Le cours de l'or proche de 4 200 dollars : l’emploi américain affaiblit la Fed et réveille les acheteurs
L’or reste proche de 4 200 dollars, porté par un dollar faible et des paris de hausse des taux de la Fed en recul.
Par Victor KOSTIK
Temps de lecture : 4 minutes

En bref
L’or évolue près d’un plus haut de presque deux semaines, sans parvenir encore à franchir clairement 4 200 dollars.
Le rapport sur l’emploi américain de juin a refroidi les anticipations de nouvelles hausses de taux de la Fed.
Le dollar reste affaibli, ce qui soutient les achats sur l’or.
Les tensions autour de l’Iran et du détroit d’Ormuz limitent malgré tout l’élan haussier.
Le marché attend un vrai dépassement de 4 200 dollars pour valider une nouvelle phase d’accélération.
L’or remonte, mais le marché veut une preuve
Le cours de l’or retrouve de la vigueur. Pas une euphorie propre, nette, verticale. Plutôt une reprise prudente, presque méfiante, qui ramène le XAU/USD près d’un sommet de près de deux semaines, juste sous la zone des 4 200 dollars. Ce niveau compte. Il attire les regards, les ordres, les hésitations.
Après quatre semaines difficiles, l’or semble en mesure de terminer la semaine dans le vert. C’est déjà une rupture psychologique. Le mouvement part d’un creux récent, le plus bas observé depuis novembre 2025, puis s’appuie sur un cocktail très lisible : dollar moins ferme, taux américains moins menaçants, emploi américain moins solide que prévu.
Le Bureau of Labor Statistics a publié jeudi un rapport de juin peu flamboyant : seulement 57 000 créations d’emplois non agricoles, avec un taux de chômage à 4,2 %. Le même rapport indique aussi une baisse du taux de participation à 61,5 %, détail moins rassurant qu’il n’y paraît pour la santé réelle du marché du travail américain.
A lire aussi : Le cours de l’or revient tout près d’un seuil explosif pendant que le dollar perd son calme face aux doutes sur la Fed.
La Fed perd une partie de son argumentaire
Le marché n’aime pas les certitudes qui se fissurent. Jusqu’ici, les investisseurs s’étaient préparés à une Réserve fédérale encore ferme, capable de maintenir ses taux élevés, voire de les relever si l’inflation résistait. Le rapport sur l’emploi change la tonalité.
La Fed avait laissé son taux directeur inchangé dans une fourchette de 3,50 % à 3,75 % lors de sa réunion du 17 juin. Ses projections montraient encore des anticipations dispersées pour la trajectoire des taux en 2026, signe d’un comité peu aligné sur la suite.
Avec des créations d’emplois aussi faibles, les traders ont réduit leurs paris sur de nouvelles hausses. C’est mécanique : un taux moins menaçant rend l’or plus attractif, car l’actif ne verse pas de rendement. Quand les obligations rapportent moins ou que leur attrait diminue, l’or respire. Et quand le dollar américain recule, l’achat d’or devient aussi moins coûteux pour les investisseurs hors zone dollar.
Il ne faut pourtant pas lire cette séquence comme une victoire totale des acheteurs. Le marché de l’or avance, oui. Mais il avance avec un RSI proche de la zone de surachat sur certaines unités de temps. La dynamique est constructive, pas gratuite.
L’Iran et le détroit d’Ormuz gardent le dollar en vie
Le paradoxe est là. Les mauvaises statistiques américaines pèsent sur le dollar, mais les risques géopolitiques empêchent une chute trop nette de la devise américaine. Les discussions indirectes entre Washington et Téhéran restent fragiles, tandis que les menaces autour du détroit d’Ormuz entretiennent une prime de risque sur l’énergie et les devises refuges.
Le pétrole a légèrement progressé vendredi avant le long week-end américain, avec un Brent autour de 72 dollars et un WTI proche de 69 dollars, dans un marché encore attentif aux négociations liées à l’Iran et aux flux maritimes dans le Golfe.
Cette situation peut soutenir l’or, mais aussi freiner son ascension. C’est là que le marché devient plus subtil qu’un simple scénario “dollar faible donc or en hausse”. Si la tension monte trop, le dollar peut retrouver son statut défensif. L’or conserve alors un soutien, mais il doit partager l’attention avec la devise américaine.
Selon notre expert : Les marchés croyaient avoir retrouvé leur cap mais l’or profite déjà d’un climat financier mondial beaucoup plus nerveux.
Le seuil des 4 200 dollars devient la frontière à surveiller
Techniquement, le franchissement de la moyenne mobile simple à 100 périodes et du retracement de Fibonacci à 23,6 % améliore le profil de court terme. La première zone de résistance sérieuse se situe autour de 4 301 dollars, avant 4 411 dollars puis 4 522 dollars. Plus haut, les niveaux de 4 679 dollars et 4 879 dollars constituent des bornes plus ambitieuses.
À la baisse, la zone des 4 165 dollars sert de premier support, avec un appui plus profond vers 4 143 dollars. Une cassure nette sous ces niveaux affaiblirait la reprise. À l’inverse, un passage convaincant au-dessus de 4 200 dollars donnerait un message plus franc : les acheteurs reprennent la main.
Les volumes devraient rester réduits vendredi, les marchés actions américains et le Nasdaq étant fermés le 3 juillet 2026 pour l’observation de l’Independence Day.
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