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« Au moins 1 000 euros par an » versés par l’État : cette décision de l’Italie fait parler

L'Italie envisage un livret retraite de 1.000 euros à la naissance de chaque enfant, piste étudiée pour le budget 2027.

Temps de lecture : 3 minutes

« Au moins 1 000 euros par an » versés par l’État : cette décision de l’Italie fait parler

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En bref

  • L'INPS italien propose un livret de prévoyance doté d'au moins 1.000 euros à la naissance de chaque enfant

  • Le dispositif pourrait figurer dans le budget 2027, mais aucune décision n'a encore été prise

  • Deux scénarios sont à l'étude : un versement unique de 1.000 euros ou 50 euros par mois pendant trois ans

  • Le coût est estimé à environ 355 millions d'euros par an pour près de 355.000 naissances

  • Le gouvernement lie cette mesure au recul démographique et au risque de pensions insuffisantes pour les générations futures

Un pactole de naissance pour anticiper les pensions de demain

L'Italie s'attaque à un chantier vertigineux : garantir une retraite décente à des générations dont les carrières s'annoncent hachées, discontinues, parfois précaires. L'INPS, l'Institut national de la prévoyance sociale, planche sur un «livret de prévoyance» qui accompagnerait chaque enfant dès son premier souffle. Son président, Gabriele Fava, a dévoilé les contours de cette proposition lors d'un événement consacré au budget 2027, selon Il Sole 24 Ore. L'idée centrale repose sur un abondement public d'au moins 1.000 euros par nouveau-né, loin d'une prime symbolique versée une seule fois.

Le compte serait alimenté au fil des années par les parents, les grands-parents, puis par le titulaire lui-même une fois entré dans la vie active. La logique mise sur le temps long : un capital placé dès les premières années profiterait des effets de la capitalisation pendant des décennies, avant de compléter les droits acquis dans le régime public au moment du départ à la retraite. Rien n'est acté. Le dispositif reste une piste étudiée en vue de la loi de finances 2027, non une mesure votée par le Parlement.

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Deux scénarios budgétaires sur la table

Deux formules circulent. La première prévoit un versement initial unique de 1.000 euros par enfant, auquel s'ajouteraient les dépôts volontaires de la famille élargie. Devenu salarié ou indépendant, le bénéficiaire pourrait ensuite continuer à nourrir son propre livret. La seconde hypothèse fractionne l'effort public : 50 euros versés chaque mois durant les trois premières années de vie, soit 1.800 euros cumulés par enfant sur cette période. Les deux approches visent le même objectif, sécuriser un socle d'épargne le plus tôt possible, sans partager ni le même rythme ni le même coût.

Avec environ 355.000 naissances enregistrées chaque année en Italie, un abondement de 1.000 euros par enfant représenterait une dépense initiale proche de 355 millions d'euros par génération concernée, un montant qui pèsera dans les arbitrages du budget 2027. Rome devra trancher entre soutien à la natalité, financement de la protection sociale et maîtrise d'une dette publique déjà scrutée par les marchés. Les questions de financement durable, de calendrier des versements et de rendement espéré sur plusieurs décennies restent, pour l'heure, sans réponse ferme.

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Le vieillissement démographique en toile de fond

Le calendrier n'a rien d'un hasard. Le ministre de l'Économie, Giancarlo Giorgetti, a résumé l'urgence en une formule frappante : «Le désert démographique frappe à notre porte, il faut investir sur ce sujet.» L'Italie enregistre depuis des années un recul persistant des naissances, tandis que sa population vieillit à un rythme qui fragilise l'équilibre des régimes de retraite par répartition. Le livret de prévoyance tente de répondre, d'un même geste, au défi démographique et à l'inquiétude grandissante des jeunes générations quant à leur avenir financier.

On peut y voir une manière habile de transformer une politique nataliste en politique de prévoyance, avant que la question des pensions ne devienne explosive. Reste que la promesse d'un capital constitué dès le berceau ne remplace pas une réforme structurelle des retraites. Elle s'ajoute plutôt, comme un filet de sécurité supplémentaire, à un système déjà mis à l'épreuve par l'allongement de l'espérance de vie et la baisse du nombre d'actifs cotisants. L'exécutif italien mise sur l'effet cumulé de la capitalisation pour limiter le risque de pensions insuffisantes.

Sécuriser son épargne, une préoccupation qui dépasse les frontières

Face à ces incertitudes sur l'avenir des systèmes de retraite, publics comme privés, un nombre croissant d'épargnants cherche à diversifier leurs actifs en dehors des seuls circuits bancaires classiques. Les métaux précieux occupent depuis longtemps une place particulière dans cette stratégie de long terme. Les lingots d'or, les lingots d'argent ou encore les pièces d'or permettent de constituer une épargne tangible, transmissible et relativement protégée des soubresauts monétaires, dans une logique de débancarisation partielle du patrimoine.

Cette recherche de valeurs refuges n'est pas propre à l'Italie. Partout en Europe, les épargnants s'interrogent sur la capacité des États à honorer leurs engagements de long terme, avec une dette publique élevée et des taux directeurs encore restrictifs. Un livret retraite pour nouveau-nés, aussi novateur soit-il, reste soumis aux arbitrages politiques des années à venir. La diversification d'une partie de l'épargne vers des actifs physiques constitue, pour beaucoup de familles, un complément rassurant à ces dispositifs publics, dont le sort dépendra largement des votes parlementaires.

Sources : BDOR - Il Sole 24 Ore - Le Figaro - INPS

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