Le Dollar Index recule à 101,20 avec la trêve Iran-États-Unis, mais la Fed menace déjà le rebond du dollar
Le dollar recule après la pause militaire Iran-États-Unis, mais la Fed et l’emploi américain peuvent vite changer le marché.
Par Enzo BECHER
Temps de lecture : 2 minutes

En bref
Le Dollar Index recule autour de 101,20 après l’annonce d’une pause militaire entre les États-Unis et l’Iran.
La demande de refuge diminue, mais les opérateurs restent nerveux face aux négociations attendues à Doha.
Les attentes de hausse de taux de la Fed limitent la baisse du billet vert.
Les chiffres de l’emploi américain, attendus cette semaine, peuvent modifier la trajectoire du dollar.
Le dollar lâche du terrain après l’accalmie entre Washington et Téhéran
Le dollar américain recule, et ce n’est pas anodin. L’indice DXY, qui mesure la valeur du billet vert face à six grandes devises, a prolongé sa baisse pour une troisième séance consécutive, autour de 101,20 pendant les échanges européens de lundi. Rien de spectaculaire à première vue. Mais le mouvement raconte quelque chose de plus fin : une partie du marché retire, prudemment, sa prime de peur.
La raison est géopolitique. Washington et Téhéran auraient accepté de suspendre leurs frappes réciproques avant la reprise de discussions à Doha. Pour les cambistes, cette pause réduit mécaniquement la demande de dollar en tant que devise refuge. Quand le bruit des missiles baisse, le besoin de se couvrir à tout prix s’adoucit. C’est presque brutal dans sa logique.
Il ne faut pourtant pas y voir une détente franche. Les marchés n’achètent pas encore la paix, ils achètent une respiration. Les derniers jours ont été marqués par des frappes de représailles, des accusations croisées de violation du cessez-le-feu intérimaire du 17 juin et une nervosité persistante autour du détroit d’Ormuz. Une seule déclaration mal calibrée peut suffire à inverser l’humeur.
A lire aussi : Le cours de l’or vient de perdre son calme et les épargnants qui attendent risquent de regarder le train partir sans eux.
La Fed garde le billet vert sous protection
La baisse du dollar reste contenue pour une raison simple : la Réserve fédérale n’a pas disparu du tableau. Le CME FedWatch Tool indique que les traders attribuent une forte probabilité à un resserrement monétaire d’ici décembre. Cette anticipation change tout. Un dollar moins recherché comme refuge peut rester soutenu par les rendements américains.
C’est toute la contradiction du moment. La géopolitique pousse le billet vert vers le bas, la politique monétaire le retient par le col. Les investisseurs n’ont donc pas vraiment choisi leur camp. Ils arbitrent, minute après minute, entre le risque militaire, l’inflation importée par l’énergie et la possibilité d’une Fed encore dure.
Les prochaines statistiques de l’emploi américain seront décisives. Le rapport NFP de jeudi doit donner une indication plus nette sur la solidité du marché du travail. Les prévisions évoquent 114 000 créations d’emplois en juin, avec un taux de chômage attendu stable à 4,3 %. Un chiffre supérieur aux attentes renforcerait l’idée d’une Fed patiente, voire plus offensive. Un chiffre faible ouvrirait une brèche dans le scénario du dollar robuste.
Les devises antipodéennes profitent du repli
Dans les échanges du jour, le dollar a surtout perdu du terrain face au dollar néo-zélandais, en hausse d’environ 0,29 % contre le billet vert. L’euro et la livre sterling ont également progressé, mais plus modestement. Le yen, lui, reste à part, enfermé dans ses propres contraintes de taux et de politique monétaire japonaise.
Ce détail est révélateur. Quand le risque géopolitique se calme, même un peu, les devises cycliques reprennent de l’air. Les investisseurs reviennent vers des actifs plus exposés à la croissance mondiale. Pas avec euphorie. Avec prudence. La nuance compte.
Or, argent et débancarisation : la protection ne se limite pas au dollar
Cette séquence rappelle aussi une évidence souvent oubliée : la sécurité financière ne doit pas dépendre d’une seule devise, d’une seule banque ou d’un seul scénario de taux. Les investissements alternatifs, notamment les métaux précieux, les lingots d’or et d’argent ou les pièces d’or d’investissement, gardent une place particulière dans une stratégie patrimoniale.
L’objectif n’est pas de fuir le système financier par réflexe, mais de réduire sa dépendance bancaire, de préserver une partie de son épargne hors des circuits numériques et de disposer d’actifs tangibles en cas de crise monétaire, géopolitique ou bancaire. Le dollar peut se redresser. L’or peut corriger. Les marchés peuvent se tromper. Une épargne solide accepte cette incertitude et s’organise avant que la panique ne dicte les décisions.
Selon notre expert : Entre Fed agressive, pétrole nerveux et dollar imprévisible, le cours de l’or prépare peut-être le mouvement que personne ne veut rater.
Le marché attend Doha, puis l’emploi américain
La trajectoire du DXY dépend désormais de deux rendez-vous. Le premier est diplomatique, avec les discussions prévues au Qatar. Le second est économique, avec l’emploi américain. Entre les deux, les cambistes vont avancer sur une ligne étroite.
Mon sentiment est assez net : le repli actuel du dollar ressemble moins à un changement de tendance qu’à une pause nerveuse. La trêve calme le marché, mais la Fed garde la main. Tant que l’inflation, l’énergie et l’emploi américain ne donnent pas un message clair, le billet vert restera difficile à enterrer.
Sources : BDOR
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