Le cours de l’or défend 4 100 dollars face à la Fed et au retour du risque Iran–États-Unis
L’or reste proche de 4 100 dollars, tiraillé entre le dollar, le risque d’une hausse des taux de la Fed et l’escalade militaire avec l’Iran.
Par Enzo BECHER
Temps de lecture : 4 minutes

En bref
L’or évolue autour de 4 100 dollars après avoir effacé une partie de son rebond.
La hausse du dollar et le retour des anticipations de resserrement monétaire américain limitent les achats.
Les frappes entre les États-Unis et l’Iran soutiennent la demande défensive, tout en alimentant les craintes inflationnistes.
La tendance technique reste fragile tant que le cours demeure enfermé dans son canal baissier.
L’or peine à transformer son rebond
Le cours de l’or a retrouvé des vendeurs vendredi, après une séance de reprise qui n’aura pas suffi à modifier la perception du marché. L’once se maintient près de 4 100 dollars, mais le mouvement manque de conviction. Elle reculait d’environ 0,1 %, à 4 115,79 dollars, et se dirigeait vers une baisse hebdomadaire proche de 1,4 %.
Cette hésitation n’a rien d’anormal. Deux forces opposées travaillent les prix. Les affrontements entre Washington et Téhéran incitent certains investisseurs à rechercher des actifs défensifs. Face à eux, le dollar se redresse et les marchés recommencent à envisager une hausse des taux américains avant la fin de 2026.
Or, l’or ne verse aucun rendement. Des taux plus élevés rendent les obligations et les placements monétaires plus compétitifs. Le soutien géopolitique existe, mais il ne suffit plus à déclencher mécaniquement une envolée. C’est probablement le point le plus intéressant de la séance : la peur demeure, sans provoquer de ruée.
A lire aussi : Le cours de l’or joue sa survie autour de 4 100 dollars pendant que la Fed prépare peut-être le choc que les épargnants redoutent.
La Fed entretient une lecture inconfortable
Les minutes de la réunion des 16 et 17 juin montrent une Réserve fédérale divisée sur la trajectoire des taux. Plusieurs responsables estimaient que le niveau approprié des fonds fédéraux pourrait se situer, en fin d’année, à proximité ou légèrement en dessous de la fourchette actuelle. D’autres jugeaient qu’un nouveau durcissement pourrait devenir nécessaire si les risques inflationnistes persistaient.
Le message est moins agressif qu’une promesse explicite de hausse. Il reste assez ferme pour empêcher les opérateurs de miser sereinement sur un assouplissement. Selon les anticipations rapportées vendredi, la probabilité d’un relèvement dès septembre avait atteint 63 %, contre 54 % une semaine auparavant.
Cette remontée des attentes s’explique aussi par le pétrole. Une perturbation durable des approvisionnements du Golfe ferait progresser les coûts de l’énergie, puis ceux du transport et de la production. La Fed pourrait alors devoir combattre une inflation importée au moment même où l’activité réclamerait davantage de prudence. Ce mélange est franchement mauvais pour la visibilité.
Le conflit avec l’Iran soutient aussi le dollar
Le commandement militaire américain a indiqué avoir frappé près de 90 cibles en Iran, dont des sites de missiles, des systèmes de défense et des infrastructures logistiques. Téhéran a répliqué contre des installations américaines situées notamment au Koweït et à Bahreïn.
Le marché ne sait plus très bien quelle lecture privilégier. Une aggravation militaire favorise traditionnellement l’or. Mais elle soutient aussi le pétrole, nourrit l’inflation et renforce le scénario de taux élevés. Le dollar récupère alors une partie des capitaux défensifs. C’est paradoxal, presque désordonné, mais parfaitement cohérent avec la réaction observée.
Les déclarations évoquant une possible reprise des discussions entre les États-Unis et l’Iran ont réduit temporairement la nervosité. Elles ne constituent pas encore une détente solide. Les frappes ont repris et les efforts diplomatiques paraissent fragiles.
Selon notre expert : La guerre, le pétrole et les taux américains forment un cocktail explosif qui pourrait bouleverser le prix de l’or plus vite que prévu.
Le seuil des 4 100 dollars reste précaire
Sur le plan graphique, la structure demeure baissière. Le cours de l’or évolue dans un canal descendant et sous sa moyenne mobile à 200 jours. La zone de 4 156 dollars forme une première résistance. Une rupture nette améliorerait le scénario de reprise, sans suffire à rétablir immédiatement une tendance haussière durable.
Le MACD laisse entrevoir un rebond technique, tandis qu’un RSI proche de 45 traduit une demande encore limitée. Sous 4 100 dollars, le creux hebdomadaire situé autour de 4 020 dollars redeviendrait rapidement accessible. Le marché n’a donc pas retrouvé un plancher incontestable. Il cherche seulement un équilibre entre inflation, taux et guerre.
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