Aux États-Unis, l'inflation ralentit à 3,5% en juin sur un, les prix des carburants changent la donne
L'inflation américaine ralentit à 3,5% en juin grâce à l'essence, mais la remontée du pétrole menace ce répit statistique.

En bref
L'inflation américaine ralentit à 3,5% sur un an en juin, contre 4,2% en mai
L'inflation sous-jacente recule aussi, à 2,6% contre 2,9% le mois précédent
Ce repli s'explique presque uniquement par la baisse de 9,7% du prix de l'essence
Les tensions reprennent dans le Golfe et les cours du pétrole remontent déjà
La Fed reste prudente, le rythme annuel dépassant toujours son objectif de 2%
Donald Trump avait promis une inflation retombant «comme une pierre» après le conflit
Une inflation à 3,5% qui bat les pronostics
L'indice des prix à la consommation américain a ralenti à 3,5% sur un an en juin, contre 4,2% en mai, mois durant lequel il avait atteint son plus haut niveau depuis trois ans. L'inflation sous-jacente, calculée hors alimentation et énergie, recule elle aussi, passant de 2,9% à 2,6%. Les chiffres publiés ce mardi 14 juillet dépassent nettement les attentes des investisseurs, qui tablaient sur un repli plus mesuré. Sur les marchés, la surprise s'est traduite par un léger soulagement, sans euphorie excessive.
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L'essence, unique moteur de ce répit
Le recul s'explique presque exclusivement par la chute du prix de l'essence, en baisse de 9,7% sur un seul mois. Cette détente à la pompe avait suivi un apaisement diplomatique entre Washington et Téhéran. Or les hostilités ont repris dans le Golfe depuis, et les cours mondiaux du pétrole reprennent déjà des couleurs. La probabilité d'une remontée des prix à la pompe dans les semaines à venir paraît sérieuse, ce qui relativise la portée de ce chiffre flatteur. Un mois ne fait pas une tendance, surtout quand son moteur principal risque de s'inverser aussi vite qu'il s'est enclenché.
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La Réserve fédérale garde ses distances
Malgré ce ralentissement, le rythme annuel demeure supérieur à l'objectif de 2% fixé par la Fed. La banque centrale, qui scrute chaque publication avant de trancher sur ses taux directeurs, ne devrait pas modifier sa trajectoire sur la seule base d'un mois de données influencées par un facteur aussi ponctuel que l'énergie. Les marchés obligataires ont d'ailleurs réagi avec retenue, sans revoir en profondeur leurs anticipations de baisse des taux pour l'automne.
Un enjeu électoral pour Donald Trump
La guerre au Moyen-Orient, impopulaire auprès de l'opinion américaine, place l'exécutif sous surveillance à quelques mois d'échéances nationales. Donald Trump avait fait du pouvoir d'achat un argument central de sa campagne victorieuse de 2024. Le mois précédent, alors que l'inflation aux États-Unis culminait à son plus haut niveau depuis trois ans, le président n'avait montré aucune inquiétude publique. «Les chiffres étaient supers (...) j'aime l'inflation», avait-il déclaré, promettant qu'elle allait «retomber comme une pierre» une fois le conflit achevé. Les données de juin semblent lui donner raison, provisoirement du moins.
Diversifier son épargne face aux soubresauts géopolitiques
Entre reprise des tensions au Proche-Orient, pétrole volatil et statistiques américaines à double lecture, la tentation de sécuriser une partie de son épargne hors du système bancaire traditionnel gagne du terrain. Les métaux précieux, à commencer par les lingots d'or et d'argent ou les pièces d'or, restent perçus comme des valeurs refuges tangibles, détenues physiquement et sans dépendance directe à un établissement financier. Cette logique de débancarisation séduit un public de plus en plus large, soucieux de diversifier son patrimoine loin des seuls indicateurs macroéconomiques américains.
Un répit qui reste à confirmer
Les prochaines semaines diront si ce ralentissement de l'inflation constitue un véritable tournant ou un simple accident de calendrier lié aux prix de l'énergie. Avec un baril remonté et un conflit qui repart, la marge de manœuvre de la Fed comme celle de Donald Trump risque de se réduire aussi vite qu'elle s'est ouverte.
Sources : BDOR - Bureau of Labor Statistics - Réserve fédérale américaine (Fed)
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