«Le compte n'y est pas» : le gouvernement contraint de trouver 40 milliards d'euros avant 2026
40 milliards d’euros à économiser d’ici 2026 : le gouvernement prépare un plan drastique entre coupes, réformes et fiscalité ciblée.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 3 minutes

Sommaire
- Une trajectoire budgétaire serrée pour éviter le décrochage
- Une logique budgétaire « à base zéro » pour l’État
- Les collectivités locales également dans la ligne de mire
- Protection sociale : une restructuration en profondeur
- Fiscalité : des niches dans le viseur, pas de hausse générale
- Verdict attendu pour la fête nationale
En bref :
Objectif affiché : ramener le déficit public à 4,6 % du PIB d’ici 2026.
Quatre leviers d’économies : dépenses de l’État, collectivités, santé/social et niches fiscales.
14 milliards visés par la réduction des effectifs, le gel des budgets et la réforme administrative.
8 milliards attendus d’un gel des dotations aux collectivités.
18 milliards ciblés sur la protection sociale et l’ONDAM.
Entre 8 et 9 milliards anticipés par la suppression de niches fiscales.
Arbitrage final de François Bayrou prévu pour le 14 juillet.
Une trajectoire budgétaire serrée pour éviter le décrochage
À quelques semaines de présenter son plan pluriannuel de redressement des comptes publics, l’exécutif s’attaque à une équation délicate : trouver 40 milliards d’euros d’économies d’ici 2026 pour éviter un emballement du déficit. L’objectif est clair : contenir le ratio de déficit public à 4,6 % du PIB, contre les 5,5 % attendus cette année.
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François Bayrou, en charge de la coordination budgétaire, doit trancher d’ici le 14 juillet. En toile de fond, une promesse de rigueur budgétaire inédite, sous contrainte des marchés et des agences de notation.
Une logique budgétaire « à base zéro » pour l’État
L’effort commencera par les ministères eux-mêmes. Hors secteur Défense, les budgets seront gelés, ce qui, avec l’inflation, équivaut de facto à une réduction. Chaque euro devra être justifié. Cette approche dite « à base zéro » s’accompagnera de plusieurs mesures concrètes :
-
non-remplacement des départs à la retraite,
-
maintien du gel du point d’indice des fonctionnaires en 2026,
-
allongement possible du délai de carence en cas d’arrêt maladie.
Ces mesures visent 14 milliards d’euros d’économies, auxquelles s’ajouteraient les effets attendus d’une refonte des agences de l’État : jusqu’à un tiers d’entre elles pourraient être supprimées ou fusionnées.
Les collectivités locales également dans la ligne de mire
Le plan gouvernemental prévoit également une « année blanche » pour les dotations aux collectivités locales en 2026. Ce gel équivaudra là encore à une réduction nette, en volume, de leur budget. Objectif : 8 milliards d’euros d’économies.
Selon les experts : Face aux 40 milliards d’économies annoncés, les investisseurs se ruent vers les valeurs refuges comme l’or !
Un nouveau cadre contractuel est à l’étude pour plafonner les dépenses des collectivités. Le gouvernement envisage en parallèle d’encourager les mutualisations de services entre intercommunalités et de revoir certains dispositifs d’aides territoriales.
Protection sociale : une restructuration en profondeur
La plus grande part des économies attendues provient du champ social et santé, pour un total estimé à 18 milliards d’euros. Plusieurs pistes sont évoquées :
-
ralentissement de la croissance de l’ONDAM,
-
incitations à la chirurgie ambulatoire,
-
convergence tarifaire entre les secteurs public et privé.
Le gouvernement planche aussi sur une refonte des aides sociales, un ajustement des modalités de revalorisation des retraites, et une rationalisation plus poussée des prestations existantes. Ces ajustements ciblent la soutenabilité du modèle social, sans déclencher de réaction de masse.
Fiscalité : des niches dans le viseur, pas de hausse générale
Sur le plan des recettes, la ligne officielle reste la même : pas d’augmentation générale des impôts. Mais des ajustements ciblés sont en préparation. Parmi eux :
-
reconduction possible de la contribution exceptionnelle sur les très hauts revenus (2 milliards d’euros),
-
suppression de 10 % des niches fiscales, soit entre 8 et 9 milliards d’euros,
-
renforcement de la fiscalité écologique,
-
intensification de la lutte contre la fraude (objectif : 15 milliards récupérés à moyen terme).
La possibilité d’un relèvement du taux normal de TVA – la fameuse « TVA sociale » – reste un sujet sensible, évoqué dans les cercles budgétaires mais encore politiquement explosif.
Verdict attendu pour la fête nationale
François Bayrou a jusqu’au 14 juillet pour finaliser ses arbitrages. La feuille de route sera alors rendue publique, dans un contexte où chaque euro devient un symbole de souveraineté budgétaire retrouvée. L’exécutif joue sur un équilibre délicat : rassurer Bruxelles, calmer les marchés, éviter une rupture sociale. Le compte à rebours est lancé.
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