 euros resteraient ainsi retenus avant prise en compte des autres règles du dispositif. À l’inverse, sur une résidence à plusieurs millions d’euros, le mécanisme deviendrait moins généreux que l’abattement actuel de 30 %.
Le DPE deviendrait également un paramètre fiscal direct. C’est probablement la partie la plus originale du projet, et aussi celle qui pourrait modifier les arbitrages des propriétaires fortunés. Conserver un logement mal classé ne serait plus uniquement une question de coût énergétique, de travaux ou de valeur à la revente. Sa performance énergétique pourrait peser sur le taux de taxation du patrimoine.
Le projet reste pourtant loin d’une entrée en vigueur. Les écologistes continuent de défendre l’idée d’un ISF avec composante climatique, y compris dans les débats relatifs aux finances publiques, mais aucune disposition identique au texte de 2022 n’est aujourd’hui applicable aux contribuables.
Selon notre expert : Entre incertitudes financières, taux toujours élevés et marchés nerveux, le cours de l’or pourrait encore réserver de sérieux écarts aux investisseurs.
Rénovation, diversification et patrimoine deviennent un même calcul
Pour les foyers possédant plusieurs biens immobiliers, la logique patrimoniale pourrait donc évoluer si une réforme comparable était adoptée. Rénover une maison classée F ou G pourrait améliorer sa valeur locative et sa liquidité tout en réduisant, dans le schéma proposé, son coefficient fiscal. À l’inverse, conserver plusieurs actifs immobiliers énergivores concentrerait davantage le patrimoine sur une classe d’actifs déjà soumise à l’IFI, aux droits de mutation, à la taxe foncière et aux coûts de rénovation.
Le financement constitue le cœur politique de cette proposition. Dans son Panorama des financements climat publié le 10 juillet 2025, I4CE évaluait les investissements climat en France à 102 milliards d’euros en 2024, en recul de 5 % sur un an, et estimait qu’ils pourraient atteindre environ 103 milliards en 2025. La rénovation énergétique des logements figure parmi les principaux postes étudiés.
Cette situation renforce aussi l’intérêt d’une diversification patrimoniale. Une partie des épargnants cherche ainsi à réduire sa dépendance à l’immobilier, aux marchés financiers et au système bancaire en détenant directement des lingots d’or, lingots d’argent ou pièces d’or. Selon BDOR, le cours de l’or restait proche de niveaux historiquement élevés le 10 août 2026, après un record de référence affiché à 150 192 euros sur son historique 2026.
Une stratégie de débancarisation partielle de l’épargne ne dispense naturellement d’aucune obligation fiscale et ne transforme pas l’or physique en placement sans risque. Elle permet surtout de répartir le patrimoine entre plusieurs formes de détention. Face à une fiscalité immobilière susceptible d’être régulièrement remise en débat, cette souplesse patrimoniale prend une dimension très concrète.
Sources : BDOR
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