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Kazakhstan : 7 tonnes d'or en août, le rythme d'achat s'intensifie

Le Kazakhstan porte son or à 79 % de ses réserves. BDOR décrypte ce que ce choix de banque centrale change pour l'épargnant en or physique.

Temps de lecture : 3 minutes

Kazakhstan : 7 tonnes d'or en août, le rythme d'achat s'intensifie

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En bref

  • La Banque nationale du Kazakhstan a acheté 7 tonnes d'or en août, portant ses achats cumulés depuis janvier à près de 36 tonnes

  • Les réserves d'or représentent désormais 79 % des réserves totales du pays, soit environ 377 tonnes

  • L'once d'or cote 3738,2 euros ce vendredi 9 octobre 2026, en hausse de 1,38 % sur 24 heures

  • Nos relevés montrent un or en hausse de 1,5 % depuis la clôture de jeudi, avec une amplitude de séance de 1,4 %

  • Cette concentration extrême interroge sur la diversification réelle des réserves d'un État producteur d'or

Le kazakhstan pousse ses réserves d'or à un niveau que peu de pays osent atteindre

Sept tonnes achetées en août 2026, cela ne fait pas la une à soi seul. Mais mises bout à bout avec les mois précédents, ces achats dessinent une trajectoire nette : la Banque nationale du Kazakhstan a accumulé près de 36 tonnes d'or depuis le début de l'année. Le résultat dépasse largement l'anecdote statistique. L'or représente désormais 79 % des réserves totales du pays, soit environ 377 tonnes logées dans les coffres de la banque centrale kazakhe.

Un chiffre pareil mérite qu'on s'y arrête. La plupart des banques centrales occidentales diversifient entre devises, obligations souveraines et or, rarement au-delà de 20 ou 30 % du total en métal. Atteindre 79 % signifie qu'Astana a quasiment abandonné l'idée de diversification au sens classique. C'est un pari assumé sur l'or comme réserve de valeur dominante, pas comme simple coussin de sécurité.

A lire aussi : L'once d'or franchit un nouveau seuil ce vendredi matin, et personne ne semble vraiment savoir jusqu'où ira cette flambée

Pourquoi un producteur d'or choisit de garder ce qu'il extrait

Le Kazakhstan figure parmi les grands producteurs mondiaux d'or. Conserver une large part de sa production plutôt que de la vendre sur les marchés internationaux change la logique habituelle d'un État minier. Historiquement, un pays producteur exporte son métal pour financer son budget en devises. Ici, la banque centrale semble privilégier l'accumulation domestique, un choix qui réduit mécaniquement l'offre disponible ailleurs dans le circuit mondial.

On peut y lire une défiance croissante envers les actifs libellés en devises étrangères, un schéma que plusieurs banques centrales d'Asie centrale et d'ailleurs ont adopté ces dernières années. L'or ne rapporte pas d'intérêt, mais il ne dépend d'aucune signature souveraine tierce. Pour un État qui veut sécuriser son bilan sans dépendre d'un autre système monétaire, la logique se tient. Reste que ce niveau de concentration expose aussi à un risque inverse : si le cours de l'or venait à corriger fortement sur une période prolongée, la valeur des réserves kazakhes en pâtirait bien plus qu'un portefeuille diversifié.

L'or grimpe de 1,5 % ce vendredi, un mouvement qui s'inscrit dans la même toile de fond

Nos relevés du jour montrent une once d'or à 3738,2 euros ce vendredi 9 octobre 2026 à 10h22, en hausse de 1,38 % sur 24 heures selon les repères du marché. Sur notre propre suivi de séance, le gramme d'or est passé de 118,481 euros à l'ouverture à 120,187 euros, soit une progression de 1,4 % depuis l'ouverture et de 1,5 % depuis la clôture de jeudi. L'amplitude de la séance atteint 1,4 %, un écart significatif pour une seule journée de cotation.

Ce mouvement ne se résume évidemment pas à l'annonce kazakhe d'août. Mais il s'inscrit dans un fil continu : chaque révélation d'achat massif par une banque centrale alimente, à sa mesure, la perception d'une demande institutionnelle qui ne faiblit pas. Quand un acteur public retire durablement de l'or du marché au lieu de le vendre, il contribue, même modestement, à une tension sur l'offre disponible pour les autres acheteurs, qu'ils soient étatiques ou privés.

La limite de cette lecture et ce qui pourrait la contredire

Il serait trop facile de relier mécaniquement chaque hausse du cours à chaque annonce de banque centrale. Le marché de l'or se mesure en milliers de tonnes échangées chaque année, et 36 tonnes accumulées par un seul pays sur neuf mois restent une fraction modeste de ce volume global. Si demain d'autres grandes banques centrales ralentissaient leurs achats, ou si les taux réels remontaient fortement, la dynamique haussière pourrait s'essouffler indépendamment de ce que fait le Kazakhstan. Notre lecture du jour serait fausse si l'accumulation observée s'avérait isolée plutôt que représentative d'un mouvement plus large parmi les banques centrales émergentes.

Ce que cette concentration dit à l'épargnant détenteur d'or physique

Pour un particulier qui détient des lingots ou des pièces d'or, l'épisode kazakh n'a rien d'anecdotique dans son principe, même si son ampleur reste modeste à l'échelle mondiale. Il illustre une tendance de fond : des États entiers choisissent de sortir de l'or de la circulation marchande pour le conserver durablement. Mécaniquement, cette logique de rétention institutionnelle réduit la part disponible pour les autres acheteurs, y compris les particuliers qui privilégient la détention directe, hors circuit bancaire, pour se prémunir d'une dépendance excessive à un seul type d'actif financier. Ce n'est pas une promesse de hausse, c'est un rapport de force sur l'offre qui se construit, achat après achat, et qui mérite d'être suivi avec la même attention qu'on porte à une décision de banque centrale occidentale.

Sources : BDOR

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